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Bisrat Negasi : la styliste érythréenne qui a conquis l’Europe !

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En quelques années, cette styliste d’origine érythréenne s’est imposée avec ses collections et ses boutiques éphémères à travers toute l’Europe.

Obligée de vivre son pays à l’âge de 6 ans, elle a les deux cultures qu’elle assume totalement : « Je ne sais pas si je me sens européenne ou plutôt africaine, dit-elle. J’aime le noir, ce qui est même un euphémisme, mais j’aime aussi les couleurs ensoleillées du wax. »

Elle s’est imposée avec sa création qui porte le nom de Negassi avec deux s, contrairement à son nom. Bisrat Negasi habille de nombreuses stars africaines :  la chanteuse d’origine nigériane Ayo, la jazzwoman américaine Rad, le chanteur sierra-léonais Patrice et l’actrice franco-sénégalaise Aïssa Maïga.Elle ouvre aussi de nombreuses boutiques éphémères.

Maman d’une fille de 6 ans, Bisrat est née un 24 décembre, à Asmara. Elle refuse de dévoiler l’année.  Elle est le troisième enfant, ils seront quatre, d’une couturière propriétaire d’une boutique de vêtements et d’un cartographe propriétaire d’un café-restaurant, le Menafisha.

De son enfance, elle se souvient « de l’odeur de l’abricotier dans le jardin, du goût des grenades, mais aussi de la peur quand les soldats éthiopiens passaient devant la porte et des bombardements. Cela me poursuit aujourd’hui : je déteste les feux d’artifice. »

Bisrat Negasi  connait l’exil à l’âge de 6 ans, lorsque ses parents engagés dans la lutte pour l’indépendance, fuient le pays. « Nous avons mis six mois pour atteindre le Soudan, à pied, à dos de chameau, en voiture avec des groupes de résistants. Moi, je ne comprenais rien, je croyais qu’on allait rendre visite à ma grand-mère. Je trouvais que c’était bien long, puisqu’elle habitait Asmara… »

Son père arrive à rejoindre l’Allemagne où il est aidé par un prêtre. Elle reste avec sa mère avec toujours cet espoir de rencontrer sa grand-mère. « Chaque jour, vers 16 heures, je m’habillais et j’attendais. Je me déguisais avec tout ce que je pouvais trouver. C’est à ce moment, je pense, que j’ai commencé à m’intéresser aux vêtements. »

Deux ans plus tard, son père parvient enfin à faire rapatrier toute sa famille en Allemagne à Hanovre. Bisrat n’a que 8 ans, mais pour elle le choc est terrible. Elle est l’unique Noire de l’école, elle ne parle pas la langue, ne comprend rien, doit porter des vêtements « lourds comme des armoires ».

Quelques mois plus tard, la famille s’installe à Hambourg où très vite elle revit. Elle confie à Jeune Afrique :  « Soudain, je n’ai plus été l’étrangère, mais la Black de la soirée qu’on invitait pour cela, à une époque où la culture hip-hop influençait toute l’Europe. J’étais exotique, mais je voulais juste être normale ! »

Elle songe alors à devenir médecin, mais elle trop peur du sang. Puis architecte, mais elle trouve le temps trop long dans ce métier. « J’aime avoir des idées et pouvoir les réaliser. Un bâtiment, cela prend des années… »

En faisant un stage à Paris chez le  Malien Lamine Kouyaté (Xuly Bët), elle se prend de passion pour ce milieu. Sa vocation est née. Bisrat décide de se former pour se donner tous les moyens de réussir. Diplômée en design après quatre ans d’études, elle passe six mois chez Manolo Blahnik à New York, puis elle s’installe en France.

Elle se marie et retourne avec l’homme de sa vie à Hambourg. En 2004, elle lance sa marque, Negassi.

Malgré son succès, Bisrat Negasi n’a pas pour autant oublié l’Afrique  et notamment l’Érythrée. « Mes parents y habitent. J’y vais souvent et j’y suis avec mon coeur. J’aimerais y réaliser quelque chose. Ma famille est politisée, et mon point de vue sur l’Érythrée est différent de celui que l’on entend à l’extérieur. C’est tellement plus compliqué… »

A suivre donc..

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