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Zoom sur la famille Zidane !!!

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Habituellement très discret, Smaïl, le père de Zinedine Zidane, actuel entraîneur du Real Madrid  sort  une autobiographie intitulée «Sur les chemins de pierres».

« En lisant le père, on comprend le fils… » souffle Elsa Lafon, l’éditrice. Dans son autobiographie  Smaïl Zidane, 81 ans, raconte le périple de sa vie : de son pauvre village natal de Kabylie en Algérie jusqu’à Marseille, en passant par les chantiers de Saint-Denis, où Zinedine, le dernier de ses cinq enfants, rencontra la gloire au Stade de France quelque 45 ans après son passage.

Smaïl, simple ouvrier et complet autodidacte, travaillait avec une voisine à la rédaction de ses Mémoires depuis plusieurs années. « Il avait envie de transmettre son parcours à ses petits-enfants, d’où il venait, ajoute Elsa Lafon. Ce qui lui a plu dans notre démarche, c’est que ce livre n’est pas axé sur la notoriété de Zinedine Zidane. » Lequel Zinedine (Yazid pour ses proches) signe la préface de l’ouvrage. « Il ne l’a fait que parce qu’il a aimé, précise Elsa Lafon. Il a veillé à ce que le livre soit fait dans de bonnes conditions. »

Morceaux choisis
Son arrivée en France à l’hiver 1954

« Pour ne pas aller dans ces hôtels qui obligent leurs clients à se restaurer chez eux, ce qui augmente encore le prix de la pension, je décide de dormir sur le chantier, porte de Clignancourt, à deux pas du futur Stade de France de Saint-Denis. Chaque soir après le travail, tandis que mes collègues se dirigent vers le métro, je regagne le petit coin que je me suis trouvé, dans un appartement en construction. Il est à l’abri du vent mais, lorsqu’il pleut, l’humidité imprègne mes pauvres vêtements.

» Et ce n’est pas mon maigre repas — deux portions de Vache qui rit, un bout de pain et une banane — qui va me réchauffer ! […] En décidant de passer l’hiver dehors, cette année-là, je n’avais pas imaginé qu’il serait l’un des plus froids du siècle ! La neige en Kabylie est plus indulgente que ce gel qui paralyse tout. En janvier 1954, à Paris, les températures descendent à – 10 °C. Début février, il fait – 13 °C. L’abbé Pierre l’a crié à la radio : Mes amis, au secours ! Plus personne ne doit dormir dehors ! Plus personne… mais moi, j’y suis encore. »

« Votre fils, on ne l’entend pas en classe »

« Le caractère de Yazid (Zinedine) est un condensé de tous ceux de la famille : il allie la réserve à l’exubérance. Votre fils, on ne l’entend pas en classe… mais alors, qu’est-ce qu’il remue ! me confie son institutrice […]. Ce qu’elle ajoute me laisse sans voix : Zinedine est très dissipé, c’est vrai, mais on lui pardonne tout : il est tellement beau ! […] Son petit compliment m’a fait plaisir, mais pas pour les raisons que l’on imagine. Ainsi que je me suis bien gardé de lui dire, pour faire des économies, c’est moi qui coupe les cheveux de tous mes garçons […]. Visiblement, le résultat n’est pas catastrophique […]. »

« Une voiture, si tu mets un but »

« Je me souviens d’une anecdote qu’il nous avait racontée dans les premiers temps de sa formation : Papa, tu sais ce que m’a dit mon entraîneur ? « Zidane, si tu mets un but au prochain match, je te laisse aller dans le plus beau magasin de vêtements de Cannes et prendre tout ce qui te fait plaisir. » […] C’est gentil de sa part, mais j’ai trouvé la méthode de motivation un peu curieuse. […] Plus tard, en 1991, le président du club (AS Cannes) Alain Pedretti, lui réitérera la même promesse : une voiture si tu mets un but ! Et il l’a eue ! […] Autre temps, autres moeurs : moi, je n’ai jamais eu de voiture neuve et ma vieille R 12, je l’ai gardée 14 ans ! »

Il n’a pas regardé la finale du Mondial 1998

« Le soir de la finale de la Coupe du monde, le 12 juillet 1998, je ne suis pas au Stade de France, avec ma belle-fille et Enzo, ni devant mon poste de télévision. Malika et moi gardons notre petit-fils, Luca, l’enfant de Yazid et Véronique, né deux mois plus tôt à Aix-en-Provence, puisque mon fils a rejoint la Juventus Turin. En fin d’après-midi, une partie de mes enfants sont arrivés à la maison avec leurs conjoints, leurs amis, des invités ; il y a beaucoup de monde dans notre salle à manger, l’ambiance est déjà survoltée. Tous s’apprêtent à rendre hommage à l’équipe de France qui nous fait vibrer depuis des semaines et, une fois le match gagné — ils en sont sûrs, rien ne pourra arrêter les Bleus —, à faire une fête de tous les diables autour du pain kabyle que j’ai spécialement préparé pour l’occasion. […] Je suis sorti dans le jardin avec Luca dans les bras. Il fait très doux en ce début d’été, et je m’assieds sur une chaise pour mieux bercer mon petit-fils qui dort comme un ange. […] Ce soir, je dois être le seul du quartier à ne pas regarder le match ! Noureddine a promis de me prévenir de l’avancée du score… même s’il me suffit d’entendre leurs cris !

» Il viendra donc dans le jardin à trois reprises et repartira en courant. Premier but de Yazid ; deuxième but, encore lui. Comme il doit être heureux, notre Yazid ! Je ne peux détacher mon regard des yeux clos, du souffle si léger de Luca. Et mes lèvres lui murmurent malgré moi : Ah, ton père, ton père… Je me sens si bien, à cet instant, si rempli de gratitude pour tout ce bonheur que Dieu nous donne, que je Le remercie et Lui demande de protéger ce petit être qui s’éveille à la vie. »

« Sur les chemins de pierres » par Smaïl Zidane. Editions Michel Lafon, 250 pages, 17,95 €.

Source: le Parisien

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