Africa 24 va-t-il disparaître du paysage médiatique ?

Va-t-on vers une disparition de la chaîne panafricaine Africa 24 ? Cette question mérite tout son pesant d’or quand on sait qu’Afrimedia, la filiale française du groupe audiovisuel panafricain, a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Nanterre. Pour cause, elle est confrontée à une kyrielle d’impayés.

La mauvaise nouvelle est tombée le 30 janvier dernier, jour où le tribunal de commerce de Nanterre a placé Afrimedia SAS France, la filiale française du groupe panafricain Africa 24, en redressement judiciaire.

Selon les informations recueillies par Jeune Afrique Business +, cette décision fait suite à une cessation de paiements de la société, qui déclare avoir accumulé plus de 12,5 millions d’euros de créances clients et estime ne pas disposer de moyens de recouvrement plus efficaces qu’un redressement judiciaire. Pour sortir de cette situation, une des options actuellement envisagée est de se tourner vers une stratégie « plus corporate ».

Cette procédure de redressement n’entame en rien la volonté des responsables dudit groupe à poursuivre le travail. La direction d’Afrimedia, a assuré à nos collègues qu’elle respecterait tous ses engagements et poursuivrait son plan stratégique dénommé « Believe in Africa ».  Pour rappel, cette chaîne a commencé à émettre en 2009 et fêtera dans un an ses 10 ans d’existence. Elle avait été, notamment grâce au soutien financier de la Guinée équatoriale et du Cameroun, respectivement détenteurs de 16 % et 10 % de son capital. Son cofondateur et actuel PDG, Constant Nemale-Pouani, avait alors comme souhait de lancer une chaîne d’information 100 % africaine.

« Africa 24 » revendique une place dans le top 10 des chaînes panafricaines et internationales en Afrique francophone et dans le top 5 chez les cadres et les dirigeants, selon le sondage Africascope 2016, réalisé dans huit pays, dont la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la RDC et le Mali.

En 2016, la chaîne, qui emploie une centaine de personnes, a annoncé l’ambition de lancer une déclinaison arabophone, produite à Casablanca, et une autre anglophone à Abuja, au Nigeria, mais celles-ci n’ont pas encore vu le jour.

Aussi, les employés n’ont visiblement pas de soucis à se faire pour l’insatnt puisque l’ouverture de la procédure de redressement judiciaire n’a pas pour effet de mettre fin aux contrats de travail des salariés. En outre, l’entreprise n’étant pas en état de cessation des paiements, l’employeur ne pourra effectuer des licenciements économiques qu’en respectant le droit commun.

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