A la Une, Bénin, People, Projets, Vidéos

Marie-Cécile Zinsou : elle ouvre le premier musée d’art contemporain au Bénin !

images

A 28 ans, Marie-Cécile Zinsou, qui est à la tête de la Fondation Zinsou, une organisation familiale qui œuvre à la promotion et à la valorisation du patrimoine artistique africain à travers le monde, depuis 2005, vient d’ouvrir, le 11 novembre 2013, un premier musée d’art contemporain au Bénin.

Une initiative très remarquée sur tout le continent dans ce pays où la culture est très difficile.
Le musée a été ouvert à Ouidah, une ville particulière pauvre située à une trentaine de kilomètres de la capitale économique Cotonou. Ses taux de chômage et de déscolarisation y sont terribles. « Avec le musée, le but est donc aussi d’éclairer Ouidah d’une manière positive. Il faut parler et faire parler de l’Afrique en bien, c’est un véritable challenge pour nous tous.

Marie-Céline Zinsou est partie de rien. Elle se souvient : « Au départ, nous étions seuls. Mais avec les quatre autres membres de ma famille, nous étions tous convaincus que ce projet avait du sens. Certains préfèrent investir leur argent dans des appartements, des avions, des bateaux… Aujourd’hui, nous avons des soutiens forts, venus d’entreprises et de particuliers. Nous avons ainsi reçu une aide importante de Sotheby’s pour notre nouveau musée, et de L’Union Européenne pour nos Mini-Bibilothèques. Reste qu’au départ, c’est vrai, ça n’était pas gagné. Je me souviens que mon père, la pierre angulaire de tout le projet, avait toujours la même réponse pour ses détracteurs : « Notre projet ne vous plaît pas ? N’hésitez pas à faire autre chose, nous vous y encourageons… (…) Nous voulons aussi contribuer à faire voir le continent comme un véritable acteur du monde l’art et permettre aux personnes extérieures d’avoir un autre regard sur cette partie du monde qui n’est, trop souvent, sous les feux des projecteurs que lorsqu’il s’y produit des drames. »

La vie de Marie-Cécile Zinsou est aussi étonnante que les œuvres qu’elle expose. Elle est la petite-nièce à la fois d’un président béninois et d’un cardinal, fille d’un influent financier français. Emile-Derlin Zinsou, son grand père donc, a été l’un des premiers présidents du Dahomey indépendant, qui prend en 1975 le nom de Bénin. Le cardinal Gantin est « l’Africain qui a failli être pape. Il a été élevé avec les cinq enfants de mon arrière-grand-père. »

Aujourd’hui, Marie-Cécile partage sa vie entre Paris et Cotonou.

Le Bénin, Marie- Cécile en entend parler dès l’âge de six ans. « Notre famille a déjà été rejetée une fois du pays. Tous les hommes de la famille ont été condamnés à mort par contumace au début des années de pouvoir du président Kérékou. Alors, aujourd’hui, nous avons gardé à notre nom la collection que nous exposons, pour pouvoir la protéger en cas de problème. »

Après de brèves études d’histoire de l’art, elle s’engage en 2003 au Bénin pour l’Ong, SOS villages d’enfants. Elle vit auprès des enfants, en donnant des cours d’anglais et d’histoire de l’art. Et elle crée un premier musée. C’est alors qu’elle a le projet de fonder sa propre fondation avec pas grand chose au départ. « Nous avons ouvert ce musée en une semaine. Nous ne voulions pas vendre, comme une galerie, mais pouvoir faire des échanges d’oeuvres avec des institutions internationales »

Elle se souvient que son père était hostile à l’idée de revenir dans un pays qui avait déjà rejeté sa famille, mais il a quand même investi 80 000 euros pour l’achat d’oeuvres contemporaines par la Fondation. »

Au Bénin, elle doit affronter quelques réticences. Romuald Hazoumé, un des grands artistes du pays ne l’aide pas forcément au début : « Il m’a reçue assez froidement. Il faut dire qu’il a souvent la visite de prédateurs venus d’Europe ou des États-Unis qui écument l’Afrique pour acheter des oeuvres d’artistes prometteurs pour pas grand-chose. » Aujourd’hui, il est l’un des artistes les plus exposés et connus d’Afrique en partie aussi grâce à elle.

Marie-Cécile Zinsou se considère autant africaine qu’européenne. Sa voit-elle un jour devenir ministre de la culture au Bénin ? : « Pourquoi pas. Si ça me permet de faire les choses. Dans un pays développé, on fait les choses, avec une administration qui travaille. Dans un pays sous-développé, on ne fait pas les choses. C’est la seule différence. »

En attendant, elle constate :« On est dans un pays qui n’existe pas (…) Être béninois est difficile. Cela varie que l’on soit du Nord ou du Sud. L’intérêt des enfants pour la culture est partout le même. Cela a du sens de soutenir la culture en Afrique.

Une bien belle histoire…

A lire aussi : 
Samuel Fosso : le photographe africain mondialement connu
Cheb Khaled : le roi du Raï Algérien devenu marocain…
Viviane Chidid : la Sénégalaise, reine du Mbalax RNB !
Angélique Kidjo : sa voix a fait connaitre le Bénin au monde entier !
Esiiah : née le jour où Michael Jackson se rendait au Gabon…
Zeynab Abidou Oloukemi : La reine du RNB sort son 3e album
Willy Baby : star africaine de la zic à 14 ans
Magic System : un album pour l’alphabétisation !
Maître Gims : Le succès du fils d’un sans-papiers congolais

Image de prévisualisation YouTube
Image de prévisualisation YouTube

A lire aussi :

2 Comments

  1. Sonia

    C’est vraiment sympa ce parcours ! Bravo !

  2. DELPHIN MAVWOTA

    Salut marie cecile Zinsou! heureux de t’écrire car je t’encourage pour ton initiative. Moi je suis avocat en République Démocratique du Congo, curieusement je viens de voir un aventurier avec ton nom sur le site des amoureux jecontacte.com, brandissant tes photos à la recherche d’un homme pour mariage et j’avais accepte cette demande mais après mes investigations je viens de découvrir que ce n’est pas toi. et je regrette que de telle pratique se fond sous votre nom. Et si c’est toi prière de m’écrire car je jouer sur la prudence. Merci beaucoup.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *