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G. Bailhache : « montrer une image protéiforme de la femme africaine du 21ème siècle »

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Le 31 juillet, la communauté internationale célèbre la femme africaine. Sur le continent et dans la diaspora africaine, des initiatives se multiplient pour mettre en valeur la femme africaine. Africa Top Success a rencontré Grace Bailhache ; la coordinatrice du portail web journeefemmeafricaine.com.  Cette passionnée du web et son équipe se sont engagées dans une ambitieuse aventure ; faire connaitre la journée internationale de la femme  africaine dans l’univers du digital. Elle s’est confiée à nous dans une interview exclusive.

–              Racontez-nous le début de l’aventure «Journeefemmeafricaine»

J’ai découvert l’existence de la Journée Internationale de la Femme Africaine en juillet 2014, j’ai commencé par proposer un article interlope accompagné d’une vidéo sur mon blog professionnel  en invitant six femmes digitales à partager leurs créations, leurs visions et leurs espoirs pour les femmes africaines. Ce sont les feedbacks et le désir manifestés par d’autres de participer à cette aventure, qui m’ont incité à mettre en lumière des femmes africaines stimulantes sur un site dédié en mai 2015 avec Caroline Kiminou illustratrice et Aurore Foukissa chef de projet.

–              Que proposez-vous aux lecteurs de votre plate-forme web?

Nous proposons aux lecteurs de les informer sur l’actualité des femmes africaines autour de la JIFA mais pas que, de les inspirer en leur présentant des femmes africaines dont ils ne soupçonnaient pas l’existence et qui pourraient changer leurs vies.  Notez bien que, cette contribution digitale à Journée Internationale de la Femme Africaine est de par sa nature «saisonnière», donc les visiteurs n’y trouveront pas la même page d’accueil, selon qu’ils arrivent pendant les célébrations ou «hors saison». Ceci étant dit, le fond demeure le même, nous donnons à voir une image protéiforme de la femme africaine du 21 ème siècle, c’est pour cela que notre slogan parle des 1001 visages.

Cela se fait à travers plusieurs rubriques, ainsi les reines de cœur est une catégorie qui permet à des femmes d’élire d’autres femmes qu’elles admirent, qui entreprennent dans des domaines divers et ne font pas pour autant la une des journaux. Le segment de la galerie des femmes inspirantes, participe du même principe à ceci près, que là sont évoquées également quelques femmes «célèbres». La rubrique des Combats solidaires nous permet de parler de causes féminines qui nous tiennent à cœur, la playlist ou compilation musicale en «bon français» offre la possibilité aux visiteurs de découvrir des voix africaines féminines autant que de retrouver des artistes bien connues.

–              Pourquoi consacrer une journée à la femme africaine en 2016? Pensez-vous que les droits des femmes ne sont pas assez respectés en Afrique?

Je crois à la sagesse traditionnelle qui dit que pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient. Autre temps, autre contexte, autres motivations mais même combat dans le fond. En 1962, la députée malienne Aoua Keita et d’autres femmes se réunissent  à Dar ES Salam en Tanzanie pour «la Conférence des Femmes Africaines » qui donna naissance justement  le 31 juillet 1962 à l’organisation féminine continentale africaine (Organisation panafricaine des Femmes depuis 1974).

A cette époque, nous sommes en pleine lutte pour l’émancipation du continent africain, et ses femmes qui militaient aussi, ne voulaient pas leurs conditions spécifiques passent à la trappe. Aoua Keita a participé à l’élaboration de la constitution et au code de la famille. Force est de constater en 2016 que si la condition des jeunes filles et des femmes sur le continent africain est meilleure que par le passé, (toute proportion gardée puisque l’Afrique n’est pas un pays et qu’il faut tenir compte des particularités et des traditions de chacun), il n’en demeure pas moins que les filles et les femmes sont toujours les premières victimes des nombreux conflits que vit le continent.

Depuis une décennie au Kivu des femmes sont violées dans l’indifférence générale, des jeunes filles sont enlevées au Mali, au Ghana, au Cameroun et je ne parle là que des droits bafoués qui ont été médiatisés, le temps que les journaux en fassent leurs choux gras. On pourra parler aussi des mariages des mineures, à ce propos j’ai échangé dernièrement avec une juriste qui a créé une association justement pour accompagner ses femmes, dommage ce contact est vraiment récent, et, nous en reparlerons très prochainement sur le blog de la contribution.  Donc oui, en 2016 il est important qu’une telle journée existe, d’une part pour que chaque combat et ils sont nombreux puissent être rappelés aux bons souvenirs des uns et des autres, et, d’autre part, et là, je ne parle plus uniquement du continent africain, parce qu’il s’agit bien de la journée INTERNATIONALE, c’est capital que les africaines et afro-descendantes puissent célébrer d’autres images de la femme africaine. C’est également un combat que celui de ne pas être cantonner à une seule représentation.

–              Comment célébrez-vous l’édition 2016 de la journée du 31 juillet?

Avant toute chose, notez que pour l’édition 2016, je suis entourée d’une équipe composée des blogueuses Rosita Sambu Buffa, (Rosafricamakeup) Aidel Bonsengé Ebendé (Aidelyture on the go), Célia Nlem-zé (Mood de Luna) , des assistantes Kiminou Caroline et Mawuli Douglas, et des collaborateurs blogueurs Benjamin Yobouet  (Pigistalement Votre), Anthony Mouyoungui (Mon regard) et Guillaume Sénamé Djondo (La plume parlante). Donc, ensemble et sur le thème « Des racines et des ailes», depuis le 18 juillet et jusqu’au 18 août 2016, nous mettons les femmes africaines à l’honneur indépendamment du continent où elles se trouvent. Inspiratrices d’hier, d’aujourd’hui et de demain, francophones, anglophones, italophones et lusophones, elles sont présentes  sur le blog à travers des articles publiés trois fois par semaine, sur les réseaux sociaux par une animation au quotidien sur Facebook, Twitter, Google plus et Instagram. Quelques vidéos seront également proposées sur You Tube.

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–              Partagez avec nous  vos défis 

Ouille! Vous avez un éditeur à me proposer? Parce que c’est tout un roman qu’il faudrait pour parler des défis. SouRIRES! Si je ne devais en choisir qu’un, je dirais LE TEMPS, parce que je ne peux savoir à l’avance, si j’en aurais et de combien je disposerais. Cela mis à part, je considère que pour la JIFA, il y’a 3 principaux défis: le temps, les personnes et l’argent. Le temps, parce qu’il faut en dégager pour coordonner une contribution sur internet surtout avec un événement méconnu du plus grand nombre, qui fait appel à des tiers bénévolement et qui semble à priori ne concerner qu’une portion de la population. Les personnes, parce qu’il faut les contacter, les convaincre donc expliquer puis démontrer, les mobiliser, les relancer, et coordonner leurs interventions. L’argent parce que pour l’instant, il sort exclusivement de ma poche, et, que je ne suis pas encore «la reine Midas». SouRIRES! Je travaille aux solutions à apporter à ces trois défis.

–              Bientôt deux ans  d’engagement pour faire connaître ces femmes de valeur du continent. Quel bilan faites-vous?

Beaucoup, beaucoup, beaucoup de surprises. Je reste positive parce que les bonnes l’emportent sur les mauvaises. Ce qui me réjouis et m’encourage de plus belle, ce sont les retours croissants de jeunes filles du continent ou/et de la Diaspora qui désormais épluchent régulièrement le site et le blog en quête de nouveaux modèles. Leurs étonnements de découvrir des femmes comme Angèle Diabang  m’a conforté dans l’idée, qu’il y’a un réel besoin de mettre en lumière davantage de profils, auxquelles elles puissent s’identifier avec fierté tout en disant «c’est possible pour moi aussi, elle vient d’ici».   Pour le versant moins réjouissant, je note un fort attentisme, une grande défiance, un amateurisme qui ne dit pas son nom, et peu d’entrain à valoriser le talent des autres africains. SIC!   Dieu merci, comme je le disais précédemment, la balance de mon bilan penche vers le haut, chaque année la contribution s’enrichit de sympathisants, et, j’espère que l’Univers me prêtera vie afin, nous fassions encore mieux avec une édition 2017.

Merci encore pour votre intérêt à l’endroit de la contribution digitale à la Journée Internationale de la Femme Africaine, et, pour cette opportunité que vous nous offrez de partager cette expérience avec les lecteurs de Top Africa Success.

Teaser 2016

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2 Comments

  1. Merci beaucoup d’avoir fait une place à la contribution. Bravo pour ce site qui met en avant ce que le continent compte de positif et d’innovant.

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