A la Une, Burkina Faso, Politique

Burkina Faso : Le mouvement « Balai citoyen » est-t-il guidé par des mains noires ?

Balai CitoyenLe mouvement « Balai citoyen », une organisation de la société civile (OSC) burkinabè, a joué un rôle crucial lors de l’insurrection ayant permis au Burkina-Faso de tourner la page suite à la déchéance de l’ancien président Blaise Compaoré. Selon certains observateurs, c’est une grande réussite et un bel exemple démocratique pour les autres pays de la sous-région.

Alors, quel est le secret d’une telle prouesse, quand on sait qu’en Afrique, les 0SC sont de nos jours fragilisées par des intérêts partisans et des guerres intestines.

A en croire Me Guy Kam, le porte-parole du « Balai citoyen » et activiste de la société civile, c’est une question d’organisation.

« Ce qui fait notre force au niveau du Balai citoyen, c’est que nous avons de grands intellectuels, les artistes, les étudiants, les gens du secteur informel et nous fonctionnons sur une base qui permet à tout le monde de pouvoir discuter », a-t-il souligné dans un entretien avec nos confrères en ligne « L’Evènement Précis ».

« Notre combat au niveau du Balai citoyen n’a jamais été un combat de personnes. Mais un combat de principes, de respects des règles de gouvernance. Et ce pays a des règles bien faites, il ne manque que des volontés politiques pour les mettre en œuvre », ajoute Me Kam.

La force du Balai Citoyen résulte également de l’inspiration qu’ont ses membres des illustres personnages comme les anciens présidents Nelson Mandela de l’Afrique du Sud et Kwamé N’Krumah du Ghana.

« Nous nous inspirons de la pensée politique de ceux-là. Les politiciens parlent aujourd’hui de l’idéologie marxiste, libérale et bien d’autres. Nous avons des africains qui ont pensé aussi au développement. Nelson Mandela et Kwamé N’Krumah sont pour tout africain, des références morales parce qu’ils sont des valeurs de tolérance, de citoyenneté, de non-violence qui ont été prônés par ces personnes que nous essayons d’inculquer à nos jeunes et militants », soutient l’Avocat d’Affaires.

A la question de savoir s’ils n’attendent pas de récompense après leur contribution à l’instauration d’un climat de paix et la démocratie au pays des hommes intègres ? Le porte-parole répond par le négatif.

« Notre principale récompense sera l’instauration d’une bonne gouvernance dans ce pays. Nous disons que le combat vise à donner le droit aux burkinabé de rêver. Il faut que le gardien puisse rêver que demain il sera ingénieur », a-t-il affirmé.

Réagissant sur les allégations selon lesquelles il y aurait des mains invisibles qui accompagnent Balai citoyen, le porte-parole rejette une telle éventualité, en expliquant que leur mouvement est composé de « gens engagés ».

« Tout ce qui se passe vient de la contribution volontaire des membres du mouvement. Ce qui facilite les choses. Par exemple, nous pouvons organiser un concert à zéro franc parce que les artistes ont la sonorisation, la prestation et là où les partis politiques vont mettre quinze millions, nous l’organisons à zéro franc. Chacun apporte ce qu’il peut faire et ça fonctionne », a-t-il fait savoir.

« La réalité, c’est qu’il n’y a pas de mains invisibles et d’ailleurs, nous l’avons dit, personne ne nous demandait où on gagnait l’argent pour organiser des manifestations lors de l’insurrection. Mais la question est survenue après l’insurrection. On n’est financé par personne. On s’engage et je peux vous assurer que ça coûte à beaucoup de militants des ressources propres. Chacun apporte ce qu’il peut. Compte tenu de ma situation, j’apporte beaucoup plus que d’autres personnes. C’est par conviction », ajoute Me Guy Kam.

L’activiste a saisi l’occasion pour inviter les chefs d’Etat africains à faire preuve de patriotisme pour le bonheur de leur peuple et le développement de l’Afrique.

A lire aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *