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Mariam Lamizana : son combat contre l’excision !

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C’était une journée de sensibilisation aujourd’hui dans toute l’Afrique contre l’excision.

Un combat pour lequel se bat depuis des années avec un rare engagement, Mariam Lamizana, première présidente du Comité national de lutte contre la pratique de l’excision (CNLPE), présidente du Comité interafricain sur les pratiques traditionnelles ayant un effet sur la santé des femmes (CIAF) et ancienne ministre burkinabè de l’Action sociale et de la Solidarité nationale.

Sociologue et assistante sociale, Mariam Lamizana, est née en 1951 à Bobo-Dioulasso. Son engagement lui a valu de recevoir le prix Sakharov du Parlement européen pour la liberté de penser en 2009.

Sa plus belle victoire reste la baisse de cette pratique barbare dans son pays qui a spectaculairement diminué passant de 88% chez les femmes de plus de 45 ans à environ 15% chez les filles de moins de 13 ans.

A Jeune Afrique, elle reconnait : « Il n’y a pas de recette miracle. La solution c’est une implication réelle et sincère de l’ensemble de la société, du sommet de l’État jusqu’aux communautés les plus reculées. Il a fallu des actions conjuguées des pouvoirs publics, des autorités locales détentrices de la légitimité conférée par la tradition, sans oublier le rôle essentiel des responsables religieux. Tout ceci a pu se concrétiser grâce à la ténacité des ONG locales, épaulées par l’Unicef. Et surtout, il a fallu beaucoup de temps et de persévérance, et inscrire chaque action dans la durée. Changer tout un système ne s’improvise pas du jour au lendemain. (…)  Il y a eu de grandes campagnes de sensibilisation. Mais les efforts sont vite retombés et par conséquent il n’y a pas eu de résultats concrets. On peut dire que le combat a véritablement débuté à la fin des années 1980 avec la création d’un cadre institutionnel pour lutter contre les mutilations génitales. L’État a interdit l’excision en 1996, mais bien sûr les mentalités n’étaient pas prêtes. Il a été important d’impliquer les hommes, auparavant peu concernés par le sujet. La société burkinabè est très patriarcale : quand les hommes décident, les choses bougent. C’est comme cela que, de ville en ville, le rejet de l’excision s’est réellement imposé. »

 

126_millions_de_femmes_excisees_20765_hd_1 La peur de la loi est un élément important pour faire reculer une pratique et changer le regard de la société. Les délinquants encourent de 6 mois à 10 ans d’emprisonnement selon la gravité du délit, ainsi qu’une lourde amende. Les citoyens burkinabès ont l’obligation de dénoncer aux autorités toute mutilation génitale dont ils auraient eu vent. Ne pas le faire, c’est se rendre complice de l’excision. Les contrevenants s’exposent à une amende de 100 000 francs CFA (152 euros). » 

Dans cette même interview, elle parle de son engagement à la tête de  CIAF, qui est présent et actif dans les 29 pays africains : « Nous soutenons un agenda commun dans les 29 pays, et interpellons les gouvernements et la société civile là où il le faut. Le CIAF est également un cadre important de coopération transfrontalière, car les gens migrent, et bien entendu, les exciseuses aussi. Il est important de veiller à ce qu’elles soient punies même si elles passent la frontière et partent au Mali pour commettre leur forfait. (…) Les choses vont plus lentement au Mali, mais pour moi, que l’on fonce comme un sprinteur ou que l’on aille à la vitesse d’un marathonien, l’essentiel est de franchir la ligne d’arrivée, tôt ou tard. »

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A lire aussi : Yamina Benguigui : « Il n’y a pas d’exciseurs mais uniquement des exciseuses !

 

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1 Commentaire

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