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La musique live en Centrafrique

idylle mambaLa musique live s’inscrit dans le contexte du développement de l’industrie musicale en Centrafrique.
La chanteuse centrafrique Idylle Mamba lors d’un concert
En Centrafrique, aucun circuit de production et de distribution n’est opérationnel, les structures publiques ou privées de promotion sont rares. Le mécénat est quasi inexistant.

Ajouter à cela, l’absence d’une société de gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins pour encourager et récompenser la création musicale.

Ce sombre tableau n’empêche pas aux artistes de gagner leurs vies en donnant des concerts. La scène musicale en Centrafrique fonctionne d’une manière particulière. Elle a quelques points communs avec ses pays voisins, mais elle est tributaire des nombreuses crises qu’a connue le pays et qui semblent continuer.

Les bars dancing sont les plus grands centres de productions musicales live du pays. Malgré l’existence d’autres lieux de prestation, Bangui, la capitale centrafricaine est composée essentiellement de bars.

Des salles de spectacle se comptent sur les doigts de la main. L’Alliance Française au Centre ville, l’Espace Linga Téré à Galabadja dans le nord de la ville et le CREA à Bimbo, à la sortie sud de Bangui. Ces lieux de prestation sont uniquement ouverts aux genres musicaux tels que la musique traditionnelle et le hip-hop.

En dehors de l’hôtel Ledger Plaza où se produit un orchestre trois fois par semaine, aucun autre hôtel de Bangui n’offre une scène musicale. Certains restaurants comme Cafrina, Le Satis, L’escale et Le Balafon programment régulièrement des concerts le week-end.

D’autres tels que Le Carré Gourmand, Château Bleu, Sous les manguiers, organisent également des spectacles, surtout pendant les festivités (fêtes nationales, nouvel an, etc.).

Des évènements tels que des conférences, séminaires, congrès, fêtes et autres activités sont souvent sont souvent agrémentés par des concerts lives.

Les campagnes de sensibilisation sur différents thèmes donnent elles aussi des occasions aux musiciens de se produire en live dans les quartiers, villes et provinces.

Les rares festivals de musique qui s’organisent permettent aussi des prestations musicales live. Les grands orchestres se taillent la part du Lion en se produisant dans les lieux les plus prisés et de manière rotative dans les quartiers branchés avec une programmation hebdomadaire connue des mélomanes.

Certains orchestres en mal de production, se produisent même dans des buvettes plein air et peu fréquentées. Les cérémonies mortuaires sont aussi souvent des lieux de production de musique live.

Les familles riches font venir de grands orchestres, tandis que les autres se contentent des petits orchestres ou des groupes de musique religieuse.

Les églises et lieux de cultes qui sont de plus en plus nombreux dans le pays produisent également beaucoup de musique live lors des célébrations de dimanche et d’autres activités religieuses dans la semaine. Les campagnes d’évangélisation sont de grands plateaux de musique live.

Cinq grands concerts live ont marqué la scène musicale centrafricaine:

Le show men festival en 1990 : un des plus grands concerts qui a rassemblé tous les artistes du pays.

La fête de la musique en 1997 : organisée sur l’esplanade du la Cathédrale de Bangui par RFI et l’Union des Musiciens de Centrafrique.

La fête de la musique en 2008 : elle a eu lieu à la Place Marabena (Bangui). Le concert est organisé par l’Union des Musiciens de Centrafrique et des sponsors. 50 groupes musicaux ont pris à ce show.

La Caravane de la Paix en 2016 : dix concerts live simultanément  dans la capitale centrafricaine.

La fête de l’indépendance 2016 : 60 orchestres se sont produit au stade « 20.000 places » à Bangui.

Les producteurs de spectacles et les mécènes, on n’en trouve pas beaucoup en RCA. On peut citer Vincent Mambachaka de l’Espace Linga Téré, l’Alliance Française de Bangui, le Cercle de Recherche et d’ Éducation par les Arts (CREA), Lassa Kossanguet de l’Espace Plus ou moins.

Certaines personnalités comme Didace Sabone, Saint Juste Gueregbenzi, Ernest Ketevoama, Patrick Dejean, Nadia Bea, Guy Moskit, agissent souvent comme des mécènes.

Les sociétés de téléphonie mobile telles que Télécel, Orange et Azur produisent des concerts que pour promouvoir leurs produits.

Malgré les difficultés dans lesquelles elle évolue, la musique live centrafricaine a une grande vitalité et s’adaptent aux différents contextes du pays pour assurer son existence.

L’absence de lieux pour les concerts et de réglementations laisse se développer une anarchie dans la production de la musique live dans le pays.

Les productions live résistent à toutes les crises que connait le pays depuis son indépendance à nos jours.  Ces spectacles donnent de la gaieté à un peuple en quête d’une paix durable.

Source:musicinafrica.net

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