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Khadija Ryadi : infatigable militante des droits de l’homme distinguée par les Nations Unies

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Elle est une infatigable militante des droits de l’homme. Et pour toute son action, cette tenace militante marocaine, Khadija Ryadi a été distinguée par les Nations unies, le 10 décembre, pour son combat.

Elle avait du mal à cacher son émotion en recevant ce prix à New York.

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« Recevoir le prix 2013 de l’ONU a provoqué en moi une émotion particulière, mais ce que je ressens surtout, c’est que j’ai une nouvelle responsabilité. Nous tous à l’AMDH, nous avons été honorés par ce prix qui répond à toutes les accusations à notre encontre. Ce prix est un nouveau départ, un nouvel engagement.  Le militantisme se poursuit. C’est aussi une fierté pour tous les défenseurs hommes et femmes des droits de l’Homme au Maroc. Concernant les félicitations des pouvoirs publics, j’ai lu dans la presse ceux de la CMDH. Je ne m’attendais par contre à aucune manifestation de la part des pouvoirs publics officiels. »

Khadija Ryadi a snobé les félicitations du roi Mohammed VI. Des félicitations sans « importance », estime-elle. Elle a préféré le dédier à tous les détenus politiques du pays.

Khadija Ryadi est l’ancienne présidente de l’Association marocaine des droits humains (AMDH).

Ce prix prestigieux est décerné tous les cinq ans – Ont également été à l’honneur cette année,  le Mauritanien Biram Ould Dah Ould Abeid, distingué pour sa lutte contre l’esclavage ; la Kosovare Hiljmnijeta Apuk, qui défend les droits des personnes de petite taille ; la Finlandaise Liisa Kauppinen, présidente émérite de la Fédération mondiale des sourds ; la Cour suprême du Mexique ; et la Pakistanaise Malala Yousafzai, victime d’une tentative d’assassinat alors qu’elle se battait pour la scolarisation des jeunes filles.-

Ryadi est née en 1960 au sein d’une famille de Taroudant. En 2007, elle prend la tête de l’AMDH et elle fait deux mandats avant de céder son fauteuil en mai 2013 à Ahmed El Haij.

Son bilan est ainsi résumé par Jeune Afrique : ‘avoir placé la revendication de la laïcité et la défense des libertés individuelles au coeur de l’action de son organisation. Sous sa présidence, celle-ci s’est ouverte au « dé-jeûneurs » du ramadan, aux militants proavortement et aux contestataires du Mouvement du 20-Février.’

En avril 2013, elle confie à l’Humanité : « Sur les droits de l’homme au Maroc, on entend beaucoup de discours. On présente le Maroc comme un modèle unique de progrès dans la région. Mais dans la pratique, on ne voit rien venir. Le Maroc traverse même une phase de régression. Il y a plus d’une centaine de prisonniers politiques, dont certains condamnés à de très lourdes peines. La torture continue d’être pratiquée. La liberté de la presse a régressé au point que le Maroc est classé derrière la Libye. Même concernant l’égalité entre les femmes et les hommes, le Maroc est mal classé. Vous voyez bien ! »

Femme libre et engagée, elle n’a jamais eu peur de dire ce qu’elle pense : « Le Maroc dispose pourtant de multitude régions qui contiennent des richesses naturelles, mais elles ne sont pas redistribuées équitablement aux populations. (…) Les Marocains réclament un partage des richesses.(…) L’Etat doit réformer l’éducation afin que toutes les petites filles puissent aller à l’école plutôt qu’au travail. L’éducation publique marocaine est en faillite. Cela fait des années que les syndicats émettent des critiques, en vain. Chaque fois qu’un ministre de l’Education arrive, il chamboule tout ce que son prédécesseur a fait, en disant que ce dernier était incompétent. Résultat, des milliards sont injectés dans le système éducatif mais cela n’aboutit à rien. La qualité de l’enseignement s’est dégradée. Beaucoup d’enfants quittent les bancs de l’école très tôt. Le Maroc n’arrive toujours pas à mettre fin à l’analphabétisme. Plus de la moitié des Marocains ne savent pas lire ! »

Elle tenait son discours en avril 2012.

Khadija Ryadi sait qu’il lui reste encore beaucoup de combats à mener…

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