Raouf Akanga : Parcours, tribulations, rêves…En attendant l’arrivée au sommet

 

akanga

Le cyclisme togolais peine à sortir de l’ornière. Il est toujours à un niveau amateur. Entre  le manque  équipements et de formation pour les athlètes, le cyclisme togolais  se résume de nos jours  au tour cycliste international du Togo, devenu son « cache-sexe ». La 26ème  édition, courue du 11 au 16 avril 2017, en est une preuve évidente. Le Togo n’a pas réussi à gagner la moindre étape. Mais, dans ce tableau sombre, certains coureurs, avec leurs moyens de bord,  parviennent à émerger du lot. Le plus en vue est sans doute Abdou-Raouf Akanga. Nous sommes allés à sa rencontre dans son « Kpalimé natal ». A bâtons rompus,  il nous a parlé de son parcours et a fait part de ses ambitions.

Né pour rouler

Né dans une famille de mécaniciens, où les parents possédaient  tous, ou presqu’un vélo, Raouf Akanga n’est pas venu au cyclisme par accident. « J’ai  grandi dans une famille de vélo. Les parents ne sont pas de véritables pratiquants. Néanmoins, tout le monde possédait un vélo.  Mon grand père n’était que le meilleur mécanicien-vélo ainsi que mes oncles dans toute la ville de Kpalimé. Déjà sur les bancs, je visitais leurs ateliers pour leur porter des coups de main. J’étais en permanence en contact avec les  vélos.  C’est seulement à 16 ans que j’ai découvert le cyclisme de compétition », raconte t-il.

Ayant pris goût au vélo, le natif de Kpalimé va y consacrer plus de temps.  Cette envie de faire carrière dans le cyclisme le pousse alors à prendre attache avec un ancien cycliste togolais qui lui prête régulièrement son vélo VTT. « Au-delà du matériel, il me prodige d’utiles  conseils pour ma progression », a-t-il confié.

Raouf Akanga s’est fait remarquer au  début des années 2011,  avec notamment une première  place sur un critérium  lors de la journée des olympiades de Lomé. « C’est de là que je me suis dis que j’ai une place à me faire dans le  cyclisme togolais. J’ai continué à bosser dur pour faire mon premier tour du Togo en 2012 », révèle t-il.

Courir le tour du Togo était pour lui comme un rêve. En quelques mots, il a décrit comment il l’a vécu : « Mon premier tour du Togo a été très laborieux. Il fallait tenir physiquement et mentalement. C’était la première fois de compétir avec des  coureurs non-togolais.  J’ai découvert un autre monde. C’était la  galère, mais  j’ai tenu  le rythme, bien que cela ne fût pas évident. C’était une belle expérience pour moi. Je n’avais qu’un seul leitmotiv : le travail ».

L’un de ses objectifs immédiats est de gagner une étape d’un tour du Togo. Il s’est bien préparé pour cela  sur la 26ème édition.  Malgré sa détermination, il n’y parviendra pas.

Son 6ème  tour du Togo

Après avoir couru pur la première fois le tour du Togo en 2012, Raouf Akanga a mis dans son agenda ce tour qu’il affectionne tant. Ainsi, il était à sa 6ème participation lors de la 26ème édition courue du 11 au 16 avril 2017.  « J’ai eu des hauts et des bas sur ce tour, et c’est  la vie ». En cette phrase, il a résumé son parcours lors de ce tour.

« Mon objectif premier sur ce tour était de gagner au moins une étape pour le Togo et une bonne place au général. Mais comme vous le savez, le sport et spécialement le cyclisme n’est pas la mathématique où on fait des calculs précis. Sur une course, tout peut arriver comme des chutes, des crevaisons et des maladies ; et il faut donc s’attendre a tout […]», a-t-il posté à l’issue du tour. Son meilleur classement est la deuxième place sur la quatrième étape entre Kara et Tchamba.

Au-delà du Togo

Raouf Akanga  est certes le cycliste le plus en vue au Togo. Cependant, il a aussi fait ses preuves sur des tours étrangers. Dans son jeune et riche parcours, il a déjà fait deux  tours du Faso, trois tours du Bénin, deux  tours de la RDC, un tour de la Côte d’Ivoire et un tour de la CEDEAO ; ce qui fait au total neuf courses hors du Togo. Il a participé récemment à la 14e édition  du tour du Bénin dont le précédant  aura laissé une trace dans sa carrière. En effet,  il était bien parti pour remporter le maillot jaune. Mais, à cause d’un manque d’équipements, il le perdra sur l’ultime étape du tour.

Il s’en souvent toujours, ce tour l’a tellement marqué. Voici le récit qu’il en fait Le coup du sort: « L’équipe était motivée pour ce tour. A la 1ère étape, j’ai fini 3ème. Malheureusement à la 2ème  j’ai eu quelques problèmes. Le lendemain, j’ai gagné la 3ème ainsi que le maillot jaune. C’est quelque chose que je ne peux jamais oublier. J’ai déjà gagné des courses au Togo, mais celle-là était encore plus merveilleuse pour moi. C’était significatif pour moi. Il nous restait deux étapes à parcourir. J’ai motivé mes camarades pour qu’on ramène le maillot jaune à Lomé. La 4ème  étape était sur pavé. Malheureusement, mon vélo qui était vieux, n’a pas pu tenir. Il s’est cassé lors de la course. J’ai alerté le coach et quelques coéquipiers. C’est ainsi que mon coéquipier Anani Fabio m’a passé le sien. Par la grâce de Dieu, j’ai sauvé mon maillot jaune. On a trouvé pour moi  un vélo auprès d’un ancien cycliste béninois. Je l’ai testé et tout allait bien.  J’ai bien démarré la course, c’était le moment idéal pour les autres de prendre le maillot jaune. À un moment, je voulais répondre à une attaque et, patatras, mon vélo a refusé d’avancer ».

C’était avec une émotion nourrie que le jeune cycliste togolais est revenu sur cet épisode du tour du Bénin. Et il en a toujours sur le cœur.

Un vélo inattendu

« À quelque chose malheur est bon ». Cet adage a bien sa place dans l’histoire de Raouf Akanga. Après la désillusion et la malchance sur le 13ème  tour du Bénin, il s’est retrouvé naturellement sans vélo de course.  Mais, c’était pour une courte durée, la providence aidant. Après avoir lancé un appel à l’aide, le sprinteur togolais a reçu un vélo dernier cri de 3.500 euros, prix magasin, avec un cadre en carbone, et frappé du drapeau togolais. Mathieu Wagner, un auto-entrepreneur est l’auteur de ce geste. Il a été ému par cette histoire et n’a pas hésité à venir en aide au Togolais.

Raouf Akanga ne se contente pas seul de sa passion pour le vélo. Il pilote en parallèle un projet qui vise à donner les notions de base aux jeunes qui désirent faire du cyclisme. Il s’agit de Kpalime Cycling Project  qui regroupe des enfants de  5 à 12 ans.

Le parcours de Raouf Akanga est fascinant, bien que ce dernier n’a pas encore atteint le sommet. Il devra encore perfectionner son art, pour prétendre faire une carrière à l’image   de son idole Alberto Contador.  Les tours de France et d’Italie restent ses rêves.

Source: Facebook Kpalimé Cycling Project
Source: Facebook Kpalimé Cycling Project

Ametokpo kokou Shalom ( Togo )

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63 thoughts on “Raouf Akanga : Parcours, tribulations, rêves…En attendant l’arrivée au sommet

  1. Felicitation á shalom pour cet article qui permettra á coup sur de relever le talent d’unexpected jeunesse sportive en pleine eclosion et qui ne rêve qu’á se faire decouvrir et surtout se faire accompagner

  2. Vraiment intéressant et à la fois émouvant. Félicitations pour cet article shalom. J’osé espérer ce reportage fera plus réfléchir et la fédération, et le ministère.

  3. Raouf AKANGA: C’est l’avenir du cyclisme togolais, si les dirigeants sportifs prenais sérieusement en charge se jeune homme.

  4. hummm, très bon article très cher frère, par ceci tu contribue à la promotion tant ce sport que du coureur dont il est question. Bonne chance dans ce que tu fais Shalom, et puisse celui dont l’article est question atteindre ses objectifs.
    Dieu veille

  5. Je ne suis pas un passionné de la petite reine « le vélo « . Mais j’avoue qu’après avoir suivi les prouesses du jeune compatriote Raouf sur le tour du Bénin ; et le reportage du spécialiste Shalom, mon regard reste est tourné vers les lendemains meilleurs pour ce sport. Bravo Shalom pour la qualité de l’article.

  6. Le Togo a de talents. Mais notre organisation sociale basée sur la logique , la culture du long règne tue les génies togolais. Ce travail de reportage sont très important pour sauver nos talents. Allumez les projecteurs sur les talents togolais ouvre la porte de l’opportunité. Merci à Shalom pour ce travail

  7. Bon courage mon frère. Tu es un Gringo… Un Gringo yama ne baisse jamais les bras…. Contador je l’admire aussi et admirer Raouf sera encore un grand plaisir…

  8. Article intéressant. J’ai aimé le style. Vivement que Ce jeune Cycliste soit accompagné à la hauteur de son talent. Merci à l’auteur de cet article. Il a du génie

  9. Bel article ! Bravo Shalom !! Vivement qu’on donnes à ce jeune cycliste les moyens et l’encadrement nécessaires pour competir à armes égales avec les champions et remporter des courses et titres pour le Togo…

  10. Felicitations à toi, un article interessant et interpellant, bon courage et que par ceci on puisse noter des ameliorations dans le domaine du cyclisme au Togo.

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