A la Une, Pays

Wari: la start-up de Karibou Mbodje en plein essor

kabirou

«Plus de 4 milliards d’euros de transactions », « 90 000 points de vente dans 34 pays », « une trentaine de filiales »… Dans son spacieux bureau de la place de l’Indépendance, au cœur du quartier du Plateau, à Dakar, Kabirou Mbodje, le PDG de Wari, avance les chiffres de son groupe comme autant de succès.

Pour ce quinquagénaire né à Lyon, en France, où il a grandi avant de retourner au Sénégal à l’âge de 16 ans, la réussite est enfin là . Le projet qu’il a lancé il y a une dizaine d’années avec des associés est devenu un acteur central du transfert d’argent dans le pays de la Teranga (même s’il est impossible de vérifier les statistiques), concurrençant sérieusement des acteurs comme Money Express ou Money Gramm ou Western Union. La plateforme technique permet notamment des transferts « cash à cash », un système largement adopté dans les milieux populaires, où les usagers, souvent illettrés, n’ont pas de comptes bancaires. Ce mode de transfert est privilégié à l’intérieur du pays, car il implique seulement que l’émetteur et le récepteur de l’argent disposent d’un téléphone portable.

À Dakar, on en trouve tous les 100 mètres. L’expression « wari mako » a même fini par entrer dans le langage courant et signifie « envoyer de l’argent ». « Une grande partie de l’esprit de Wari rappelle les années de construction d’Ecobank. Wari apporte quelque chose qui manque aux modèles bancaires traditionnels en Afrique », soulignait Arnold Ekpe, ancien directeur général du groupe panafricain, lors de sa nomination au poste de président du conseil d’administration (ce qu’il n’est plus) de Cellular Systems International (CSI), qui porte la plateforme technologique Wari.
Les ambitions de Karibou sont vraiment de taille. En Février dernier, le groupe Wari avait entériné l’acquisition de l’opérateur télécom Tigo. Une opération conclue le 7 février entre le groupe Millicom (propriétaire de l’opérateur) et le groupe Wari. Une opération qui doit encore suivre le processus réglementaire en vigueur au Sénégal pour que l’acquisition par le groupe Wari, de l’opérateur soit légalement actée.

L’acquisition de Tigo-Sénégal rentre dans le cadre de la politique de diversification du groupe Wari. Pour Kabirou Mbodje, PDG de Wari cette transaction constitue un pas décisif dans la stratégie du Groupe Wari de créer une réelle « valeur ajoutée sociale pour les populations sénégalaises et africaines ».

Le top management de Wari semble convaincu que des initiatives privées africaines, comme celle menée actuellement par sa structure, conjuguée au soutien inconditionnel du service Public et de toutes les populations, permettront un démarrage réel des économies africaines et par ricochet l’essor de tout le continent.

« Notre volonté est de mettre en commun les énergies et l’expertise des équipes des deux entités, de manière à créer une communauté Wari, capable d’offrir aux consommateurs les meilleurs services, toujours moins chers et une plus grande proximité », précise Kabirou Mbodje. En effet, grâce à cette opération Wari dont le cœur de métier s’articule autour des solutions facilitant les transactions financières et non financières peut maintenant contrôler sa chaîne de valeur de bout en bout, depuis le développement des solutions jusqu’au consommateur.

Kabirou Mbodje a participé à une réunion du G20 sur l’Afrique à Berlin le lundi 12 juin 2017, auparavant, il avait défendu l’entrepreneuriat africain au Medef à Paris. Lors de la conférence d’Afrobytes, le rendez-vous de la tech africaine, le PDG de Wari avait expliqué «en quoi l’Afrique peut être avant-gardiste, et proposer de services innovants utilisés dans le monde entier». Il espère de par son expérience susciter des vocations dans la jeunesse africaine.

Source:negronews.fr

A lire aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *