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Burundi: Un recensement des fonctionnaires qui fait peur !

recenssementA la demande du Sénat, un recensement général s’impose au Burundi afin de mettre à jour les effectifs dans la fonction publique. Et c’est tout à fait normal. Seulement, cela suscite méfiance et peur compte tenu de la nature du formulaire à remplir.

Il est demandé aux fonctionnaires de mentionner leur nom, prénom, âge, sexe, et de préciser leur appartenance ethnique et régionale.

« L’enquête commanditée par le Sénat concerne les agents de l’administration publique et n’a rien d’illégal », affirme le Sénat, une institution habilitée à vérifier les équilibres ethniques.

En dépit des raisons avancées par les autorités burundaises, qu’il s’agit d’une mesure autorisée par la Constitution, d’aucuns y voient un leurre en émettant des doutes sur le caractère légal de ce recensement.
Pour certains, les résultats vont servir à des fins non avouées.

Et pour d’autres, cela pourrait servir à engager une « chasse à l’homme » même si le Sénat soutient le contraire.

Dans le contexte politique actuel, nombre de fonctionnaires burundais craignent de perdre leurs postes dans l’administration publique.

Léonce Ngendakumana, l’un des leaders de l’opposition, émet également des craintes à ce sujet. A l’en croire, ce recensement risque de « rompre les équilibres ethniques du pays ».

« Le recensement peut être utilisé pour chasser les fonctionnaires qui ont déjà acquis de l’expérience au profit de nouveaux fonctionnaires, en disant que telle ethnie est majoritaire », prévient-il.

A noter que les accords d’Arusha, qui fondent la Constitution en vigueur au Burundi, stipulent que l’effectif des forces de sécurité doit être constitué de « 50 % de Tutsis et de 50 % de Hutus ».

Ils établissent un quota de 60 % de Hutus et de 40 % de Tutsis dans les entreprises publiques.

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