Nima Elbagir: la journaliste de CNN qui a filmé la vente des migrants en Libye

Nima ElbagirElle était encore méconnue du grand public jusqu’à la diffusion le 14 novembre 2017, d’une vidéo choc qui a fait le tour du globe. Et pourtant, c’est bien elle, qui est derrière l’enquête sur la vente aux enchères des migrants noirs en Libye. Pour ce qui l’ignorent encore, c’est la célèbre reporter de la chaîne américaine CNN qui a filmé en camera cachée le trafic d’esclaves entre « vendeurs et acheteurs ». Nous faisons allusion à la journaliste soudanaise Nima Elbagir.

C’est une évidence. Son reportage sur l’existence d’un marché aux esclaves en Libye a provoqué une avalanche de réactions sur la scène internationale.

Dans son investigation, la journaliste a montré des images « intolérables » montrant des Noirs vendus aux enchères comme esclaves près de Tripoli, la capitale, pour la modique somme de 700 euros.

Réputée pour ses enquêtes à haut risque, Nima Elbagir fait partie de ces grands reporters, ces journalistes d’investigation, qui arpentent les zones de conflit avec passion, dans le seul but d’informer.

Surnommée  » la journaliste des enquêtes difficiles », Nima Elbagir n’est pas à son coup d’essai. C’est au sein de l’agence anglaise Reuters, qu’elle a fait ses première armes et forgé son talent en couvrant en 2002, le conflit au Darfour.

En 2011, elle rejoint la CNN en tant que correspondante du bureau de Johannesburg, en Afrique du Sud, avant d’être mutée à Nairobi, au Kenya.

Au péril de sa vie, souligne l’Express, « elle couvre la propagation du virus Ebola en 2014, passant de ville fantôme en ville fantôme, assistant à des funérailles improvisées dans des zones en quarantaine ».

L’on se rappelle également de l’enlèvement de 250 écolières ans le village de Chibok, au Nigeria, par le groupe terroriste Boko Haram. Eh bien, dans de cadre de cette affaire, Nima Elbagir a également été au cœur de l’action. C’est l’une des premières journalistes à être sur place.

De source bien introduite indique qu’elle a réussi même à interviewer deux jeunes filles qui ont réussi à s’échapper malgré leur « peur » de s’exprimer. Sa connaissance parfaite de l’arabe demeure un atout qui a pu lui inspirer confiance vis à vis des ses interviewées, les deux jeunes filles.

A souligner au passage que Nima Elbagir est née au Soudan. La jeune journaliste de 38 ans est musulmane sunnite, élevée au Royaume-Uni.

« C’est plus facile de parler à quelqu’un qui vous ressemble et qui comprend d’où vous venez », a-t-elle l’habitude de lancer quand on l’interroge sur sa capacité et sa facilité à s’introduire dans des milieux considérés comme des « zones interdites », encore moins aux journalistes.

« Je suis chanceuse, je me sens partout chez moi. Ma couleur de peau ne m’a jamais posé de problème. J’ai la capacité de me rendre invisible dans tellement de communautés. Je ne ressemble pas à une correspondante de CNN. Et je ne parle pas comme une Soudanaise », ajoute-t-elle au Guardian.

Les clivages ethniques et raciaux qui entravent souvent le libre exercice de la profession de journaliste notamment dans les pays ou les divisions sont profondes, n’ont pas eu raison de la ténacité de Nima Elbagir à aller au bout de ses enquêtes « impossibles ».

Souvent comparée à la grande reporter américaine Christiane Amanpour, qui s’est fait connaître pour ses reportages dans les Balkans dans les années 1980, Nima Elbagir est récompensée en 2016 pour son travail par la Royal Television Society. Elle est alors nommée « journaliste de l’année. »

Intrépide et humaniste, Nima Elbagir qui est née au Soudan en 1978. C’est la fille du créateur de journal soudanais « El Khartoum », plusieurs fois censuré (dans les années 1980) et d’une mère qui fut la première éditrice du pays.

Issue d’une famille privilégiée, après une enfance marquée par des allers-retours entre le Soudan et le Royaume-Uni, elle suit une partie de ses études supérieures à la prestigieuse London School of Economics. Elle en sortira avec un diplôme de philosophie avant d’embrasser une brillante carrière dans le journalisme.

Aujourd’hui, Nima Elbagir fait partie des femmes journalistes, qui aux quatre coins de la planète, enquêtent avec intrépidité sur des sujets essentiels mais aussi dangereux, parfois au péril de leur vie.

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *