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Côte d’Ivoire: le remboursement des souscripteurs de l’agrobusiness a commencé

agro busEn Côte d’Ivoire, les remboursements des souscriptions dans le secteur de l’agrobusiness ont démarré hier. Cette affaire secoue le pays depuis plusieurs mois. Près de 40 000 Ivoiriens ont investi dans des entreprises du secteur qui promettaient des retours sur investissement faramineux. Mi-janvier, la justice ivoirienne a gelé les comptes de ces sociétés. Elle les soupçonne d’avoir monté une arnaque financière : les investisseurs seraient rémunérés avec les souscriptions des nouveaux venus.

C’est sur un site internet, créé pour l’occasion, qu’est affichée la liste des souscripteurs éligibles au remboursement. « Tous les souscripteurs se sont fait enregistrer, explique Bruno Koné, porte-parole du gouvernement ivoirien. Le comité a eu accès aux données des banques et à celles saisies chez les sociétés d’agrobusiness pour établir une liste fiable. Ensuite, les remboursements se feront sur la base des sommes aujourd’hui retrouvées sur les comptes des sociétés fermées. Tous ceux qui ont souscrit seront au moins partiellement remboursés. »

Mais ce processus ne satisfait pas les investisseurs. Pour Olivier Silué, secrétaire général de l’ASM, l’Association des souscripteurs de Monhévéa.com, 60 % d’entre eux ne rentrent pas dans les critères du gouvernement. « Ceux qui ont déjà reçu des retours sur investissements, ceux qui ont pris des kits plantés et ceux qui ont réalisé des déductions en fonction des modalités de paiement, ne seront pas remboursés. Il y a également des gens qui ont payé les souscriptions, mais qui n’ont pas pu récupérer leurs contrats du fait de la fermeture des sociétés. Ces personnes-là sont d’office exclues du processus de remboursement. »

Eviter la catastrophe

Plus de 100 milliards de francs CFA (150 millions d’euros) devraient être remboursés. Une somme insuffisante pour l’ASM. « Nous demandons le dégel pur et simple des comptes, poursuit Olivier Silué, que la justice libère les différents responsables afin de leur permettre de nous payer nos dus et que l’Etat puisse légiférer sur la question pour permettre à ces entreprises d’avoir un cadre beaucoup plus légal. Comment ces sociétés ont pu exercer pendant si longtemps et qu’aujourd’hui on vienne nous dire que c’est une arnaque? Si c’est le cas, qu’on nous en donne la preuve et que l’on permette à ces entreprises de nous payer en fonction du contrat de droit privé que nous avons passé avec elles. »

Quant au gouvernement, il espère tourner la page de cette affaire et estime avoir évité une véritable catastrophe financière. « Nous encourageons les Ivoiriens à investir dans l’agriculture, à aller travailler la terre, mais par eux-mêmes, soutient Bruno Koné. Certaines personnes se sont cachées derrière cette activité qui est noble, pour faire des opérations illégales. Le gouvernement a fait sa part. Il a fait en sorte de protéger l’épargne de sa population et d’éviter que ce qui a été fait ne soit plus grave. »

D’après le gouvernement, plus de 65 000 contrats de souscription ont été déposés, lors de l’enregistrement des demandes de remboursement.

Source: www.rfi.fr

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