Concours IFA, Projets

La femme africaine : l’entrepreneur historique dans la dynamique du développement !

 

femme-afrique-credits-steve-evans-licence-creative-commons

Sans troquer leur statut de mère, de fille, aujourd’hui plus qu’hier, les femmes en Afrique sont au cœur de puissantes initiatives de développement, dont certaines ne bénéficient même pas encore de l’écho médiatique adéquat ! Leurs empreintes sont pourtant multidisciplinaires, multisectorielles et multiformes. Malgré toutes les pesanteurs socio-culturelles et politiques auxquelles elles font face, il n’en demeure pas moins vrai, que de par leur poids démographique et économique, elles   sont de tous temps, des actrices voire des productrices indispensables sans lesquelles, en effet, aucune forme de développement n’est possible !

Sandra Elong

De Brazzaville à Cotonou, de Dakar à Douala et même de Lomé à Abidjan, les femmes d’ici et d’ailleurs de l’Afrique, bougent et font bouger le monde !

La dynamique d’une présence féminine multisectorielle

En effet, si les ruelles et les étals abondent de boutiques et de commerces dont elles sont les propriétaires, les centres culturels quant à eux exposent artistiquement leurs œuvres, tandis que les affiches des unes et autres titrailles de magazines médiatisent leurs initiatives ainsi que les chiffres d’affaires générées par leurs entreprises. C’est qu’une nouvelle génération d’entrepreneurs semble tout prendre d’assaut !  Des entrepreneuses culturelles, économiques, sociales et autres. La chose est d’autant plus pertinente que cette mobilisation en Afrique de l’entrepreneur au féminin était davantage manifeste sous d’autres cieux et uniquement axée vers le secteur de l’économie.  Aujourd’hui, l’espace féminin africain est lui aussi embrassé par cette dynamique entrepreneuriale. Sans doute l’a-t-il toujours été ! Mais aujourd’hui plus qu’hier, ce potentiel est davantage révélé. L’apport de nouveaux canaux de diffusion y contribuant fortement.  Rien ou presque, ne semble résister aux Nana Benz de la communication, des NTIC, du football, des arts, de la mode, de l’éducation, etc.

Au Cameroun et au Sénégal, le paysage audio-visuel est marqué par la présence de deux d’entre elles à la tête des chaines de tv, respectivement LTM et MAISHA TV. Dans la littérature, la plume d’Eléano Miano impose le respect d’un lectorat subjugué ! La voix de Charlotte Dipanda berce les mélomanes !

En défiant les pesanteurs de la tradition, de la culture du silence, les femmes prouvent qu’elles peuvent oser et réussir à bien entreprendre ! D’ailleurs, pour d’aucuns, la question des capacités des femmes à réaliser est vraiment désuète, quoiqu’elle hante encore des réalités sociétales en Afrique.

Mais alors pour qui la gent féminine a-t-elle besoin de prouver qu’elle regorge d’un potentiel multidimensionnel ? Sans doute à elle-même d’abord ! Noyées dans des sociétés sexistes et iniquement élitistes, les femmes ont longtemps été confinées au silence, à la vision des personnes non qualifiées et l’entreprise de leurs mains, de leur intelligence n’a été que moindrement révélée !

L’entrepreneur de tous les âges et de tous les temps

Au fond, la femme en Afrique n’a-t-elle pas toujours initié, projeté, entrepris le bien-être autour d’elle ? Cap sur la grand-mère qui attache les miondos et dont la vente de ces bâtons de manioc, enverront sa progéniture sur les bancs d’école ! Regard sur la mère qui, malgré la désertion de son conjoint, porte le fruit de ses entrailles, envers et contre tous pour qui, elle représente le déshonneur lié à la naissance des enfants sans père ! Gros plan sur la jeune fille qui brillamment, s’investit dans les études de médecine, malgré la pression du mariage forcé !

Et si tenté est-on de croire qu’historiquement, les traces de ses initiatives d’antan, sont vouées à l’oubli, c’est se méprendre sur le pouvoir de la mémoire collective ! Le Royaume de Dahomey se souvient ! Les femmes là-bas, y ont livré des batailles redoutables, en vue de protéger des Rois de leurs adversaires ! Mais les femmes ne sont pas uniquement des amazones de l’épée !  Ce sont aussi et surtout, de puissantes entrepreneuses sociales dont les berceuses apaisent l’enfant dans son berceau et dont le sein en assure la croissance en toute quiétude ! Leur plus grand investissement porte sans doute sur l’humain !

En Afrique, leurs actions s’imbriquent dans le processus de développement. Les femmes sont en effet des chantres du développement économique. Le secteur informel, qui revêt une portée économique dans divers pays, est fortement dominé par la gent féminine.  D’ailleurs sur le plan économique, 1 famille sur 2 compte sur ses avoirs pour assurer l’éducation des enfants ainsi que les charges du quotidien. Pourtant, plusieurs visages au féminin sont encore sous anonymat. Des artisanes, des stylistes au doigté exceptionnel, des voix en or, des plumes révélatrices de talent sont depuis lors tapis dans l’ombre de leur génie-créateur !

La femme africaine : ce poids démographique politiquement affaibli !

La gent féminine représente majoritairement, plus de la moitié de la population dans la plupart des pays du continent. Ce poids numérique lui confère une représentativité plus grande que celle du sexe opposé. Elle exerce d’ailleurs ce poids démographique dans diverses activités. Néanmoins, la femme demeure très peu présente dans les sphères du pouvoir décisionnel, autrement du pouvoir politique ! Au Bénin, le gouvernement actuel ne recense que quelques femmes, prétextant que ces dernières ne sont pas visibles ! Pourtant le pays regorge des cadres d’expressions au féminin tels que les associations et regroupements dans lesquels le potentiel féminin est exercé, révélé ! Et si tel n’était pas le cas, n’est-ce pas aussi du ressort du pouvoir politique d’organiser la société de telle sorte que ce qui n’est pas visible mais indispensable, le devienne ?

Malgré un taux d’analphabétisme élevé, les différentes structures universitaires du pays regorgent au féminin, de têtes bien faites et bien pleines qui méritent une plus grande implication dans l’exercice du pouvoir. Il faudrait sans doute que les femmes elles-mêmes, soient davantage conscientes du rôle qui est le leur, dans la destinée nationale. Ce, en lieu et place du statut folklorique qu’elles jouent très souvent en période électorale comme il en est de quelques-unes du côté du Cameroun.  Les femmes ne sont alors visibles que pour esquisser des pas de danse à chacune des sorties médiatiques de certains candidats politiques ou de quelques aspirants mâles qui convoitent le pouvoir. Comme si, elles peuvent tout entreprendre sauf politiquement ! Une totale aberration quand on sait qu’il y en a qui dirigent des Républiques. Il ne s’agit pourtant pas de qualifier à priori, leur gestion. Mais de montrer que la femme peut et mieux, qu’elle se doit d’investir aussi dans des projets politiques puisqu’ elle en a les capacités ! C’est une urgence de développement pour que l’enjeu de ses entreprises soit mieux considéré, mieux sauvegardé, mieux exploité et valorisé sur le plan régional, national, continental voire mondial.  Car quelques cadres d’expressions et instances du pouvoir au sein desquels, elles apparaissent, sont loin de présenter de manière efficace et efficiente, leurs revendications, leurs ambitions, leurs apports, leurs entreprises !

En effet, malgré son dynamisme incontesté, des pesanteurs politico-culturelles gangrènent encore certaines initiatives entrepreneuriales de la femme.  Une situation qui ne facilite pas dans sa plénitude, l’exercice de son pouvoir démographique, l’exploitation de son poids électoral et l‘impact socio-économique de son dynamisme. L’enjeu est d’autant plus important que, davantage les femmes africaines investiront en politique, mieux sera évalué leur impact socio-économique !

Sandra Elong ( Cameroun )

Cet article est en lice pour la première édition du Concours « Ils Font l’Afrique IFA ». Laissez un commentaire pour voter pour cet article.

A lire aussi :

Photo du profil de La Rédaction

À propos La Rédaction

Aucune information n'est fournie par l'auteur.

1 Commentaire

  1. Marie Jeanne

    C’est décidé j’ai pris la décision de tout abandonner au profit de la femme ,cette qui se bat contre vent et marée pour bien être de sa famille (mari et enfants) Pour se faire une place mais, mais les pesanteurs socio culturels, La chère est obligée de raccrocher à un moment donné pour se conformer aux règles de sa société. Je veux être leur porte flambeaux dommages ma voix porte pas loin. J’ai foi qu’un jour ensemble nous y parviendrons

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *