Autoproclamé « guérisseur de sida », Yahya Jammeh rattrapé par la justice !

Jahya Jammeh

En Gambie, Jahya Jammeh, l’ancien président dont les 22 ans au pouvoir ont été marqués par des accusations de violations des droits de l’homme, pourrait être prochainement traduit en justice par des malades de sida. Avec l’aide des avocats et des militants, ces derniers œuvrent de concert  pour recueillir des preuves contre lui.

En effet, en janvier 2007, Yahya Jammeh, alors président de la Gambie, s’était déclaré devant un parterre de diplomates étrangers venus le visiter, être guérisseur du Sida.

L’ancien homme fort d’alors de la Gambie avait annoncé que son remède miracle était basé sur quelques plantes et des versets coraniques. Il avait par ailleurs créé un fonds spécial contre le sida et les autres maladies, un fonds que les entreprises étaient contraintes de financer. Des mesures qui avaient inquiété les responsables onusiens de lutte contre le Sida que Jahya Jammeh n’avait pas hésité à expulser.

Aujourd’hui mis à l’évidence, un groupe de sidéens gambiens qui s’étaient fiés à la méthode de Yahya Jammeh, accuse l’homme en exil. « Nous étions tous allés avec l’espoir que nous allions prendre une goutte de certains médicaments merveilleux et être guéri, » a déclaré un séropositif de 64 ans.

Alors que selon le guérisseur, le malade qui suit son traitement devrait être immunisé au bout d’un mois au maximum, la situation a été toute autre pour les patients. Yahya Jammeh les aurait forcés à boire des mixtures à base de plantes matin et soir pendant sept mois jusqu’à ce qu’ils soient déclarés guéris, mais en réalité, en agonie. « Parfois, sa potion venait dans une bouteille, parfois en poudre, parfois mélangée avec du lait en conserve ou du miel », confie les rescapés.

En outre, au cours du traitement, les patients n’étaient pas autorisés à contacter leurs familles, ou à se retirer.

Imposteur Jammeh

AIDS-Free World, un organisme de bienfaisance américain travaillant avec les survivants Sidéens, estime que 9000 Gambiens ont transité par les programmes de traitement de Jammeh et ont été contraints de renoncer à la médecine conventionnelle en faveur de ses remèdes « faits maison ».

Ce faux traitement, non seulement a eu des conséquences sanitaires graves sur la santé des patients, dont certains sont morts, mais entravé les efforts réels de prévention du VIH / sida dans le pays, a déclaré l’ONUSIDA.

En effet, actuellement bien que les taux de mortalité liés au VIH soient en baisse et les taux de traitement en hausse au niveau mondial, la Gambie est à la traîne. Seulement 30 % des Gambiens avec le VIH suivaient les traitements via les médicaments antirétroviraux (ARV) en 2016, alors que l’objectif est de 90 % à l’horizon 2020, selon l’ONUSIDA.

Pour rappel, Jahya Jammeh est en exil en Guinée équatoriale et nul ne sait si le président Teodoro Obiang l’extraderait au moment opportun.

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