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Gabon: Des opposants appellent au boycott de la CAN 2017

CAN GabonL’épée de Damoclès continuerait de planer sur la tenue de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2017) au Gabon. Au moment où la CAF rassure que la fête du football continentale  se tiendra bel et bien au Gabon, des voix s’élèvent pour demander sa délocalisation.

Le 15 décembre, voilà l’ultimatum accordé à la CAF  par les promoteurs de la campagne « Tournons la page », qui s’insurgent contre le maintien de la compétition au Gabon, « après les violences postélectorales d’aout-septembre ayant marqué la réélection d’Ali Bongo ». Les promoteurs du mouvement sont l’opposant gabonais Marc Ona Essangui et le Français Laurent Duarte.

En cas de non réponse de la CAF jusqu’à la date indiquée, les deux animateurs de la campagne menacent d’appeler au boycott de la CAN prévue du 14 janvier au 5 février 2017. Ils ont exprimé leur position dans une déclaration rendue publique le 3 décembre 2016, dont la rédaction d’Africa Top Success a obtenu copie.

Ces opposants ont par ailleurs appelé les sponsors de l’événement dont le pétrolier français Total, Samsung, Pepsi et Adidas, à contester la tenue de la CAN au Gabon et à annuler leurs contrats.

« La répression sanguinaire contre le peuple et l’instabilité actuelle du pays imposent de transférer l’organisation de l’évènement sportif majeur du continent vers un autre pays », soutiennent-ils.

Les deux hommes s’en réfèrent ainsi aux textes de la FIFA dont la CAF est membre, notamment le premier article dans lequel la FIFA s’engage à « respecter tous les droits de l’homme internationalement reconnus et elle mettra tout en œuvre pour promouvoir la protection de ces droits ».

Leur mot d’ordre pourrait-il aboutir ? C’est la grosse interrogation, puisque la CAF a précisé le 23 novembre dernier qu’il n’a jamais été question de trouver un pays de substitution.

Voici l’intégralité de la déclaration

La Coupe d’Afrique des Nations ne peut pas se dérouler au Gabon !

La 32e édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), compétition internationale de football organisée par la Confédération Africaine de Football (CAF) sous égide la FIFA, est prévue du 14 janvier au 5 février 2017 au Gabon. Les quatre villes organisatrices : Libreville, Franceville, Port-Gentil et Oyem, sont celles qui ont connu la plus forte contestation suite à la frauduleuse proclamation d’Ali Bongo Odimba comme président, le 31 août 2016. La répression sanguinaire contre le peuple et l’instabilité actuelle du pays imposent de transférer l’organisation de l’évènement sportif majeur du continent vers un autre pays.

Nous demandons à la CAF, membre de la FIFA, ainsi que son président Monsieur Issa Hayatou de respecter le premier article des statuts de l’association coordinatrice du football international qui l’engage « à respecter tous les droits de l’homme internationalement reconnus et elle mettra tout en œuvre pour promouvoir la protection de ces droits« . Organiser la CAN au Gabon, où plus de 80% de la population n’a connu qu’une seule famille au pouvoir et où la répression militaire a causé plusieurs dizaines de morts en quelques jours et disparus, constituerait une violation flagrante de cette disposition.

Même si la tendance de la FIFA d’organiser ses évènements-phares sous des régimes autoritaires ou dictatoriaux est tenace, nous souhaitons croire qu’elle peut cette fois agir en accord avec ses propres principes.

Si le désir de respecter les droits inaliénables des Gabonais ne suffit pas à faire changer d’avis la FIFA et la CAF, l’atteinte à la sécurité des équipes et des joueurs est un facteur qu’elle ne saurait oublier quand un peuple est meurtrie par la haine d’un régime totalitaire. En effet, la Coupe d’Afrique des Nations a connu un précédent historique terrible : l’attaque armée meurtrière contre l’équipe du Togo à Cabinda (Angola) en 2010. Les stars du football et leurs clubs prendront-ils le risque de revivre une telle situation dans quelques mois ?

Nous en appelons enfin aux différents sponsors de la Coupe d’Afrique des Nations. Quelles retombées sur leurs activités en Afrique, comme ailleurs, si la CAN s’avère être un échec ? L’entreprise Total, qui donnera son nom à la compétition, continuera-t-elle encore longtemps à faire fi du sort des populations au profit de son avidité pour l’or noir ? Le peuple Gabonais et plus largement tous les citoyens conscients du drame qui se joue pardonnera-t-il à Adidas, Pepsi ou Samsung leur soutien à un évènement commandé par le président qui musèle, oppresse et martyrise ce même peuple ?

La confédération africaine de Football peut encore faire du football international autre chose qu’une kermesse publicitaire et apporter un soutien clair aux Gabonais qui rêve d’un avenir politique nouveau.

Nous, ONG, association gabonaises de la diaspora, syndicats divers, appelons d’une voix commune Monsieur Issa HAYATOU à prendre des dispositions urgentes dans les plus brefs délais afin de transférer l’organisation de la 32e CAN vers un autre pays plus stables.

Sans réponse effective à la date du 15 décembre inclus, nous appellerons les populations au boycott et au sabotage de cette CAN au préjudice de toutes les parties prenantes engagées dans l’organisation dudit événement et du président HAYATOU en personne.

 

  • Pour la campagne Tournons la page

Laurent Duarte et Marc Ona Essangui

  • Pour AAMVD (Agir Aujourd’hui pour Mieux Vivre Demain)

Serge DIBANGOU YANGARI

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