Sénégal

OIF : le prochain SG sera-t-il une femme?

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À un mois du sommet de Dakar, le compte à rebours a commencé en vue d’une élection historique qui pourrait marquer à tout jamais un pas important vers la modernité et l’ouverture d’esprit à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Une élection qui, on espère, peut possiblement faire d’une pierre deux coups : à la fois faire progresser l’égalité de genre, l’équité et la représentativité continentales.

En effet, lorsqu’on analyse simplement l’intitulé du thème du XVe sommet de la Francophonie : « Femmes et jeunes en Francophonie: vecteurs de paix, acteurs du développement », on peut conclure d’emblée que, pour la toute première fois de son histoire, l’OIF s’apprête à marquer un tournant, en prenant une décision historique.

Les cinq candidats déclarés continuent de battre campagne sans désemparer, pour succéder à Abdou Diouf à l’OIF. Mais à entendre tout ce qui se dit au sujet de l’élection du prochain secrétaire général, dans les médias les mieux informés, dans les chancelleries diplomatiques et dans les arcanes du pouvoir des États membres, il y a fort à parier que la prochaine secrétaire général de la Francophonie s’appellera Michaëlle Jean.

Elle fait une campagne exceptionnelle, loin des polémiques et à un rythme tel qu’aucun de ses concurrents n’a pu la rattraper dans les pronostics. Elle est allée à la rencontre de plusieurs chefs d’État et de gouvernement, non pas pour quémander des voix, mais pour présenter sa vision pour la Francophonie du XXIe siècle. Un projet qui intéresse beaucoup des chefs d’État et de gouvernement, qui se sont par ailleurs formellement engagés à soutenir sa candidature.

Sont-ils prêts à désigner une femme à l’OIF?

La quasi-totalité des chefs d’État et de gouvernement, à l’exception de Catherine Samba-Panza de la République Centrafricaine, sont des hommes qui vont élire le nouveau secrétaire général de la Francophonie. Vont-ils choisir une femme? Il y a lieu de croire que oui. Parce qu’ils n’auront aucune excuse de faire en sorte que leur décision ne soit pas cohérente avec le thème qu’ils ont librement choisi pour le XVe sommet.

En effet, ils ont une bonne opportunité de jeter leur dévolu sur Michaëlle Jean, d’autant plus qu’elle est la seule femme candidate à l’OIF et qu’elle a l’étoffe qu’il faut pour assumer le mandat du secrétaire général. Ex-gouverneure générale (chef d’État) et une excellente communicatrice, Michaëlle Jean a des qualités intellectuelles et professionnelles, des compétences et expériences en diplomatie bilatérale et multilatérale nécessaires pour la fonction.

Non seulement elle est l’unique femme, elle est également la plus jeune de tous les candidats dans la course à l’OIF. Plus important encore, elle est la seule candidate qui est au fait des réalités quotidiennes des États du Nord comme du Sud et peut rapprocher les deux.

En effet, avec une candidature comme celle de Michaëlle Jean et surtout le projet qu’elle porte pour la Francophonie du XXIe siècle, on peut s’imaginer sincèrement que les chefs d’État et de gouvernement n’auront aucune hésitation à élire une femme à la tête de l’OIF. Bien au contraire, son élection serait sans aucun doute considérée comme une étape importante aux efforts de l’OIF pour faire progresser effectivement l’égalité des sexes.

C’est d’ailleurs le vœu de beaucoup des francophones qui pensent que l’élection de Michaëlle Jean aurait une importante répercussion et serait une source de fierté tant pour les femmes en générale que pour les jeunes filles qui sont sur les bancs de l’école, d’avoir d’ambitions et l’audace d’espérer.

Les chefs d’État et de gouvernement ont donc une bonne opportunité d’envoyer un message positif aux femmes et jeunes francophones que l’égalité des sexes est un droit qui n’est pas seulement consigné sur papier, mais elle est une réalité à l’OIF.

Que peut apporter une femme à l’OIF?

On ne le dira jamais assez, mais une chose est vraie, une femme à la tête de l’OIF peut s’avérer être un atout majeur pour cette organisation qui est appelée chaque fois à faire de médiations dans des conflits armés qui secouent encore certains États membres. Les femmes ont souvent une approche différente pour le règlement des différends.

Il y a lieu de croire que les chefs d’État et de gouvernement qui s’apprêtent à choisir le prochain secrétaire général, garderont à l’esprit que la reconnaissance et la valorisation de l’apport des femmes et des jeunes pour la paix et le développement passe par leur implication dans la gestion effective de l’OIF.

Qu’on le veuille ou non, la présence d’une femme à l’OIF va certainement apporter une touche spéciale et parfois différente que celle qu’apporterait un homme. Les femmes sont naturellement sincères dans leurs propos et dégage souvent une image positive. Elles sont animées d’un désir profond de paix, de justice et de dialogue, à la place des armes, pour régler les conflits.

Michaëlle Jean est pleine d’énergies et prête à servir l’OIF et à lui insuffler une nouvelle dynamique. Elle croit fermement que l’OIF peut jouer un rôle important en créant les conditions favorables aux États et gouvernements membres qui souhaitent développer leurs économies, intensifier leurs capacités de production, maximiser leurs échanges économiques et commerciaux.

Michaëlle Jean a une réelle volonté de faire progresser les droits et libertés de la personne, de rechercher de solutions efficaces pour engager la Francophonie sur le chemin de la prospérité économique.

Il serait donc temps qu’une femme prenne les rênes de l’OIF. Mais est-ce que les chefs d’État et gouvernement vont-ils effectivement briser le plafond de verre pour choisir une femme, pour la première fois, à l’OIF? Rendez-vous est pris dans un mois.

Isidore KWANDJA NGEMBO, Politologue

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