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Abderrahmane Sissako : « Je n’ai jamais été aussi ému, bouleversé et touché »

HOLLYWOOD, CA - NOVEMBER 08: Writer/director Abderrahmane Sissako attends the "Timbuktu" photo call during AFI FEST 2014 presented by Audi at TCL Chinese 6 Theatres on November 8, 2014 in Hollywood, California.   Alberto E. Rodriguez/Getty Images/AFP == FOR NEWSPAPERS, INTERNET, TELCOS & TELEVISION USE ONLY ==C’est fait ! Le film à succès « Timbuktu » d’Abderrahmane Sissako, lequel a failli être retiré de la sélection officielle du FASPACO 2015, a finalement été projeté jeudi 05 mars. Nombreux sont ces cinéphiles, tickets en mains ou badges au cou, qui se sont bousculées devant dans les locaux de Ciné Burkina pour voir le long métrage. Une ambiance rare dans l’histoire de la biennale du cinéma. « Cinq fois que je viens au FESPACO et je n’ai jamais vu cela », dira un confère sénégalais, cité par le journal en ligne Le Faso, qui a recueillis les impressions du réalisateur Mauritanien après la diffusion de « Timbuktu ». Lecture…

Sur les motivations de la réalisation du film

« Le rôle de tout artiste dans une société est d’en être le porte-parole, d’en défendre les valeurs. Pour moi c’était important, lorsque Tombouctou a été pris en otage par des gens dont la plupart sont venus d’ailleurs, en tant que sahélien, africain, humain c’était un choc pour moi, je ne pouvais pas rester en marge de cela. J’ai voulu jouer mon rôle, celui de résister, dénoncer toute forme de barbarie qui puisse exister.Tombouctou a des valeurs humanistes très fortes depuis des siècles, c’était dommage que des gens viennent imposer une vision. Le cinéma peut faire ce travail de s’imposer, de s’opposer à la violence, à la barbarie, à la négation de l’autre. C’est une culture qu’on voulait anéantir en quelque sorte. J’ai joué mon rôle de cinéaste.

La mobilisation du public

« Ce qui est extraordinaire, c’est le public ouagalais, qui a un amour, une passion pour le cinéma, et qui l’a démontré une fois de plus en venant voir Timbuktu. C’est très fort pour moi, c’est une grande fierté. J’étais pressé qu’il y ait une vitrine. A travers le FESPACO, c’est toute l’Afrique qui regardait ce film ce soir. Ce soir, je n’ai jamais été aussi ému, bouleversé et touché. Pour moi, cette projection est une victoire en soi, c’est mon palmarès.

Timbuktu, Etalon de Yennaga à coup sûr ?

« Il n’y a pas que 20 films ici, il y a plus de cent films qui sont là pour un public, pour être vu. Tous ces films ne sont pas en compétition, mais ne sont pas moins importants que ceux qui sont en compétition. Un festival, c’est de venir et s’adresser d’abord à un public, le jury fera son travail ce qui permettra de mettre en valeur un film. Quel que soit le film qui sera mis en valeur, ce sera une victoire pour l’Afrique. Cette vitrine qu’est le FESPACO, doit encore montrer à nos Etats, à nos politiques, qu’il est temps de s’intéresser verbalement à la culture.

 

 

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