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La mort du producteur Ibrahima Sylla : l’Afrique perd un faiseur de talents !

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D’Orchestra Baobab à Baaba Maal et de Salif Keita à Alpha Blondy, en passant par Oumou Sangaré, Koffi Olomidé ou Zaïko Langa Langa et par tant d’autres artistes. Le monde de la musique africaine est en deuil quelques semaines après la disparition de Tabu Ley Rochereau, le roi de la rumba congolaise, la star aux 68 enfants !

Le célèbre producteur Ibrahima Sylla est décédé lundi à Paris, des suites d’une longue maladie. Il avait 57 ans.

Il officiait chez Syllart Productions. En trente ans, on ne compte le nombre de talents révélés grâce à son intuition.

Le sénégalais Ismaël Lô se souvient : « C’est grâce à lui que le monde m’a découvert. On n’était lié que par un contrat moral, mais il m’a dit: “Sama rakk, denga doff ! » [« Petit frère, tu es fou ou quoi ! »] Il m’a presque tordu la main pour que je signe avec eux ! »

Il restera comme l’un des grands producteurs  africains : « À part le rap. Ce n’était pas de sa génération,  il n’y comprenait rien. » 

Son parcours, de ce fils d’un dignitaire religieux du Sénégal,  n’a pas été facile. Il s’en était souvenu dans un article à Libération : «J’avais 24 ans quand mon père m’a giflé et ne m’a plus parlé pendant trois ans. Je lui avais demandé de l’argent pour me lancer dans la musique ».

Il a été formé à la finance, son père l’ayant envoyé faire gestion et droit à Tolbiac à Paris.

Dans le même article, il ajoutait : « Ce que je retiens surtout de l’expérience, c’est qu’il faut connaître les différences culturelles africaines, les tempéraments des divers pays».

Son diplôme en poche, il rentre à Dakar avec la ferme intention de réussir dans la musique ! Il commence à produire, avec Francis Senghor, fils du célèbre président l’époque. «Je travaillais avec les musiciens sénégalais, qui m’ont fait confiance. Ma première production en 1979 est celle de l’Orchestre Baobab, groupe de salsa sénégalaise. Cela a marché. Puis, l’Etoile de Dakar avec Youssou N’Dour, Ismaël Lô… Je suis revenu à Paris en 1981 parce qu’en Afrique, la seule musique que tout le monde écoute, c’est la rumba congolaise. La plupart des artistes congolais vivent entre Kinshasa et Paris.»

Son grand copain Alain Josse, qui fut de toute son aventure professionnelle – Ils se sont connus pendant leurs études au lycée Lamine Guèye (ex-Van Vollenhoven) – confie : « Il avait l’œil sur toute la musique. Il a contribué à faire connaître presque toutes les têtes d’affiche de la musique africaine. Pêle-mêle, Alain Josse cite notamment Youssou Ndour, Ismaila Lô, Salif Keita, Baaba Maal, Coumba Gawlo Seck, Oumar Pène, Sekouba Bambino, Nando Da Cruz, le Cabo Verde Show. Il détenait le plus grand catalogue de musiciens africains. C’était une bête de travail qui, fait rare dans le milieu du showbiz, ne fumait pas et ne buvait pas. Il ne se décourageait jamais devant les difficultés, savait garder le calme devant n’importe quelle situation et s’en remettait toujours à Dieu. C’était un homme très pieux.

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