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François Locoh Donou : la grosse tête du Togo…

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François Locoh Donou est senior vice-président global products group chez Ciena, un parcours sans faute pour ce togolais de 42 ans. Ciena est  l’un des géants des solutions optiques de paquets.

Il aime à rappeler qu’il a commencé à Lomé avec un petit élevage de poules… »Quand j’avais 8 ans, mon grand-père nous avait offert chacun la nôtre à mon frère, ma sœur et moi. J’ai racheté les leurs et j’ai commencé un élevage de poules. « 

Il est né en 1971 sur les bords du lac Togo, près de la frontière avec le Bénin. Son père est le premier architecte togolais diplômé DPLG. En 1985, sa mère, qui est française, quitte le Togo avec sa petite famille. François accepte de la suivre en Europe à condition de pouvoir continuer son élevage de poules en France et de jouer au Paris Saint-Germain. En guise de poules, il hérite de deux mandarins dans une cage dans un appartement à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine). Pour le Paris Saint-Germain, il s’est vu entendre dans le club du quartier : “Quand tu seras meilleur, tu iras au PSG”.

Mais la passion des poules ne l’a jamais quitté… Dès qu’il a pu, il a fondé en Afrique, La Ferme de l’Espoir, une ferme de poulets.

François Locoh Donou est diplômé d’une école d’ingénieurs, à l’époque l’École nationale supérieure de physique de Marseille. Il a ensuite passé un master en télécoms optiques à l’ENST. Puis un BA de Stanford (Californie)

Il raconte à Jeune Afrique : « J’étais relativement bon en mathématiques et en physique. Et lorsqu’il a fallu choisir l’école d’ingénieur en fonction du classement aux concours, je dois bien avouer qu’en tant que fan de football, j’ai plus regardé le lieu que la spécialisation ! J’ai choisi Marseille parce que je savais que je pouvais jouer au foot toute l’année. J’y ai fait de la physique générale, j’ai un peu touché à tout : semi-conducteurs, fibre optique, électronique, informatique, etc. Et les fibres optiques m’ont bien plu. J’aimais la propagation de la lumière dans la fibre, je trouvais cela fascinant. À l’époque, c’était un peu les prémices. »

Il démarre sa carrière chez Photonetics, une société spécialisée dans le domaine des capteurs à fibre optique qui l’envoie à Boston. Il est sous le charme des Etats-Unis et il décide d’y rester. Il signe en 1997, chez Ciena, basé à Washington.

« C’est un pays qui m’intriguait. J’ai vu le bon côté de l’Amérique, avec des gens très positifs, très ouverts. Par rapport au style de management que j’avais connu, je trouvais qu’il y avait une façon de faire très différente. Chez les Américains, ils avaient tendance à renforcer le positif et à l’encenser. Et pour moi, c’est une façon de faire sortir ce qu’il y a de mieux chez les gens, de les motiver. Le challenge m’allait donc bien. Le deuxième aspect était la prise de risque. J’ai vite compris qu’au début de ma carrière, une société américaine serait plus à même de prendre des risques sur moi. « 

Son ascension est fulgurante : « Ciena qui m’a proposé justement de devenir technico-commercial et de travailler sur des contrats bien plus gros que 6 millions de dollars. Six mois après, je leur faisais gagner un deal de 80 millions.

Retour en Europe, toujours pour Ciena où il prend notamment la responsabilité de l’Allemagne.

Il se souvient : « Je suis devenu country manager, alors que je n’avais quasiment jamais mis les pieds en Allemagne, que je ne parlais pas l’allemand, et que je n’avais clairement pas le profil du businessman allemand accompli. »

Mais en 1999, l’explosion des start-up le fascine. Il ne veut pas rater sa chance, et il décide de retourner aux Etats-Unis. « Je souhai­tais faire un MBA avec l’objectif d’aller en créer une. C’est pour cela que je suis allé à Stanford, dans la Silicon Valley. Je suis parti en septembre 2000 de Ciena, ce qui était une décision difficile, je touchais énormément avec les stock-options.

En 2002, la bulle Internet explose. Année de galère. Il rebondit chez Ciena… « Je n’avais pas quitté Ciena parce que je voulais partir de l’entreprise, mais parce que je m’étais toujours dit que je ferais ce MBA pour me développer. C’était le bon moment pour le faire. (…) C’était vraiment un challenge. Je n’avais jamais fait de marketing et j’allais encadrer une équipe de 40 personnes qui connaissaient parfaitement le métier ».

De cette période, il en garde une conviction forte : « Le leadership se gagne, s’obtient en obtenant la confiance et le suivi des gens qui sont en dessous de vous. »

Son autre conviction : “Votre source de pouvoir la plus importante, c’est votre cœur”.

Rêve-t-il de monter un projet en Afrique ? Il répond toujours à Jeune Afrique : « Si ! Et c’est la grande question de ma vie ! Ma mission, on pour­rait presque parler de cela, est à mes yeux d’utiliser au maximum les opportunités auxquelles j’ai eu accès dans le monde occidental, à la fois en France et aux États-Unis, pour en créer de nouvelles pour mes compatriotes au Togo. Il y a peut-être un moment de ma vie où je le ferai en m’y installant de façon permanente.

Depuis mon premier salaire, j’ai toujours pensé à en investir une partie en Afrique. Cela a commencé par la Ferme de l’Espoir. Cela a duré 10 ans et finalement cela n’a pas marché. J’investissais beaucoup d’argent mais à l’arrivée j’avais créé seulement 30 emplois. (…) Avec mes collègues, nous avons créé la première usine de transformation de noix de cajou au Togo. Nous avons commencé en 2004, avec de petits objectifs, et cette société emploie aujourd’hui 550 personnes.

On risque de parler de lui, car il a une forte ambition : « Je ne veux pas juste créer une entreprise, je veux créer un modèle ! Et un modèle de capitalisme à l’africaine différent de ce qui a été fait. ! »

A suivre donc…

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