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Abdellatif Kechiche : le réalisateur du Maghreb qui séduit autant qu’il irrite !

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Il est le réalisateur du Maghreb, reconnu dans le monde entier. Abdellatif Kechiche (en arabe : عبد اللطيف كشيش) est né le 7 décembre 1960 à Tunis en Tunisie. Personnalité réputée torturée, il s’est fait connaitre pour ses films qui ont tous connus le succès, L’Esquive en 2004, La Graine et le Mulet en 2007, Vénus noire en 2010 et La Vie d’Adèle en 2013 qui lui a permis de remporter la Palme d’or du Festival de Cannes 2013.

Abdellatif Kechiche a débarqué à l’âge de six ans avec ses parents à Nice à six ans. Il se passionne très tôt pour le théâtre et il suit les cours d’art dramatique du Conservatoire d’Antibes. « Après le bac que j’ai raté, j’ai fait des études pour être géomètre sans être motivé. J’écrivais déjà des scénarios, j’avais surtout envie de faire du cinéma, d’une manière ou d’une autre. C’est ainsi que je me suis inscrit au conservatoire de Nice pour devenir comédien. »

Il commence à faire parler de lui au Festival d’Avignon avec sa pièce L’Architecte en 1981.

Au cinéma, il se fait d’abord remarquer comme acteur dans « Thé à la menthe » d’Abdelkrim Bahloul, où il joue un jeune immigré algérien qui vit de petits vols. En 1987, André Téchiné en fait un gigolo dans Les Innocents avec Sandrine Bonnaire et Jean-Claude Brialy. « Cela n’était pas facile. Les rôles qu’on me proposait étaient des rôles de délinquants ou à l’inverse de victimes. Pas de vrais personnages. J’avais le sentiment d’être instrumentalisé, prisonnier de schémas idéologiques. Je n’exerçais pas véritablement mon métier de comédien« , confie-t-il à Télérama.

L’envers du métier lui plait autant que le devant de la scène. Il écrit plusieurs scénarios qu’il tente de vendre sans succès. A force de persévérance, il parvient à trouver un réalisateur pour son scénari, La Faute à Voltaire, et pas n’importe lequel, Jean-François Lepetit.

En 2003, il écrit et réalise « L’Esquive ». Il n’a pratiquement aucun budget et il s’entoure  d’acteurs débutants. Le film a du mal à trouver son public en salles mais il est encensé par la critique en 2004 par la critique. À la surprise générale, il triomphe à la 30e cérémonie des César devant Les Choristes de Christophe Barratier et Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet ! Esquive obtient les Cesar du « Meilleur film », du « Meilleur réalisateur », du « Meilleur scénario » et du « Meilleur espoir féminin » pour Sara Forestier. Il se souvient : « J’étais sur un petit nuage et tendu en même temps. C’est un trait de mon caractère, j’ai du mal à profiter, j’ai tendance à voir le verre à moitié vide. J’étais surtout heureux de voir ma famille heureuse, parce que pour elle les Césars représentent quelque chose d’inaccessible. Mais j’avais aussi le sentiment que ces récompenses arrivaient un peu tard. Mon père était mort peu avant, pendant le montage de L’Esquive. D’un côté, j’étais très touché par cette reconnaissance. De l’autre, je savais que ce palmarès avait créé pas mal de remous : non seulement on donnait ces prix à « un Arabe du ghetto », mais en plus à un film qui n’avait pas cartonné…

Abdellatif Kechiche sort en 2006 La Graine et le Mulet qui évoque le parcours d’un ouvrier d’origine maghrébine désirant se reconvertir dans le métier de restaurateur dans le port de Sète. Le film est récompensé à  Venise – Grand prix du jury !-. La comédienne Hafsia Herzi décroche de son côté le prix de la meilleure jeune actrice.

Aux César 2008 se demande s’il ne rêve pas !  Abdellatif Kechiche rafle tous les prix privant La Môme d’Olivier Dahan, Un secret de Claude Miller et Le Scaphandre et le papillon de Julian Schnabel du Cesar du « Meilleur film », du « Meilleur réalisateur », du « Meilleur scénario » !

En 2010, il se hasarde avec Vénus noire dans un autre genre : un film à costume et d’époque.

En juin 2013, un peu à la surprise générale, c’est à Cannes qu’il fait son nouveau show en décrochant la Palma d’or pour son adaptation de La Vie d’Adèle avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos.

Un film qui aurait été tourné dans des conditions difficiles : on parle de comportements « proches du harcèlement moral ».

Abdellatif Kechiche est très impliqué sur la vie du Magrheb et le printemps arabe. Au site des Inrockuptibles il confie le 12 février 2011 : « Qu’elle est belle cette révolution. Comme beaucoup de gens, elle me grise. Parfois, j’ai le sentiment qu’elle vient de moi, qu’elle est l’expression de ma révolte face à l’injustice, qu’elle sort de mes propres tripes. C’est d’ailleurs plus une révolte des tripes que du jasmin, des roses ou de je ne sais quoi. C’est un véritable cri. Des hommes luttent, sacrifiant leur vie pour la dignité. […] C’est une belle leçon à la planète entière. En même temps qu’une véritable claque aux intellectuels, politiques, et artistes, dont je suis, qui n’ont rien su ou pu faire pour changer les choses. Je souhaite de tout mon être une longue vie à cette révolte populaire, qu’elle continue à faire des petits à travers le monde arabe, bien sûr, mais pas seulement. Je rêve de la voir se propager à toutes les dictatures, mais aussi à toutes les démocraties corrompues, partout où sévissent l’injustice sociale, le mépris et l’humiliation des hommes. Je rêve d’un soulèvement de nos banlieues. »

Et ce n’est pas un hasard s’il a dédié sa palme d’or aussi à la jeunesse de France et tunisienne :
« Je voudrais dédier ce prix et ce film à cette belle jeunesse de France qui m’a beaucoup appris sur l’esprit de liberté, de tolérance et du vivre ensemble, et je voudrais les dédier également à une autre jeunesse, celle de la révolution tunisienne, pour leur aspiration à vivre librement, s’exprimer librement, et s’aimer librement. »

Réalisateur
2000 : La Faute à Voltaire
2004 : L’Esquive
2007 : La Graine et le Mulet
2010 : Vénus noire
2013 : La Vie d’Adèle

Acteur
1984 : Le Thé à la menthe de Abdelkrim Bahloul
1987 : Mutisme de Philippe Ayache
1987 : Les Innocents de André Téchiné
1991 : Bezness de Nouri Bouzid
1991 : Un vampire au paradis de Abdelkrim Bahloul
1996 : Marteau rouge de Béatrice Plumet
1997 : Le Secret de Polichinelle de Franck Landron
2002 : La Boîte magique de Ridha Behi
2007 : Sorry, Haters, de Jeff Stanzler

Théâtre
1979 : Un balcon sur les Andes d’Eduardo Manet, mise en scène Jean-Louis Thamin, Théâtre de Nice
1980 : Un balcon sur les Andes d’Eduardo Manet, mise en scène Jean-Louis Thamin, Théâtre national de l’Odéon
1981 : L’Architecte (m.e.s) présenté au Festival d’Avignon
1982 : L’Échange de Paul Claudel, mise en scène Jean-Louis Thamin, Nouveau Théâtre de Nice, Théâtre national de Strasbourg
1984 : Fleurets mouchetés de Jean-Paul Aron, mise en scène Jean-Louis Thamin, Festival des jeux du théâtre de Sarlat
1985 : Fleurets mouchetés de Jean-Paul Aron, mise en scène Jean-Louis Thamin, La Criée, Nouveau Théâtre de Nice
1987 : Monte Cristo d’après Alexandre Dumas, mise en scène Jacques Weber, Théâtre de Nice, Grande Halle de la Villette
1988 : Monte Cristo d’après Alexandre Dumas, mise en scène Jacques Weber, Théâtre de Nice

Nominations : 
Césars 2005 : Meilleur film, Meilleur réalisateur et Meilleur scénario – L’Esquive
Césars 2008 : Meilleur film, Meilleur réalisateur et Meilleur scénario original – La Graine et le Mulet
Festival de Cannes
2013 : Palme d’or et Prix FIPRESCI de la Critique internationale – La Vie d’Adèle
Mostra de Venise
2000 : Lion d’or de la meilleure première œuvre – La Faute à Voltaire
2007 : Grand Prix du Jury – La Graine et le Mulet

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