A la Une

Kako Nubukpo : l’économiste togolais qui dénonce l’inefficacité de la Bceao

 kako

L’information fait une des sites d’informations ce lundi. Le ministre togolais  de la Prospective et de l’Evaluation des politiques publiques le Pr. Kako Nubukpo est dans les viseurs de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Il est reproché à l’éminent économiste et  universitaire, ses coups de gueule publics vis-à-vis de la politique monétaire de l’institution. La Bceao aurait ainsi écrit  à la présidence de la République du Togo dans le but de le démettre de ses fonctions.

Le 30 mars 2015 le ministre togolais avait déjà annoncé que ses propos faisaient  objet d’un point à l’ordre du jour d’une réunion des ministres de l’économie et des finances de l’Uemoa au cours duquel il serait demandé au Togo de clarifier sa position sur son appartenance à la zone Uemoa.

Et pour cause, le Prof. Kako Nubukpo ne cesse de dénoncer l’incapacité de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest à soutenir le développement des pays membres de l’Uemoa. Le ministre dénonce par exemple le fait que la Beceao prête aux Etats à un taux plus élevé qu’elle ne prête aux banques commerciales.

En 2012, il avait adressé une lettre ouverte  au gouverneur de la Beceao s’insurgeant contre ce qu’il appelle «  une extraversion intellectuelle ». En effet pour célébrer le cinquantenaire de l’institution, le gouverneur de la Beceao a invité  des occidentaux à prendre la parole, mettant les intellectuels de l’Uemoa dans un rôle d’observateurs passifs.

« à l’heure ou une grande partie du territoire de notre zone est aux mains de forces obscurantistes au Mali, vous ne pouvez pas vous permettre de brader ainsi la délégation de souveraineté que nos États ont concédée à la Banque centrale, en dépensant des centaines de millions de F CFA pour entretenir le narcissisme anachronique de l’Institution que vous avez l’honneur de gouverner »,a-t-il déclaré avant de conclure :

 « Il n’y a aucune raison que les solutions aux problèmes que vivent les populations africaines soient corsetées par les recettes du prêt-à-penser idéologique, provenant de Washington, de Francfort, de Paris, et nous en oublions. »

A lire aussi :

3 Comments

  1. Pour signer une petition de soutien a Kako

  2. Traore Donald

    Certains sujets ont l’avantage d’être si éloignés de la métaphysique que les procès d’intention qu’on leur fait paraissent bien étranges. Il me semble qu’en l’occurrence, concernant ces remue-méninges autour du franc CFA, la réalité est bien éloignée du simplisme auquel nous invitent les thuriféraires de la critique facile.
    Pourquoi ne s’interroge t-on pas sur la réalité des antécédents de cet ancien agent de la BCEAO qui semble à présent vouer une telle haine à son ancien employeur qu’il lui adresse presque chaque semestre, une déclaration de guerre? Sans lui dénier la faculté à être plus intelligent que l’ensemble des intellectuels (ses ex-collègues) qu’emploie la BCEAO, il pourrait se rappeler qu’il avait lui-même épousé un code de conduite qui l’éloignait de telles libéralités médiatiques. Au demeurant, si son statut de ministre autorisait les intellectuels de cette institution à lui porter la réplique, l’objectivité serait plus proche, les « armes » plus loyales et les arguments plus honnêtes. Toutefois, les modestes citoyens que nous sommes n’aurions pas concéder aux responsables de la BCEAO de mêler la gestion de notre monnaie aux tintamarres médiatiques que semble tant affectionner cette auguste personnalité, ministre de son état.
    La question toute simple qui se pose est de savoir si le ministre et professeur Kako Nubukpo ne se trompe pas de cadre pour engager le débat sur le franc CFA qui lui tient tant à cœur. Le gouvernement auquel il appartient n’a-t’il pas bel et bien ratifier les traités et conventions internationales qui constituent le fondement institutionnel du fonctionnement de BCEAO et du franc CFA. Dès lors, on peut également s’interroger sur les motivations qui sous tendent le choix, par un ministre, de l’espace médiatique pour un débat aussi important. Il en a certainement tout le droit. Mais quelqu’un de son niveau, n’aurait-il pas été plus constructif de donner davantage de hauteur et de sérénité cette problématique. A l’évidence, ni la BCEAO, ni aucune banque centrale au monde ne mêlerait sa voix à la sienne car, comme dit l’adage, l’argent et le bruit ne font pas bon ménage. Cette situation semble d’autant plus malsaine que tout-ministre qu’il est, il montre une facette non-glorieuse (voire exécrable) à la « monsieur Snowden », qui dévoile les notes confidentielles circulant dans les coulisses du palais à Lomé.
    Dans ces conditions, on doit plutôt préférer l’attitude de réserve et le silence des dirigeants de la BCEAO qui traduisent davantage une bonne hauteur de vue ainsi qu’un sens aiguisé de leurs responsabilités.
    Dr Donald Traoré.

  3. Dr. Urbain N'Dakon

    Réponse au Dr. Donald Traoré,

    Ce que ce ministre dit est une vérité tellement simple qu’on peut se demander pourquoi un Africain digne et conscient pourrait le lui reprocher. Il ne demande qu’une seule chose: Que nous prenions nos problèmes en main, que nous Africains, valorisions notre propre réflexion économique, que nous soyons fiers de ce que nous sommes et que nous menions une politique économique intelligente et conforme aux aspirations noramales des populations africaines. Evidemment, ce qu’il dit est terriblement dangeureux pour la France et les Africains gardiens scrupuleux des intérêts francais en Afrique, et c’est certain que ceux-là finiront par « avoir sa peau » (car ils sont très puissants), comme ils ont toujours eu la peau des Africains qui plaident pour que l’intelligence africaine produise les solutions aux problèmes africains. Il ne s’agit donc pas de coups de gueule, mais plutôt de coups de coeur…Je trouve même que des prises de positions pareilles de personnalités africaines honnêtes sont celles qui peuvent amener à un véritable changement dans le sens d’une vraie indépendance économique de l’Afrique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *