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HAWA BOUSSIM CHEZ SONY MUSIC : « LA CHENILLE EST DEVENUE UN PAPILLON»

Hawa Boussim Source: compte Facebook

Hawa Boussim Source: compte Facebook

Absolument ! On est bien tenté de se poser cette question. La nouvelle recrue de Sony Music Entertainment après avoir dévoilé vendredi le fruit de sa collaboration avec ce « big label » de musique, un single dénommé « Koregore » qui dénonce les gaspillages, est au centre de nombreuses réactions dans son pays le Burkina Faso. Si certains apprécient le « magnifique » travail et la nouvelle « démarche artistique » de la musicienne, d’autres trouvent que la native de Boulgou, (Centre-est du Burkina) perd ses racines et ne ferait plus la « promotion de la culture burkinabè ». Qu’en est-il exactement ? Hawa Boussim, musicienne à la voix « imposante » et « puissante » est-elle sur la « bonne voie » ? Retour sur une affaire qui n’a pas fini de susciter de « vives » et « chaudes » réactions.

Hawa Boussim, est une musicienne qui est apparue sur la scène musicale burkinabè il y a près d’une dizaine d’années. Elle a été propulsée en 2011 avec sa chanson « Mobidoré » (je ne bougerai pas) qui fustige les maris ingrats, extrait de son premier album. Le succès est immédiat. Il a fallu attendre 6 ans plus tard, soit en début 2017 pour voir le bout du tunnel. En effet, Awa Boussim a été sélectionnée parmi 17 artistes africains pour intégrer Sony Music Entertainment. Elle devient ainsi la première musicienne, sinon le premier artiste burkinabè à faire son entrée dans une maison de production aussi prestigieuse que balaise.

Selon nos sources, elle a un contrat de trois albums avec la structure qui, de facto s’engage à assurer la gestion de sa carrière et l’organisation des concerts. C’est donc le premier single lâché vendredi « Korégoré » en prélude à ce premier opus avec Sony Music. Le public burkinabè découvre Hawa Boussim dans un style « techno », de la musique urbaine. Elle ne change cependant pas sa langue « Bissa » qu’elle utilise dans ses chansons. Une réalisation vidéo « hors norme ». Des images claires et nettes. « Nous avons travaillé dans la convivialité, tout le monde a été professionnel et Hawa a été très collaborative, elle n’est pas compliquée, elle est très ouverte » a dit Jypheal Tayorault, réalisateur de la « superbe vidéo ».

Avec Sony, le premier album de Hawa Boussim est fin prêt. « C’est un album de 8 à 10 titres. Nous discutons des titres, sinon l’album est prêt » a confié à Radio Oméga un des membres du staff de la musicienne.

Trois arrangeurs David Tayorault, Nik Anor et Sirius, un français ont travaillé sur l’album enregistré selon notre source entre Abidjan et Ouagadougou. « L’album sortira au mois de mai à Ouagadougou », a-t-elle ajouté.

Depuis la publication vendredi  du single « Koregore » des réactions n’ont pas tardé à pleuvoir. Des internautes divisés, d’un côté, ceux qui saluent le travail de l’artiste et de l’autre, ceux qui marquent leur indignation et leur désolation sur la « nouvelle démarche artistique » de Hawa Boussim. Des réactions qui ont amené certains « influents » acteurs culturels à sortir de leur tanière.

« Elle a le tempo de Angélique Kidjo, l’étendue de Kamaldine et la rage de Miriam Makeba, c’est une création de haut vol », a affirmé Kam Saïd Fatôgôma, célèbre animateur bien connu dans le milieu culturel.

« Il faut comprendre que c’est un processus qui est enclenché parce que Hawa Boussim a été sélectionnée parmi 17 artistes africains pour intégrer Sony Music » a dit Walib Bara, consultant culturel et actuel Directeur général du Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA)

« Nous avons affaire ici à une équation où il faille concilier la démarche artistique à la dimension marché, il faut partir du local pour atteindre le global, c’est dans cette optique qu’ils se sont inscrits. Il ne faut pas du tout s’alarmer, la langue est un puissant  vecteur de la culture, si elle chante déjà dans la langue « Bissa », ce n’est déjà pas mal » a fait savoir le consultant culturel.

« Depuis près d’une décennie, le débat est posé sur la table. Le Burkina Faso a du mal à avoir une ambassadrice ou un ambassadeur de sa musique au plan international. Hawa Boussim va réussir à détourner l’attention de certains acteurs du show-biz international vers le Burkina Faso et c’est une fierté. Elle sera une ambassadrice de notre musique. Quand on regarde ses débuts à aujourd’hui, on voit bien qu’il y a une métamorphose qui ne dit pas son nom. On peut dire qu’elle s’éloigne du Burkina mais c’est une bonne métamorphose. Elle est en train de faire une musique de synthèse aujourd’hui. Toute culture qui refuse de s’ouvrir aux autres finie toujours par mourir », a déclaré Youssef Ouédraogo, analyste culturel, Promoteur des Faso music awards (FAMA).

Une chose est sûre, « la machine Hawa Boussim » est lancée. Au regard de sa prodigieuse progression depuis ses débuts à maintenant on peut « aisément » dire que la chenille qu’elle a été en quittant Tenkodogo, son Boulgou natal est  aujourd’hui devenue un papillon qui vole à la conquête du monde. Le public devra désormais apprendre à redécouvrir cette nouvelle voie empruntée par la musicienne, celle qui mène et qui ouvre les portes « véritables » de la scène internationale. Certainement dans les jours à venir que la musicienne fera découvrir encore certains de ses nouveaux titres devant figurer sur l’album en gestation. On peut le dire sans « absolument » se tromper que la nouvelle diva fera mal ! En trois jours, la vidéo de la musicienne « Koregore » est à plus de 20 000 vues sur You Tube. Wait and see comme disent les anglais !

Lamine Traoré (Burkina Faso)

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