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Aline Sylla-Walbaum : de l’inspection des finances à Christie’s !

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Aline Sylla-Walbaum a réussi un parcours assez étonnant ! Cette franco- sénégalaise est bardée de diplômes, tous aussi prestigieux, HEC, Science-Po et  l’ENA dont elle sort troisième alors qu’elle y est entrée major. C’est aussi là qu’elle a rencontré son mari, d’origine allemande – De ces années, elle confie aux Echos : « Les études étaient le domaine pour lequel j’étais douée car la nature ne m’a donné ni talent artistique ni réelle capacité sportive. Etudier, c’était pour moi détenir les clefs d’une plus grande compréhension du monde : l’histoire éclaire le passé ; l’économie, les langues étrangères et les sciences politiques m’aident à comprendre le présent ; la géopolitique donne les outils pour se projeter dans l’avenir. C’est donc avec bonheur que je suis devenue une étudiante « multirécidiviste ». Cela dit, j’ai tout de même profité de la vie de campus à HEC et ses célèbres soirées, de la vie en colocation version « Auberge espagnole » à Milan, des débats enflammés de Sciences po et d’un stage au cœur des Nations unies… »

Elle a été directrice du développement culturel du Louvre. Elle dit : “Les choix professionnels impliquent la prise en considération de trois critères : le dirigeant, l’entreprise et le contenu de la mission qui vous est confiée. Au Louvre, les trois clignotants étaient d’emblée au vert. (…) Mon expérience au Louvre m’a appris à être le manager que je suis aujourd’hui. Dans un environnement public sans carotte ni bâton, il faut sa voir être créatif pour trouver un esprit collectif chez les gens, autant qu’en vous- même.

Elle devient ensuite conseillère du Premier ministre français François Fillon. Une expérience inoubliable qu’elle résume en une citation en anglais : »There are two things in the world you never want to let people see how you make them : law and sausages”. Il s’agit bien sûr d’une réplique de la série culte The West Wing….

Elle quitte Matignon et rejoint Unibail-Ro- damco, dont elle sera directrice générale déléguée en charge du développement.

Elle dirige aujourd’hui Christie’s France. Cette institution représente 5 % du marché de l’art mondial et  5 % du chiffre d’affaires de Christie’s Monde. En 2012, 231,4 millions d’euros de ventes pour Paris ont été réalisés à son arrivée, soit plus 13% par rapport à l’année précédente.

Aline Sylla-Walbaum a toujours été passionnée par l’art. « Je voulais comprendre comment les  artistes voyaient le monde qui m’entourait »

Elle commence à se faire remarquer à l’Inspection générale des finances. devant la porte de  l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), à Fontenay-sous-Bois, le vigile lui demande de « faire la queue » comme  tout le monde….

Sa mère française est infirmière de formation, son père, d’origine sénégalaise, est salarié chez le  fabricant de machines à écrire Remington. Elle a été couverte d’amour pendant son enfance, mais elle avoue avoir été confrontée au racisme : « J’évitais que mon père m’accompagne à l’école . Une camarade de classe m’avait fait une remarque sur la couleur de peau de mon père. Ce qui sous-entendait que ce n’était pas bien d’être noir. Je ne voulais pas être différente. »

De ses raçines africaines, Aline Sylla-Walbaum n’a rien oublié. Son père lui a fait partager la passion de son pays natal.  « Ce que j’aime de ce pays, c’est qu’il a toujours eu une bonne  étoile, . En Afrique occidentale, il est celui qui a le  rapport le plus pacifié avec l’ancienne puissance coloniale. Et puis, nous avons  eu la chance d’avoir Senghor ! »

Deux parents, deux couleurs de peau, deux cultures, deux religions. “Pour moi, la religion est un fait culturel. J’ai toujours eu une approche géopolitique et intellectuelle à son égard. Les objets d’art sont une manière non-polémique de l’appréhender”.

Elle rend souvent visite avec ses trois enfants à son demi-frère sénégalais, marié et installé à Dakar.

Bien sûr, de part ses fonctions chez Christie’s, elle suit les artistes africains : « Ce sont les anglophones du continent qui ont les cotes  les plus élevées, comme la Sud-Africaine Marlene Dumas ou le Nigérian Yinka  Shonibare. »

Bertrand Badré, directeur général en charge des finances de la Banque mondiale, résume bien sa personnalité lorsqu’il confie : “Aline Sylla-Walbaum est animée par un principe de satisfaction, de plénitude, d’achèvement professionnel et personnel. Sa joie de vivre et son enthousiasme, moteurs de son savoir-faire relationnel, prennent le pas sur son ambition, qui n’est pas écrasante”.

Sa philosophie de la vie est simple et contagieuse : « Le métier de mes rêves consiste à être le chef d’orchestre permettant à chaque soliste de développer le maximum de son talent.

CV express :
Diplômée de l’ENA, promotion Cyrano Bergerac, de l’IEP Paris (Sciences Po) et d’HEC – France. 
Depuis janvier 2012: Directrice générale de Christie’s France. 
2009 – 2011: Directrice générale déléguée développement groupe chez Unibail-Rodamco. 
2007 – 2008: Conseillère Culture et Communication auprès du premier ministre français François Fillon. 
2002 – 2007: Administratrice générale adjointe et directrice du développement culturel du musée du Louvre – France. 

Ses goûts musicaux : 
« J’écoutais en boucle johnny Clegg et Tracy Chapman autant que Michael Jackson et Madonna, idoles de ma génération. Genesis, Pink Flyod et REM. Et bien sûr Youssou N’Dour, Miles Davies, Purcell et Chostakovitch. »

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