Burkina Faso: une entreprise turque investit 250 milliards F CFA dans le textile burkinabé

La société turque Ayka Textile, projette construire un complexe industriel pour la fabrication de vêtements au Burkina Faso. Avec le soutien des autorités locales, le projet devrait lancer ses premières productions à l’horizon 2020.

Le patron turc du groupe Ayka Textile, YusufAydeniz, a annoncé en début de semaine, son intention de construire un complexe industriel pour la fabrication de vêtements à Ouagadougou.Un énorme projet d’environ 250 milliards de francs CFA (343 millions d’euros).Avec la bénédiction de l’exécutif burkinabé, le complexe devrait rapidement être mis en chantier cette année même.Et au turc de tabler sur l’année 2020 pour livrer son premier lot de vêtements prêt-à-porter.

Le projet sera porté par une société d’économie mixte détenue à 45% par l’État et à 55 % par Ayka Textile. Si le gouvernement burkinabé est autant emballé, c’est que les retombées du projet s’annonce radieux pour lui. Les économistes prédisent pas moins de 12 000 emplois. La société turque évoque sept unités de production (filature, tissage, tricotage, teinture, recyclage de fils et de tissus et enfin confection de vêtements), auxquelles s’ajoutera un centre de formation spécialisé dans les techniques de transformation de coton et de confection industrielle de vêtements. Une unité de fabrication d’emballages carton, une centrale thermique de 25 MW et une station d’épuration et de recyclage des eaux usées sont également prévues.

Stéphane Ouédraogo, conseiller spécial du président Roch Marc Christian Kaboré qui a conduit les négociations avec le groupe turc, a expliqué à la presse que 70% du montant de l’investissement a déjà été mobilisé par différents partenaires internationaux, dont la BAD,Afreximbank, ou encore Lilium Capital, ainsi qu’un groupement bancaire local comprenant Bank Of Africa – Burkina, Ecobank et Coris Bank international. Le reste sera complété par l’État et Ayka Textile.

Pour le conseiller du président, ce projet marque la volonté du chef de l’État de donner un coup d’accélérateur à la transformation du coton burkinabè, dont la production est estimée cette année à près de 700 000 tonnes. Premier producteur d’or blanc, le Burkina ne transforme que moins de 5% de sa production. L’État injecte pourtant plus de 70 milliards de F CFA dans l’importation de produits textiles.

Deuxième grand produit d’exportation du pays derrière l’or, le coton fait vivre pas moins de 3,5 millions de personnes au Burkina Faso. Parmi les rares entreprises de transformation industrielle du coton que compte le pays, on retrouve Filature du Sahel (Filsah), d’une capacité de 4 500 tonnes de fil de coton par an, dirigée par Abdoulaye Nabolé. Le complexe turco-burkinabè, lui, projette de transformer 35 000 tonnes de fibres.

Ayka Textile est un groupe fondé à Istanbul en Turquie en 1988. Il est présent en Afrique depuis 2005, date à laquelle a été lancé son site industriel intégré (filature, tricotage, fabrication de pièces…) de Alem Gena, à 20 kilomètres d’Addis-Abeba, en Éthiopie. Ce site, qui avait représenté un investissement de 250 millions de dollars (200 millions d’euros), emploie 7 000 personnes.

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