Politique, Tunisie

Tunisie : Béji Caïd Essebsi élu président

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Béji Caïd Essebsi est déclaré vainqueur du second tour de l’élection présidentielle tenue dimanche 21 décembre 2014. Avec 55,68 % des voix, il devance son adversaire Moncef Marzouki (69 ans), président sortant (44,32 % des suffrages). Ce dernier a reconnu sa défaite et à félicité le nouveau président.

Les Tunisiens ont définitivement tourné la page de Ben Ali avec l’élection tenue dans le calme. Pour éviter que le nouveau président s’éternise au pouvoir ( Ben Ali a fait 23 ans ), la nouvelle constitution votée au lendemain de la révolution tunisienne diminue les attributions du chef de l’Etat.

Le nouveau président devra faire de la lutte contre la montée en puissance des djihadistes , son cheval de batail. Il devra également redresser l’économie du pays fragilisée par le chômage des jeunes.

Biographie du nouveau président tunisien (Wikipedia)

Béji Caïd Essebsi né le 29 novembre 1926 à Sidi Bou Saïd, est un homme politique et avocat tunisien qui occupe le poste de Premier ministre entre le 27 février et le 24 décembre 2011, sous la présidence intérimaire de Fouad Mebazaa.

Fils d’un agriculteur descendant d’un captif d’origine sarde et intégré à l’ancienne bourgeoisie tunisoise, il est donc l’arrière-petit fils d’Ismaïl Caïd Essebsi, devenu haut fonctionnaire dans l’administration beylicale. Il effectue ses études secondaire au Collège Sadiki après la mort de son père. Habitant à Hammam Lif, il est marqué le 9 avril 1938 par des événements qui déclenchent le début de son militantisme et son intégration dans la jeunesse du Néo-Destour.

Par la suite, il se rend à Paris où il effectue ses études de droit, en parallèle à ses activités militantes. Il devient vice-président de l’Association des étudiants musulmans nord-africains et membre actif de la résistance contre le protectorat français, au détriment de ses études. Cependant, grâce au soutien de Habib Bourguiba Jr., fils de Habib Bourguiba, il obtient sa licence, avant d’être contraint de regagner Tunis. Là-bas, il y exerce son métier d’avocat dans un prestigieux cabinet et consacre son temps à la défense des militants tunisiens.

Après l’indépendance, il est nommé conseiller et représentant du Premier ministre Bourguiba, chargé des affaires sociales, puis chef de l’administration régionale auministère de l’Intérieur. À la suite du complot contre Bourguiba, ce dernier le charge du dossier en tant que directeur de la sûreté nationale, après avoir été affecté au tourisme. Le ministre de l’Intérieur, Taïeb Mehiri, souffrant du diabète, il l’assiste en qualité de secrétaire d’État adjoint à l’Intérieur. À la suite du décès de Mehiri, Caïd Essebsi est nommé ministre de l’Intérieur, le 5 juillet 1965.

Occupant le premier portefeuille ministériel de sa carrière, il doit faire face aux troubles liés à laguerre des Six Jours mais aussi à l’affaire Belkhodja. Le 8 septembre 1969, un remaniement ministériel a lieu et Caïd Essebsi est désigné ambassadeur de Tunisie aux États-Unis, poste qu’il n’occupe pas car il est reconduit dans le gouvernement de Bahi Ladgham en tant que ministre de la Défense, en parallèle à son mandat de député. Il quitte son poste avec le remaniement ministériel du 12 juin 1970 et devient ambassadeur de Tunisie en France, à la suite de quoi il démissionne en raison d’un conflit au sein du parti au pouvoir concernant la gestion de l’État. Critiquant le parti et son organisation, il en est exclu.

S’ensuit alors une longue traversée du désert durant laquelle il exerce son métier d’avocat avant de réintégrer le gouvernement en tant que ministre délégué auprès du Premier ministre Mohamed Mzali, avec la condition d’instaurer une démocratie en Tunisie et de mettre fin au pouvoir personnel de Bourguiba. Il est par la suite nommé ministre des Affaires étrangères, le 15 avril 1981, en remplacement de Hassan Belkhodja. Durant son mandat, il est confronté à plusieurs conflits diplomatiques, notamment la guerre du Liban et la criminalisation de l’opération « Jambe de bois ».

Il quitte son poste le 15 novembre 1986 avant de devenir ambassadeur en Allemagne de l’Ouest.
Après le coup d’État du 7 novembre 1987, il intègre le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) du nouveau président Zine el-Abidine Ben Ali. Il redevient député puis président de la Chambre des députés, entre le 14 mars 1990 et le 9 octobre 1991, à la suite de quoi il se retire de la scène politique. Il y revient vingt ans plus tard à la suite de la révolution du 14 janvier 2011 qui chasse le président Ben Ali. Sous la pression populaire, le Premier ministre Mohamed Ghannouchidémissionne et lui cède sa place, le 27 février.

Il est chargé notamment de l’organisation de l’élection de l’assemblée constituante chargée de rédiger uneConstitution, à la suite de quoi Hamadi Jebali, candidat de la troïka, coalition victorieuse de l’élection, le remplace le 24 décembre.

Il fonde son parti, Nidaa Tounes, dans le but de rassembler l’opposition et de lutter contre l’échec du gouvernement. Il est dès lors désigné par les médias en tant que chef de l’opposition, alors que plusieurs tentatives, notamment de la part de la troïka, visent à l’exclure de la vie politique en raison de son ancienne appartenance au RCD. Le 21 décembre 2014, après la victoire de son parti aux élections législatives du 26 octobre face au parti islamiste Ennahdha, il remporte l’élection présidentielle tunisienne avec 55,68 % des voix au second tour, face au président sortant, Moncef Marzouki.

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