Niger : sept militants de l’opposition déférés à la prison civile de Niamey

Des militants de l’opposition sont placés sous mandat de dépôt et seront jugés pour avoir organisé un sit-in. Ils étaient en effet dix inculpés arrêtés le 5 février pour cause de « vacarme nocturne ». Ces militants répondaient à l’appel du Front de l’opposition indépendante à la place Toummp. Les responsables de l’opposition ont appelé à la libération immédiate des militants. Depuis plusieurs semaines, le Front de l’opposition indépendante dénonce la loi des finances 2018 et l’installation des bases étrangères au Niger.

Mais les autorités nigériennes ont choisi d’aller au bout de leur poursuite. Détenus à la police judiciaire de Niamey sept militants ont été ensuite déférés à la prison civile de la capitale. Parmi eux, il y a Alhassane Intinicar, président du parti Akal-kassa et porte-parole du FOI, Ibrahim Bana, webactiviste et membre de MODENA/FA Loumana, principal parti de l’opposition.

Selon les informations, les détenus risquent une peine d’emprisonnement d’un an pour trouble à l’ordre public et manifestation non déclarée. La société civile et l’opposition se mobilise pour réclamer leur libération alors que le jugement des sept militants est prévu pour la semaine prochaine. Plusieurs analystes estiment pourtant que ces actions visant à éviter une condamnation ont peu de chances d’aboutir. « Les autorités ne veulent pas céder face à l’opposition. Une condamnation pourrait être un moyen de dissuader d’autres manifestations ou sit-in », déclare un observateur.

Poursuite de la dénonciation

La présidente du nouveau Front de l’opposition indépendante (FOI), Bayard Mariama Gamatié, a exprimé sa surprise face à l’acharnement du pouvoir contre des militants qui dénonçaient pacifiquement la dérive autoritaire des premiers responsables du pays. Précisons que les manifestations avant et après le vote de la loi des finances 2018 durent depuis plusieurs mois. Elles ont déjà eu lieu dans différentes régions du pays. Avant le vote final du texte en novembre 2017, les manifestations avaient dégénéré en octobre et fait une vingtaine de blessés dans le camp des policiers, selon le ministère de l’Intérieur.

L’opposition et la société civile ont rappelé qu’elles resteront mobilisées pour défendre les intérêts de la population. « Notre dénonciation vise à lutter contre la mal gouvernance, la dilapidation des deniers publics, l’enrichissement illicite, la spoliation des richesses nationales et les abus de pouvoir et de position de la part de nos élus et de qui que ce soit au détriment du peuple », explique Nouhou Mahamadou Arzika, membre de la société civile. Pourtant, l’Etat explique que la situation économique est en train de s’améliorer doucement. « Il nous reste toutefois à persévérer dans nos efforts de rigueur en mettant l’accent sur la lutte contre la corruption ainsi que l’assainissement de la gestion de l’Etat conformément aux instructions du chef de l’Etat », justifie Mohamed Bazoum, ministre d’Etat.

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