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Concert «Touche pas à ma paix »: le cachet de Fally Ipupa qui fait rougir les Togolais

Fally Conert-paixL’affaire est passée sans grand bruit mais continue de susciter des remous au sein du comité d’organisation du concert « Touche pas à ma paix », lequel s’est tenu le 1er septembre dernier au stade de Kégué à Lomé.

D’entrée de jeu, il faut signaler que Fally Ipupa détient le record en termes de cachet scénique. Et notez-le bien, il ne touche pas moins de 50.000 dollars par concert, soit 30 millions de F CFA.

Ainsi, le contrat de production qui liait le chanteur à la promotrice du concert, contenait une clause prévoyant que le cachet de l’artiste devait être versé à 75% avant qu’il se produise à Lomé et le reliquat versé une fois que Fally Ipupa aurait mis les pieds sur le sol togolais.

C’est ainsi qu’il avait perçu 20 millions de F CFA sur les 30 millions convenus. Attendu par un public togolais délirant, le chanteur de la rive Congo fera faux bond aux organisateurs.  Selon des sources proches de l’organisation, Fally Ipupa aurait raté son vol à destination du Togo dans l’après midi du vendredi.

C’est du moins l’information que les organisateurs ont balancée sur les réseaux sociaux un peu tard la nuit. Une info de dernière minute qui n’a fait que jeter davantage du discrédit sur l’organisation de ce show, qui souffrait déjà en amont de l’improvisation et de par son caractère impopulaire auprès d’une frange de la population.

Dans la foulée, d’autres sources soutiennent que Fally Ipupa n’avait pas pu rallier le Togo à cause de l’anniversaire de son fils, qu’il ne souhaiterait raté pour quelque motif que ce soit.

Quant  à la mobilisation du public, le stade de Kégué était à moitié plein pour ne pas dire à « moitié vide ». Les bus de 60 places assises, mis à contribution pour convoyer un maximum de mélomanes Togolais à Kégué, n’avait ramené que cinq ou dix personnes. Certains étaient mêmes arrivés au lieu du concert complètement vides. Visiblement, la stratégie de l’import-export n’avait pas payé.

Majoritairement postés à des endroits bien définis dans les coins et recoins de la capitale, autour de 13 heures pour un concert prévu pour démarrer à 15 heures, les bus n’avaient pas l’air d’attirer des jeunes togolais qui sur insistance de certains chauffeurs réquisitionnés pour l’occasion, avaient refusé de monter à bord.

Après la première partie assurée par une pléiade d’artistes nationaux, après un retard massif accusé dans le démarrage du concert, c’est en ce moment que le présentateur attitré Ivoirien Yves Zogbo Junior, à qui revenait l’honneur d’introduire Fally Ipupa sur scène, apparaît, tout tiré à quatre épingles, avec le micro en main.

Ses premiers mots étaient les suivants : « La volonté de Dieu n’est pas celle des hommes ». Ces mots qui résonnaient dans les hauts parleurs sophistiqués d’une sono importée du Bénin voisin, ont déjà mis le public togolais sur ses deux pieds. « L’incontournable…, Dicap de la merveille…, le grand Fally Ipupa tant attendu ce soir…n’a pas pu faire le déplacement… ». A peine il avait le temps de finir sa phrase que les tribunes étaient complètement vides.

Grande était la déception de ces quelques Togolais qui avaient fait le déplacement pour voir et applaudir Fally Ipupa. L’on pouvait entendre dans la foule, des insultes, des jurons, des huées…de la part d’un public exaspéré, déçu.

La suite des évènements va vous paraitre à la fois drôle et surprenante. Pour combler le vide laissé par Fally dans le cœur des Togolais, créant ainsi un sentiment de frustration, un couloir de sentiment entre l’artiste et ses fans, ses danseurs qui séjournaient dans la capitale togolaise quelques heures plus tôt, ont dû improviser à leur tour, une prestation. Ceci en offrant une chorégraphie légendaire reconnue aux Congolais, sur des morceaux phares de leur mentor.

Et tenez-vous bien, devant un public vide. A vous de compter le nombre de termes « vide » que nous avons usé dans le récit de cet événement que les Togolais n’oublieront pas de si tôt.

Annoncé également pour un concert VIP le lendemain au Radison Blu Hotel, Fally Ipupa a finalement montré le bout de son nez. Un ouf de soulagement pour ses danseurs qui n’étaient plus contraints de reproduire sur scène, le même scénario de Kégué, devant un public majoritairement composé des hauts dignitaires du pays.

Le comble, selon les indiscrétions, Fally Ipupa  s’était également produit dans la journée du samedi à Matchélo Beach, devant un public maigre. La promotrice du concert, une dame issue des sérails du pouvoir  refusant ainsi de communiquer autour du concert de la plage, eu égard de la succession des événements, du feuilleton « Fally », le public n’était pas donc au rendez-vous.

Après cette piètre prestation qui n’était pas programmée ni incluse dans le contrat, Fally Ipupa aurait touché le reste du cachet, c’est-à-dire les 10 millions de F CFA restants.

Une situation qui suscite colère et indignation et que d’aucuns qualifient de gabegie financière  si l’on veut reprendre les termes du Président Bobo dans le film à succès « Le crocodile de Botswanga ». Quand on sait que Fally ne ferait que 45 minutes de show pour toucher cette petite fortune, laquelle servirait à la construction d’au moins une école primaire dans une localité située dans le Togo profond.

D’autres soutiennent que c’est vraiment de l’argent « jeté par la fenêtre » au moment où une grande partie de la population togolaise croule sous le poids de la misère ambiante.

Sacré Togo !

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