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Aimé Léma: le premier et le seul entraîneur noir de football de Roumanie

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Cet entraîneur congolais, réfugié politique en Roumanie, défend un football propre et tolérant. A une heure d’un derby important, Aimé Léma prend le temps de dérouler son histoire à la buvette du stade. Survêtement bleu-jaune-rouge, casquette vissée sur la tête, téléphone à portée de main, il s’interrompt pour répondre. Sa sonnerie du moment est le refrain de Dragostea din tei, la chanson qui a fait connaître le groupe moldave O-Zone. Ses joueurs arrivent au compte-gouttes.

Parmi eux, des Roumains, dont certains issus de la minorité rom, un Congolais, un Camerounais et un gardien amputé d’un bras. Voilà l’équipe hétéroclite de Romprim, 4e division du championnat roumain, qu’il entraîne depuis l’hiver dernier.

Diversité, égalité des chances et tolérance sont les maîtres mots d’Aimé Léma. Pour lui qui est le premier et seul entraîneur de foot noir dans un pays peu habitué à l’immigration africaine, la non-discrimination prend tout son sens.

Son père choisit un pays sans distraction

Né à Kinshasa en 1969, venu à l’origine pour quatre années d’études, il n’aurait jamais pensé être toujours là vingt-six ans plus tard, à donner des consignes d’avant-match au bord d’un stade à Bucarest. « Dans ma famille, celui qui réussissait le bac pouvait partir à l’étranger. » Aimé Léma l’obtient en 1990. Trois destinations s’offrent à lui pour qu’il puisse étudier la chimie?: l’Irak, la Belgique et la Roumanie.

« Papa a jugé que la Roumanie était le pays qui offrait le moins de distractions. Et il avait raison. » Pendant que son père, diplomate, part en poste en Égypte, lui s’envole pour la Roumanie. Tout ce qu’il connaissait du pays se résumait à ses cours de lycée et aux noms des grands sportifs?: Gheorghe Hagi en foot et Nadia Comaneci en gymnastique. « Ma première vision de Bucarest, sous la neige, en janvier 1991, donnait vraiment envie de repartir en courant. »

Ma première vision de Bucarest, sous la neige, en janvier 1991, donnait vraiment envie de repartir en courant. Il commence par apprendre le roumain pendant un an, « pour faire les choses comme il le faut ». Aujourd’hui, il trouve qu’il parle mieux roumain que français. Et puis le plan initial change. Lui qui pensait revenir travailler dans le pétrole à Luanda (Angola) est empêché de rentrer par les affrontements ethniques de 1995-1996 dans la région. « Papa nous a conseillé de rester à l’abri. »

Son avenir se fera donc en Roumanie.

Source:cameroonweb.com

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