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Journaliste en Libye, un enfer au quotidien

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Comment informer dans un pays en guerre ? C’est le défi quotidien des journalistes dans de nombreux pays, comme l’Irak, le Yémen, la Syrie, mais aussi la Libye. Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, le pays s’est de plus en plus divisé, et dans de nombreuses régions ses habitants vivent la guerre au quotidien. Tout comme les journalistes qui y exercent.

Dans le contexte de la guerre, il est toujours plus difficile pour les journalistes libyens de continuer à informer leurs concitoyens. Plusieurs d’entre eux témoignaient mercredi 3 mai à Tunis à l’occasion de la journée mondiale pour la liberté de la presse organisée par CFI.

Suleiman Al Baruni était reporter en Libye, pour la télévision. Il y a deux ans et demi, il a dû quitter son pays, et n’a toujours pas pu y retourner depuis. Pour lui, un journaliste ne peut plus être objectif en Libye aujourd’hui sans risquer sa vie : « J’étais menacé, j’ai été kidnappé. Je suis resté dans la prison d’une milice pendant six jours. Pourquoi ? Parce que j’étais présentateur à la télévision et que je couvrais l’actualité. Et le parti qui m’a enlevé n’était pas d’accord avec ce que je disais en direct à la télévision, donc, voilà, j’ai été kidnappé. » Suleiman Al Baruni travaille maintenant depuis l’Egypte, pour des médias libyens et étrangers.

Travailler sous anonymat

Malgré les risques, certains continuent à exercer leur métier depuis la Libye, comme Reem El Breki. Elle est rédactrice en chef d’Akhbar Libya, une agence de presse indépendante. Pour garantir la sécurité de ses journalistes, l’agence leur offre désormais l’anonymat s’ils le souhaitent : « Les correspondants qui travaillent avec nous et coopèrent avec notre agence, fournissent leurs informations non pas sous leur propre nom, mais au nom de l’agence de presse, pour des raisons de sécurité », renseigne-t-elle.

Lors de l’occupation de la ville de Syrte par l’organisation terroriste Etat islamique, l’un de ces correspondants a dû cesser complètement de travailler avec eux, malgré l’anonymat. Il avait trop peur pour sa sécurité. Dans le classement 2017 de la liberté de la presse, établi par Reporters sans frontières, la Libye est classée 163e sur 180 pays.

Source:www.rfi.fr

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