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Nigeria : Le couple présidentiel à couteaux tirés !

Buhari's InaugurationLa Première dame nigériane Aisha Buhari était la plus heureuse le 31 mars 2015 après l’annonce de la victoire de son époux Muhammadu Buhari, aux élections présidentielles. Et c’est par une pluie de tweets qu’elle a manifesté son bonheur à la face du monde.

Mais plus d’un an après, et après 27 bonnes années de vie commune, les choses entre elle et son mari Président semblent prendre une autre allure. Le couple présidentiel a du mal à s’accorder sur des questions d’ordre politique. Les deux multiplient des déclarations par médias interposés.  Et à chaque occasion, c’est des positions contradictoires qu’ils expriment, et qui choquent l’opinion nationale qu’internationale.

« J’ai décidé en tant qu’épouse que si les choses continuaient ainsi d’ici 2019, je ne l’accompagnerai pas dans sa campagne et je ne demanderai à aucune femme de voter pour lui comme j’ai pu le faire par le passé. Je ne le ferai plus jamais d’ailleurs », a déclaré en substance la Première dame nigériane, vendredi dans un entretien à  BBC.

Mme Buhari soutient que de hauts responsables nommés par son mari n’avaient pas de mission, de vision de ce qu’il faut faire pour le Nigeria. Et d’ajouter que Muhammadu Buhari aurait partiellement perdu sa mainmise  sur le pouvoir central.

« Le Président ne connaît que 45 ou 50% des gens qu’il a nommés. Et je ne les connais pas non plus, bien que je sois sa femme depuis 27 ans. Si ça continue comme ça, je ne ferai pas parti d’un mouvement pour sa réélection», a-t-elle fait savoir.

Ces déclarations montrent à suffisance que la Première dame a une forte implication dans la politique nigériane, l’on pourrait même penser que c’est elle qui est aux commandes du pays.

Réponse du berger à la bergère, la réaction du Chef de l’Etat ne s’est pas fait attendre. C’est depuis Berlin chez la chancelière Angela Merkel, que  Muhammadu Buhari a répondu aux critiques de sa femme.

« Sa place est à la cuisine, dans le salon et l’autre chambre », a-t-il lancé à l’endroit de Aisha Buhari. « J’espère que ma femme se souvient que j’ai été (candidat) trois fois (à la présidence), et c’est à la quatrième que j’ai réussi (…) je revendique des connaissances supérieures aux siennes et à celles du reste de l’opposition car j’ai gagné », a-t-il ajouté.

Inutile de souligner que le président nigérian est critiqué depuis son avènement au pouvoir pour sa politique économique, le pays ayant plongé dans la récession fin août après deux trimestres consécutifs de croissance négative marqués par des attaques sur ses installations pétrolières, la chute des cours de l’or noir, une inflation galopante et des taux d’investissements étrangers historiquement bas.

 

 

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