Ghana, Politique

Ghana : Une fausse ambassade délivrait de « vrais visas » américains

View of the US flag raised over the US Embassy building in Havana on August 14, 2015, during US Secretary of State John Kerry's (out of frame) visit. The Marine guard of the newly reopened US embassy in Cuba raised the flag over the building Friday for the first time in 54 years, marking the end of the countries' Cold War standoff. AFP PHOTO/STR

Dix ans, voilà le temps qu’il a fallu aux autorités ghanéennes pour découvrir les activités frauduleuses d’une fausse ambassade des Etats-Unis à Accra, la capitale.

Dans un communiqué du département d’Etat américain, il ressort qu’un réseau criminel y délivrait des « visas authentiques », mais obtenus illégalement.

Derrière cette arnaque de grande ampleur, souligne le communiqué, « des individus appartenant au crime organisé ghanéen et turc, et un avocat ghanéen au fait du Code pénal et de la législation sur l’immigration ».
A signaler que l’ambassade fantoche menait ses activités dans un bâtiment rose passablement délabré, sur lequel flottait un drapeau américain. A l’intérieur était accroché un portrait du président Barack Obama. Le service des visas ouvrait au public trois matins par semaine, uniquement sur rendez-vous.

La véritable ambassade des Etats-Unis se trouve, elle, à l’intérieur d’un complexe bien gardé situé à Cantonments, l’un des quartiers les plus chics de la capitale.

Des Turcs parlant anglais et néerlandais se faisaient passer pour des agents consulaires. Au cours de l’enquête, les autorités ont découvert qu’une fausse ambassade des Pays-Bas a également été ouverte.

Le gang délivrait des visas américains authentiques mais obtenus frauduleusement, ainsi que de faux papiers d’identité, dont des extraits de naissance, au prix de 6 000 dollars pièce (5 640 euros).

Au cours des perquisitions, qui ont débouché sur plusieurs arrestations, les autorités ont saisi de faux visas indiens, sud-africains mais aussi de pays de l’espace Schengen, et 150 passeports de dix pays, de même qu’un ordinateur portable et des smart phones.

Le département d’Etat ne dit pas comment le gang s’était procuré de vrais visas américains, vierges. Il ne précise pas non plus combien de personnes ont pu pénétrer illégalement aux Etats-Unis et dans d’autres pays en recourant à des visas délivrés par ce gang, qui distribuait des pots-de-vin pour pouvoir opérer en toute impunité.

Les autorités américaines ont été averties du subterfuge par un renseignement et ont réuni des détectives, dont des inspecteurs de police ghanéens, pour démanteler le réseau criminel.

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