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Le nouvel atelier: focus sur la représentation de la femme noire

coiffureJusqu’au 28 août, la Fondation Louis Vuitton met les pleins phares sur la création contemporaine du continent avec Art/Afrique, Le Nouvel Atelier. A cette occasion, zoom sur ces artistes qui mettent la femme africaine au cœur de leur œuvre.

Le printemps africain bat son plein. Alors que l’exposition Afriques Capitales se poursuit jusqu’au 28 mai à la Grande Halle de la Villette et offre un pendant lillois avec Afriques Capitales Vers le cap de Bonne espérance, que l’opération Africa Now continue aux Galeries Lafayette et que l’Institut du Monde Arabe héberge les Trésors de l’Islam en Afrique, c’est au tour de la Fondation Louis Vuitton d’accueillir la création contemporaine africaine. Au programme, trois volets : la collection de de Jean Pigozzi, un focus sur la scène sud-africaine et la collection de la Fondation Louis Vuitton.

Les coiffures africaines signées J.D. Okhai Ojeikere

Le premier intitulé « Les Initiés » est réservé à la collection d’art contemporain africain de l’Italien Jean Pigozzi (1989-2009). Aux côtés de quelques grandes figures de la photo contemporaine, comme les portraitistes maliens Seydoux Keita et Malik Sidibé, deux contemporains pro du noir et blanc qu’on ne présente plus, le maître de la peinture colorée et bling, Chéri Samba (RDC), et ses toiles figuratives empreintes de satire sociale. Sans oublier les masques africains revisités version éco-lol et pop des Béninois Romuald Hazoumè et Calixte Dakpogan. En marge de ces noms bien connus du grand public, le photographe nigérian J.D. Okhai Ojeikere et sa série argentique dédiée aux coiffes africaines.

L’artiste passe en revue les coiffes ancestrales réhabilités par la jeunesse afrodescendante. A travers un travail documenté, on apprend les origines de quelques hairstyles allant des coiffures tissées « fro fro » (1970) aux versions modernes des coiffures traditionnelles kanuri des afrodescendantes de l’état de Borno, au nord du Nigeria (Modern Shangalti, 1968-1974), en passant par les coiffes de cérémonie ornées de bijoux et de peignes.L’œuvre afro-féministe de Zanele Muholi

Le second acte se concentre sur la scène contemporaine sud-africaine à travers un parcours baptisé « Etre-là ». D’un côté, des figures de référence comme Jane Alexander, David Goldblatt, William Kentridge, David Koloane et Sue Williamson qui bénéficient désor­mais d’une vraie reconnaissance internationale, et la génération née dans les années 1970 représentée par des personnalités incon­tournables telles que Nicholas Hlobo, Zanele Muholi et Moshekwa Langa.

Mais aussi le témoignage des « Born Free », cette génération postapartheid qui affirme ou revendique son identité sud-africaine à travers différents médiums. Parmi elle, le photographe Musa Nxumalo, héritier sud-africain de Malik Sidibé, parti capturer la vie nocturne des cool kids de Soweto.

Ou bien l’ « activiste visuelle » Zanele Muholi, basée à Joburg qui lève le voile, via une galerie de portraits, sur l’identité sexuelle des femmes dans le contexte sud-africain actuel. Avec sa série, elle donne de la visibilité à une communauté marginalisée et souvent agressée, notamment par la pratique du viol « correctif » qui prétend convertir les homosexuels à l’hétérosexualité. En photographiant plusieurs fois un même modèle à différentes périodes de sa vie, l’artiste cherche à comprendre ce que signifie être noire, lesbienne et femme aujourd’hui.L’archétype de la femme noire enrayé

Une artiste que l’on retrouve aussi dans la collection de la Fondation Louis Vuitton – troisième et dernier chapitre de l’exposition Art/Afrique, Le Nouvel Atelier – aux côtés d’artistes notoires tels que les Sud-Africains William Kentridge et David Goldblatt, ou du Sénégalais Omar Victor Diop. Dans cet espace, l’artiste militante se met en scène à travers une série d’autoportraits baptisée « Somnyama Ngonyama » (Salut à toi la lionne noire), arborant des coiffures et des accessoires qui renvoient aux stéréotypes de la féminité et de l’Afrique.Si l’exposition recense quelques grands noms de la scène contemporaine africaine à travers un prisme essentiellement masculin, elle a le mérite de réserver une petite place à une œuvre plus féministe, qui concentre son sujet sur la condition de la femme africaine. A voir !

Source:www.intothechic.com

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