Cameroun : Ténor, comme une belle promesse

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La musique camerounaise était à l’honneur le 24 novembre 2017. Ce jour-là, le jeune rappeur Ténor, intégrait officiellement la maison de disques américaine Universal music. C’était la première fois qu’un artiste issu du pays de Roger Milla et Samuel Eto’o Fils intégrait cette prestigieuse écurie. C’était surtout la confirmation d’un talent précoce. L’ascension fulgurante d’un crack  qui depuis deux ans séduit les mélomanes au Cameroun et ailleurs. Portrait de cet autre rappeur camerounais qui monte…

 

On peut dire que l’année 2017 se termine très bien pour Tenor, le jeune artiste de 19 ans qui cartonne en ce moment au Cameroun. L’auteur du titre à succès « Le Dab » a triomphé à la 5ème cérémonie des Balafon music awards, tenue le 13 décembre 2017 à Douala. Il est reparti de la « Place Saint-David » avec les trophées de « l’artiste de l’année », de la « révélation musicale de l’année » et de « vidéo-clip de l’année ». Il a aussi empoché la récompense d’un million de Francs CFA.  Avec 142 000 votes dans  la catégorie « meilleur artiste de l’année », l’adolescent a supplanté d’autres stars de l’heure à l’instar de l’envoûtant Locko, de la séduisante Daphné ou encore du très inspiré Salatiel.

Le journaliste-animateur camerounais Cyrille Bojiko, promoteur  des Balafon Music Awards, croit connaître l’origine de ce grand succès. « Il a fait la différence. Même au niveau des votes il s’est fait parrainer par Dj Arafat (artiste ivoirien).  Et tout le monde connaît Arafat à l’international. Il a envoyé un message à tous ses fans du monde entier dans lequel il leur demandait de voter pour Ténor. Ce qui veut dire qu’il était vraiment soutenu ». Ténor (de son vrai nom Thierry Mengomo Aya) n’en était pas à son premier moment heureux cette fin d’année.

Le 24 novembre 2017 déjà, le rappeur  entrait dans la grande famille Universal music. Il s’engageait avec la branche Afrique de la prestigieuse maison de disques pour deux albums. Tenue à Douala, la cérémonie de signature du contrat avait vu la participation de sa mère, très émue. « Je dédie ce moment historique pour mon pays à tous ces jeunes et surtout ces artistes qui travaillent au quotidien pour réaliser leurs rêves. Pour moi c’est une grande responsabilité et un réel défi qui commence », avait déclaré la nouvelle recrue de la « major » américaine.

 

Premier artiste d’Afrique centrale chez Universal music

Il devenait ainsi le premier artiste camerounais à rejoindre une « major », le premier camerounais et  le premier artiste d’Afrique centrale à s’engager avec Universal. Son recrutement dans cette écurie où l’on retrouve déjà des stars confirmées à l’instar de la Barbadienne Rihanna, les Togolais Toofan et l’artiste ivoirien DJ Arafat participe de la volonté de la maison de disques de renforcer le statut de l’artiste sur le plan régional et international gage. Le but final étant de lui assurer une carrière réussie. Une carrière qui a davantage pris de l’envol le 4 mars 2015.

Ce jour-là le jeune homme réussit l’exploit de faire se lever et danser sur le titre « Do le dab » la première dame camerounaise (Chantal Biya) venue assister à la 11ème cérémonie des récompenses artistiques « Canal 2’or ». C’est un moment intense que le public et les téléspectateurs apprécient particulièrement. Ceux qui ne le connaissent pas découvrent le jeune chanteur à cette occasion. « J’étais tout simplement très émerveillé ; cependant, ce que beaucoup n’ont pas compris c’est qu’à chacune de mes scènes je cherche toujours à satisfaire tout le public, et je prends chaque scène comme si c’était la toute dernière de ma vie, donc je me donne à fond, explique-t-il. Pour revenir au moment dont vous faites allusion, oui, j’ai bien remarqué que la Première Dame faisait déjà le Dab étant assise, puis je me suis dit : « ouiiiiii ! » Mais j’avais tout un public à chauffer alors j’allais d’un bout à l’autre de la scène dans le but de communier avec l’ensemble. Je savais qu’il fallait que je reste concentré et que en focalisant l’attention sur la Première Dame je risquerais de léser le reste du public… Mais après elle s’est levée, et c’était vraiment fou ; je me suis dit intérieurement : Voilà un pas de marqué, le travail est en train de payer, Dieu a béni ! », confiera-t-il plus tard au site web camerounais culturebene.com.

Tenor s’est véritablement fait connaître dès l’année 2015. Il s’engage avec le label « War machine » en 2016. Cette année-là il met sur le marché une production intitulée « Do le dab ». C’est son chef-d’oeuvre.  Il va même être regardé un million de fois sur Internet.  en Au cours de  cette collaboration qui s’achève en 2017, d’autres titres sortent. « Nathalie », « La fille-là est laide remix », « Gatié Abedi remix », « Kaba Ngondo », sont les autres productions que Ténor sert à ses fans.

 

Pas facile d’être une jeune star !

Le résident de la localité d’Edéa, sur la côte camerounaise a un timbre vocal, une technique d’écriture et un choix de thèmes original qui forcent l’admiration. Sa pratique du « sample », technique qui chez les rappeurs consiste à reprendre des chansons à succès pour lui donner un côté original, est appréciée. « Il est très populaire, il est très aimé tant par les enfants, que par les jeunes et les moins jeunes qui trouvent en lui quelqu’un de génial. Son regard bizarre, sa façon de parler, Ténor est une identité remarquable. Il vient de faire le plein d’un spectacle à Cotonou où il a levé toute la foule. C’est un artiste qui a une grosse stature internationale. Il est très aimé en dehors de son pays. Ce n’est pas le genre grand chanteur ou grand compositeur mais il fait le buzz, il sait se faire remarquer et ça l’a beaucoup aidé », constate Cyrille Bojiko.

Le métier d’artiste accapare forcément et Ténor ne trouve plus le temps pour aller à l’école. Inscrit en Terminale, il n’a pas pu trouver le temps de suivre les cours l’année scolaire passée. Le BAC ce sera pour plus tard.  Celui qui dit arborer une bague à la pierre rouge, des dents en or, et afficher des  yeux tout le temps blanchis comme de simples artifices pour identifier son personnage, vit sa nouvelle vie de jeune star. Un quotidien pas toujours facile. « Je l’apprends à mes dépens ; le succès ne nous change pas forcément, mais plutôt les gens autour de nous. Ceux qui sont avec toi et te connaissent véritablement, comprennent, mais les autres ce n’est pas le cas. Ils te regardent autrement, tes moindres défauts sont amplifiés, ils te jugent à leur guise… C’est normal que le succès change l’intéressé dans la mesure où il a de moins en moins de temps à consacrer aux amis et proches, les responsabilités à assumer, les sollicitations un peu partout, etc. Mais l’entourage ne le prend pas toujours bien, alors bonjour les préjugés, les mauvaises interprétations des choses. Voilà quoi ! », rapporte le fondateur du mouvement « Le Dab ».

Il confesse que bien que jeune il ne ressent pas le besoin de flirter avec une fille.  Et pour cause. «  Pour le moment je n’y pense pas vraiment ; ce qui m’importe c’est ma carrière et la femme de ma vie pour l’instant c’est ma mère. Je suis encore très jeune, et j’influence pas mal de jeunes,  donc quand j’ai besoin d’une femme pour me remettre sur les rails, bah je me réfère à ma maman qui me gronde ou me lessive correctement afin que je ne flanche pas », explique-t-il à un confrère camerounais.

 

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TENOR fait danser la Premiere Dame du Cameroun, Mme Chantal Biya
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Par Pierre Atnaud Ntchapda, notre correspondant au Cameroun.

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