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Cote d’Ivoire: « l’humour pour un retour aux valeurs civiques, morales »

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A quelques jours de son 1er One-man-show intitulé « Moi monsieur !», le 30 avril au Palais de la culture, l’une des figures montantes du stand-up ivoirien se livre et livre un regard sur son art et sur la société.

Nous sommes à quelques jours du premier grand « One-man-show »que vous organisez à Abidjan. Cela, une semaine après la célébration de la fête pascale. Ne pensez-vous pas que le 30 avril au Palais de la culture de Treichville, convier le public à un spectacle, un week-end à peine après ce rendez-vous d’envergure, n’est-il pasun peu risqué ?

Non, je ne le pense pas, bien au contraire ! Convier la population abidjanaise à un spectacle, après les festivités pascales n’est pas risqué, quant à son intérêt pour l’humour, maintes fois réaffirmé. Parce qu’après avoir reçu toutes les grâces divines à Pâques, nous sommes aptes à monter sur scène pour produire un spectacle de qualité. Et ce, en prélude à la fête du travail, le lendemain du show, le 1er mai.

« Moi monsieur ! », un titre évocateur qui amène tout le monde à se souvenir des moments d’apprentissage à l’école, d’emblée. Qu’est-ce que renferme ce titre de votre one-man-show, concrètement ?

« Moi monsieur », était la réponse qu’on donnait aux maitres, quand on maîtrisait une question posée. Et comme je maîtrise le sujet de l’école, parce que j’y étais avec un chapelet d’anecdotes, que je veux partager avec le public. C’est pourquoi, je me lance dans ce pari, celui de faire rire tous et chacun, que je maîtrise bien, à travers ce spectacle, le premier d’envergure que j’ai monté et préparé des mois durant. Et qui permettra à tous de se retrouver autour du sujet de l’éducation, pendant une soirée de pur humour. Qui dit école, dit bonne formation. Et être à la place qu’on occupe dans la vie active aujourd’hui, est, sans conteste, à mettre au compte de notre parcours scolaire.

En parlant de parcours scolaire, on évoque, à tort ou à raison, beaucoup de griefs contre le système éducatif. Aussi bien du côté des formateurs que des apprenants. Les uns comme les autres préférant s’accrocher à d’autres rêves de réussite par des moyens peu cartésiens et orthodoxes, plus tôt que de se concentrer sur leurs études et la quête d’excellence. Est-ce que Joël est prêt à critiquer les failles éventuelles qui existent au niveau du système éducatif scolaire ?Moi, ce que je fais, c’est un retour aux valeurs civiques, morales et intellectuelles qu’incarnaient l’école et qui devraient demeurer comme des valeurs sacro-saintes. Il faudrait qu’aujourd’hui parle avec hier, pour qu’ensemble ils aillent voir demain. Si aujourd’hui ne sait pas qu’il y’a eu hier, demain sera vraiment incertain. Tout simplement parce que nous ne regardons pas beaucoup dans le rétroviseur. C’est pourquoi nous commettons beaucoup d’erreurs. Nous, la génération actuelle et antérieure, estimons que nous avons été à la bonne école. Nous avons respecté nos instituteurs. Parce qu’ils étaient pour nous des dieux. C’est en les considérant comme tels, qu’ils feront véritablement leur travail, afin que les enfants apprennent correctement. Et, eux en retour, sûrs de leur science, sauront la transmettre avec efficience.

Quelle est la cible privilégiée de ce spectacle ?

Le cœur de cible, c’est la famille. Au sein d’une famille on y trouve les parents et les enfants. Chacun d’eux trouvera sa place dans le spectacle. Et les moins jeunes diront : « Ah, à cette époque-là on les chicotait ? Nous, on ne nous chicotte pas ». Mais, ils comprendront que quand il y’a une pression, les choses avancent. Les jeunes ont des lacunes qui nous dépassent. Et pourtant ils ont Internet.

Qui est Joël à l’état civil et quel est, justement, votre parcours ?

Je suis Joël-Éric N’Gadi, à l’état civil. J’ai fait mon cycle primaire à l’Epp Cité des arts à Abidjan-Cocody. Après l’obtention du Cepe, j’ai été orienté au Collège moderne du Plateau. Puis, au second cycle, au Lycée des garçons de Bingerville ou j’ai obtenu mon Bac en 2004. Je suis aujourd’hui ingénieur en audit et contrôle de gestion. Imitateur depuis mon jeune âge, je suis un artiste dans l’âme. Mon côté intello et mon dévouement pour mes études ne m’ont pas empêché de concrétiser mon amour pour l’art. justement, anecdote pour anecdote, l’art, l’humour, précisément, m’a permis de payer mes études supérieures et permis de me responsabiliser tout en ôtant quelques charges aux parents.Nous savons les textes de Joël d’une certaine pertinence. Joël est, tout aussi, un maitre de cérémonie, un grand vocaliste reconnu pour sa maestria en matière de chant d’opéra.

Est-ce que nous pouvons savoir ce que sera la trame actancielle de « Moi monsieur » et en combien de temps va durer ce One-man-show ?

Le One-man-show a été écrit pour 1 heure 40 minutes. Dans cette pièce, les spectateurs, et mes fans verront de l’humour comme ils l’aiment et de la chanson comme ils en en voient et en entendent rarement ou, plutôt, en rêvent. Nous allons rigoler ensemble dans la chanson.

Donc attendez-vous à quelque de bien élaboré pour votre plaisir.

En même temps que cela peut montrer la performance artistique d’un humoriste dans le stand-up en étant seul sur la scène, en même temps les gens se posent des questions. Nous avons vu Joël dans des prestations, notamment l’émission annuelle de la Radiodiffusion télévision ivoirienne « Bonjour » où plusieurs humoristes se succèdent sur le podium.

Un « One man show », c’est un défi que se donne Joël. Joël n’a-t-il pas peur ?

La peur est toujours présente. Douk Saga n’a-t-il pas dit : « Celui qui n’a pas peur, n’a pas le courage » ? C’est parce que nous avons le courage que nous avons peur aujourd’hui. Donc j’ai peur, j’ai toujours peur. Et chaque fois que je monte sur scène, j’ai peur. Parce que ce spectacle que j’ai écrit, est un monologue. Certes, bien articulé, mais écrit pour moi et par moi, pour échanger avec le public.

De manière générale, aujourd’hui, si Joël doit lancer un regard sur l’humour en Côte d’Ivoire, où se place-t-il dans la cartographie des humoristes ivoiriens ?

Dans la cartographie des humoristes ivoiriens, je fais partie de la nouvelle génération. Elle fait monter l’humour en puissance. Nous avons nos devanciers qui ont jeté les bases de l’humour. Et nous en bénéficions des fruits par eux semés. Nous ne faisons qu’ajouter des écritures qui respectent les normes internationales. Car les influences internationales, notamment européennes et américaines, nous ont permis d’élaborer, ce que nous allons avec fierté vous présenter le 30 avril.

En tant qu’acteur et observateur averti du monde de l’humour, pouvez-vous dire aujourd’hui que l’humour ivoirien qui sous les feux de la rampe, a atteint son apogée ?

« Abidjan, capitale du rire ». Ne serait-ce que pour reprendre le concept de Mamane, entre autres, traduit, à bon escient, cette dynamique de l’humour ivoirien. Et tout le monde est unanime sur le fait que la Côte d’Ivoire fait rire le monde. Nous n’avons, certes, pas d’écriture pareille à celle des autres pays, mais nous rions facilement ici. C’est cette manière de rire qui est facilement exploitable aujourd’hui. Et tout le monde se reconnaît, ici et ailleurs, dans notre humour. Quand les Ivoiriens sont dans une prestation, télévisée notamment, en humour, ils sont bien suivis. Partout en Afrique, ainsi que dans les diasporas a africaines de par le monde. Et, bien évidemment, les Occidentaux, ainsi que les Asiatiques ont été contaminés.

Joël estime-t-il, aujourd’hui que la donne de l’humour, c’est rire pour faire rire ou rire pour soigner éventuellement les maux dont souffre la société ?

Au départ, c’était rire pour faire rire. Mais, médicalement, il est prouvé que le rire est thérapeutique. Nous participons beaucoup à la guérison des malades à travers notre humour. Même dans l’éducation des personnes. Donc nous pouvons affirmer que l’humour contribue à l’avancée de la société. Nous résumons pour dire que lors de ce spectacle, nos fans découvriront les innovations de Joël. Ils vont rire abondamment. Parce que cette pièce est très plaisante. Venez voir le 30 avril, un spectacle inédit. A la fin, nous allons en tirer beaucoup de joies et de leçons. En clair, ce spectacle sera très éducatif.

Source:abidjan.net

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