Côte d’Ivoire

Festival de Cannes : la crise ivoirienne racontée dans « Run » de Philippe Lacôte

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Le réalisateur franco-ivoirien Philippe Lacôte a présenté la semaine écoulée « Run » son premier long métrage au 67ème Festival de Cannes dans la catégorie  « Un certain Regard ». La crise politique qui a secoué la Côte d’Ivoire ces 10 dernières années a été  retracée par le réalisateur avec des acteurs qui incarnent les des personnalités politiques de l’époque, même si le cinéaste refuse de l’admettre. La production du long métrage a reçu le soutient du gouvernement ivoirien représenté au Festival par le ministre de la culture et de la Francophonie Maurice Kouakou BANDAMAN et Mme Affoussy Bamba-Lamine, ministre de la communication.

La Côte d’Ivoire et le Bénin sont le pays choisis par le réalisateur pour tourner le film dont le thème est toujours d’actualité. Dans une interview accordée à France 24, Philippe Lacôte évoque les raisons qui soutiennent une production sur la crise ivoirienne alors même que des plaies restent à cicatriser.

« La crise ivoirienne est un sujet encore brûlant et sensible. Beaucoup de gens y ont perdu des membres de leur famille et réveiller tout cela n’a pas été simple. Mais je n’avais pas envie de faire ce film 10 ans après le conflit. En tant que cinéaste, cela m’intéressait de tourner dans un décor encore chaud, avec des acteurs ayant connu cette page récente de l’histoire. Je voulais être au plus près de ce passé », a-t-il déclaré.

Contrairement à ce qu’on pouvait imaginer, le film n’a pas pour objectif de réconcilier les  Ivoiriens.  Pour Philippe Lacôte, ce rôle revient aux hommes politiques de son pays. Le film selon son réalisateur permet de réfléchir sur les origines de la crise afin prévenir de telles situations.

« Quand un pays comme le nôtre sort tout juste de la guerre, les artistes ont un rôle de témoin à jouer. En termes de responsabilité morale, iI ne m’appartient pas d’attiser des colères inutiles, mais je n’ai pas fait ce film pour réconcilier les Ivoiriens. Maintenant, je laisse aux politiques le soin de s’occuper du vaste chantier de la réconciliation », explique Philippe Lacôte.

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