Mgr Ambongo: le futur archevêque de Kinshasa, « un allié du peuple »

Actuel évêque du diocèse de Mbandaka, Mgr Fridolin Ambongo Besungu est jugé proche du cardinal Laurent Mosengwo à qui il va succéder. Le Vatican a en effet décidé de nommer le prélat évêque coadjuteur du cardinal Laurent Monsengwo.

Diplômé de l’Académie alphonsienne à Rome, Fridolin Ambongo Besungu n’est pas inconnu dans le pays. Actuel vice-président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), il a en effet joué les intermédiaires entre les politiques pour parvenir à la signature en décembre 2016 de l’accord de la saint-sylvestre. Sa nomination devrait permettre à l’église catholique de garder sa position dans la crise politique qui secoue le pays. S’il n’a pas encore pris ses fonctions, le futur archevêque joue déjà son rôle d’auxiliaire.

Mgr Fridolin Ambongo Besungu fait partie de ceux qui dénoncent sans tâtonnement les écarts des autorités congolaises. Agé de 58 ans, celui qui préside actuellement la commission justice et paix dans le pays a été formé au séminaire de Bwamanda et à l’institut Saint-Eugène de Mazenod de Kinshasa avant d’entrer dans l’ordre des frères mineurs capucins. Devenu évêque en 2005, il a présidé pendant plusieurs années l’ordre des frères mineurs de la RDC. Après son ordination en 1988, Fridolin Ambongo Besungu a enseigné la théologie à l’université catholique de Kinshasa.

Connu du paysage politique

Sa nomination est accueillie de différentes manières dans le pays. Plusieurs fidèles catholiques se réjouissent de sa future présence à la tête du diocèse de Kinshasa. Même constat auprès des militants de l’opposition. Ils considèrent en effet Fridolin Ambongo Besungu comme « un vrai allié du peuple ». Mais dans le camp du pouvoir, on note des regrets. Le secrétaire général adjoint de la Convention des Congolais Unis, parti proche du pouvoir, a expliqué que cette nomination de Mgr Fridolin Ambongo est une mauvaise nouvelle pour le pays. Des analyses estiment que les positions radicales du prélat pourraient faire durer la tension entre l’église et l’Etat.

Le bras de fer entre l’église catholique et le pouvoir de Joseph Kabila va donc rester tendu. « Le clergé continuera de reprocher au chef de l’Etat un manque de démocratie et une confiscation du pouvoir », annonce un spécialiste de la RDC. Il faut dire qu’après la répression sanglante des manifestations pacifiques de l’opposition, la Conférence des évêques avait appelé les Congolais à ne pas céder face à la barbarie. De son côté, le président Kabila critique l’immixtion de l’église dans la politique et son parti pris. Selon lui, les évêques ont choisi le camp de l’opposition.

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