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Corneille : « j’étais mort avec eux ! » Son émouvant aveu sur le massacre de sa famille

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Le Chanteur Corneille était l’invité de « La parenthèse inattendue » de Frédéric Lopez, sur France 2, hier. Une émission très regardée dans laquelle les stars se confient.

Le chanteur avait 17 ans lorsqu’il a assisté au meurtre de ses parents et de ses frères et soeurs au Rwanda.

Et il est revenu sur cette terrible journée. C’était en 1994. Un groupe armé est entré dans la maison de sa famille et se met à tirer.

Voici la suite de son récit : « J’ai sauté derrière un canapé, juste à côté de moi. Ils ont tiré sur tout le monde, ils sont partis en courant. J’imagine qu’ils n’ont pas eu le temps de vérifier que tout le monde était mort… (…)  Je suis sorti de ma cachette, et je pense que pendant l’heure qui a suivi, j’étais mort avec eux, je n’étais pas présent. La première chose que j’ai faite, c’est d’aller dans la salle de bains de mes parents, de me regarder dans le miroir. Pour voir ce que je pensais être vrai, c’est-à-dire que j’étais vivant. J’étais figé, je suis devenu un bloc de glace, je ne sentais plus rien, je ne pleurais pas, j’étais dans un état de choc total ».

Le chanteur rwandais Corneille vient de sortir son cinquième album. Un album très attendu par ses fans et les Africains.

Il y a quelques jours Corneille avait confié  : « C’était devenu une accroche médiatique, analyse-t-il aujourd’hui, et je n’étais pas équipé psychologiquement. Je pense que mon histoire m’échappait. Je n’avais pas encore fait face à la douleur. »

Né d’un père tutsi et d’une mère hutue, il a passé son enfance en Allemagne, puis son adolescence au Rwanda.  Il se fait connaitre à la télévision d’État rwandaise à l’âge de 16 ans, en remportant le prix Découvertes 1993 avec son premier groupe.

En 1994, le génocide commence, et neuf membres de sa famille sont tués sous ses yeux, dans sa maison.  « C’était un génocide contre les Tutsis, ça, c’est indéniable » Il a alors 17 ans.

Il fuit l’avancée du FPR, comme des centaines de milliers de Rwandais, pour se réfugier au Zaïre (la RDC d’aujourd’hui) avant de s’envoler vers l’Allemagne, où il est recueilli par des amis de ses parents.

Depuis, il n’est jamais retourné au Rwanda. « Je n’étais pas prêt. J’ai associé beaucoup trop de choses négatives à ce pays, parfois de façon irrationnelle. J’étais en colère contre lui. »

Comme en témoigne sa chanson : « The Birth of Cornelius, disait sans fard : « Last time I saw you / You looked like Apocalypse / Hell and then Genesis combined / Last time I saw you / You were stripping me of anything and anyone that was mine » (« La dernière fois que je t’ai vu / Tu ressemblais à l’apocalypse / L’enfer et la genèse combinés / La dernière fois que je t’ai vu / Tu me dépouillais de toutes les choses et de tous ceux qui m’appartenaient »).

A 36 ans, il espère avoir le même succès qu’en 2003 avec son album « Parce que l’on vient de loin » qu’il avait vendu à un million d’exemplaires.

Cornelius Nuyngura est marié à la chanteuse et comédienne canadienne d’origine portugaise Sofia de Medeiros. Il vit avec elle aujourd’hui à Montréal. Elle écrit les textes de es albums et l’aide à gérer une carrière en dents de scie. Ses deux précédents albums, The Birth of Cornelius, un album de rupture, sorti en 2007,  et Sans titre – C’est le titre de l’album- sorti en 2009, ont deux échecs. Il évoquait un inceste subi de la part de sa tante.

Les influences africaines sont très présentes dans sa musique. « Il faut être attentif pour comprendre ses textes, chantés avec cette voix haute qui le caractérise. Ces derniers sont parfois obscurs et souvent d’une candeur frisant la naïveté. On peut dire que je suis rêveur. Mais mes textes ne sont pas naïfs, conteste l’artiste. C’est ma vie, c’est mon vécu. Quand on a traversé des périodes difficiles, on peut se laisser submerger par la rancoeur et en périr. Ou s’accrocher à l’optimisme, pour continuer. »

« L’ego, c’est cette armure que l’on porte, c’est ce personnage que l’on se fabrique. Il m’a servi à tenir, à un moment donné. Mais il faut le reconnaître, le voir, afin de s’en débarrasser. »

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