Le Togolais Kako Nubukpo éjecté de l’OIF

KakoPubliée dans Le Monde Afrique, la tribune de l’économiste togolais Kako Nubukpo intitulée : « Franc CFA : les propos de M. Macron sont “déshonorants pour les dirigeants africains” », ne serait pas du goût du président français, Emmanuel Macron.

Elle lui aura valu l’éviction de son poste de directeur de la Francophonie économique et numérique à l’OIF.

En poste depuis 2016, ses fonctions de directeur de la Francophonie économique et numérique ne l’ont guère empêché d’être à l’avant-garde de la lutte contre le FCFA.

Selon le site de l’hebdomadaire Jeune Afrique, l’ancien ministre de la prospective dénonce dans son texte la vision « imprécise et caricaturale » qu’a le chef de l’État français de cette monnaie.

« Le fait monétaire en Afrique francophone épouse les contours de la violence esclavagiste, coloniale et postcoloniale. Rien que pour cela, pour les souffrances des paysan(e)s africain(e)s obligés de payer l’impôt en franc CFA, dont la disponibilité exclusive était liée à la rémunération de la production et de la vente des produits de rente (café, cacao, coton) et donc l’abandon des cultures vivrières, M. Macron aurait dû faire preuve de respect et de plus d’égards à l’endroit des enfants et petits-enfants de paysan(e)s burkinabé(e)s qui ont payé un lourd impôt colonial, fait de travail forcé et de déportations massives vers la zone « office du Niger » au Mali » (extrait) , a écrit kako Noubokpo.

Il a été aussitôt convoqué par la direction de l’OIF, qui estime que cette « mesure disciplinaire » se justifie par son « incapacité à respecter son devoir de réserve », ont rapporté nos confrères de Jeune Afrique.

L’ancien ministre de la Prospective et de l’évaluation des politiques publiques du Togo, est agrégé d’économie. Né en 1968 au Togo et formé à Strasbourg, il a été enseignant à Sup de Co Lyon (1997-99), économiste spécialiste du coton à l’Institut du Sahel à Bamako (1999), macro-économiste au service recherches puis chef de service des actions extérieures de formation au siège de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à Dakar (2000-03). Il a ensuite rejoint le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), établissement public français basé à Montpellier, qui l’a détaché de 2004 à 2008 à Bamako, en tant qu’assistant technique français. Il dirige, à partir de 2010, le pôle d’analyse économique de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Ancien Ministre dans le gouvernement de Faure Gnassingbé, il devient en mars 2016 Directeur de la francophonie économique et numérique au sein de l’OIF.

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