Afrique de l’Ouest, Pays, Sénégal

Sénégal: propriété intellectuelle et expressions culturelles

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Un séminaire visant une « réflexion actualisée et inclusive » sur les relations entre propriété intellectuelle et expressions culturelles traditionnelles au Sénégal s’est ouvert, lundi à Dakar, à l’initiative de l’Agence sénégalaise pour la propriété industrielle et l’innovation technologique (ASPIT).

Cet atelier a pour objectif de « poser les jalons d’une réflexion actualisée et inclusive sur la problématique de la relation propriété intellectuelle, savoirs traditionnels et expressions culturelles traditionnelles au Sénégal », a expliqué le directeur général de l’ASPIT), Makhtar Dia, à l’ouverture des travaux.

Les savoirs traditionnels reflètent « la nature véritable et holistique des communautés qui évoluent en fonction de mécanismes précis qui ont pour fonction d’assurer la sauvegarde et l’unité des différents segments qui les constituent », a fait valoir M. Dia.

A ce titre, ils « ne signifient pas des connaissances anciennes figées dans leur évolution et dans leur configuration spatiales », a-t-il ajouté, donnant l’exemple de savoirs traditionnels liés aux ressources biologiques, minérales et aux domaines spirituels.
Aussi est-il nécessaire, selon le DG de l’l’ASPIT, « de protéger les savoirs traditionnels et les objets auxquels ils se rapportent, par les titres classiques des droits de propriété intellectuelle (droits d’auteur, brevets, marques… ) ».

Du point de vue de M. Dia, il serait plus « plus profitable pour les communautés d’explorer les voies du droit +Sui generis+ (des règles arrêtés d’un commun accord par la communauté) pour protéger ces objets au profit principalement de ceux qui les préservent et les entretiennent ».

Selon Yves Mgoubeyou, administrateur principal de programme au Bureau régional Afrique de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), il s’agit de « sensibiliser les communautés autochtones à la protection de leurs savoirs traditionnels en vue d’une exploitation pour la création de la richesse dans leurs pays ».

« La propriété intellectuelle est un outil stratégique de développement. Nous sommes dans une économie du savoir, c’est-à-dire la capacité des pays à créer et générer leurs richesses, à innover pour faire de ces pays des espaces compétitifs auprès d’autres économies », a-t-il soutenu.
Le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a pour sa part souligné l’importance de la préservation et de la promotion des savoirs traditionnels, une action selon lui fondamentale « pour la survie de certaines communautés ».

Le thème de ce séminaire devrait permettre de « mieux appréhender les contenus et la place des savoirs traditionnels et expressions culturelles traditionnelles, mais aussi leur préservation pour qu’ils participent au développement du pays », a indiqué M. Ndiaye.

Dans le cadre de ce séminaire prévu pour trois jours, les participants sont appelés à échanger sur « les modèles appropriés pour une meilleure protection des savoirs traditionnels et expressions culturelles traditionnelles ».

Ils vont dans le même temps débattre, dans cette perspective, de « l’utilité de la propriété intellectuelle », a noté Begona Venero Aguirre, conseillère principale à la Division des savoirs traditionnels de l’OMPI.

A l’issue des travaux, le Sénégal devrait pouvoir se préserver des formes illicites d’utilisation de son patrimoine immatériel, espèrent les organisateurs.

Source:fr.allafrica.com

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