Cameroun : un sous-préfet enlevé au nord-ouest lors d’un défilé

Les célébrations marquant l’édition 2018 de la fête de la jeunesse au Cameroun ont été marquées par un événement inattendu dans la région du nord-ouest du Cameroun. En effet, alors qu’il était organisé ce 11 février dans le septentrion du Cameroun un défilé, une fusillade a eu lieu. Des tirs ont été constatés en direction de la tribune des officiels. L’attaque a eu lieu précisément dans la localité de Kembong. Le bilan est lourd. Trois gendarmes ont été tués. Le sous-préfet du département de Momo, Marcel Namata Dieng, a été enlevé par les assaillants durant leur attaque.

Les sources policières ont confirmé la mort des gendarmes et ont indiqué que tout sera mis en œuvre pour obtenir la libération du sous-préfet. Cette année, la 52e édition de la fête de la jeunesse au Cameroun a été placée sous le thème : « Jeunesse, Multiculturalisme, Paix et Unité nationale ». A l’occasion, le président Paul Biya a adressé un message à la jeunesse camerounaise. Il les a invités à un patriotisme sur les réseaux sociaux. « Soyez des internautes patriotes qui œuvrent au développement et au rayonnement du Cameroun et non followers passifs ou des relais naïfs des pourfendeurs de la République », a-t-il déclaré.

Climat d’insécurité

Les jeunes ont été célébrés dans un contexte d’insécurité marqué par des attaques enregistrées dans les régions anglophones du pays. Des militaires sont souvent la cible des sécessionnistes depuis le début de cette crise politique. Les autorités ont pourtant imposé à cette occasion un couvre-feu dans les deux régions anglophones du pays.

Il faut dire que plusieurs séparatistes anglophones appellent sur les réseaux sociaux à un soulèvement pour « chasser Paul Biya du pouvoir ». Mais le chef de l’Etat a dissuadé les jeunes à emprunter un tel chemin. « Chaque fois que qu’en un clic vous empruntez ces autoroutes de la communication qui vous donnent une visibilité planétaire, il vous faut vous souvenir que vous n’êtes pas pour autant dispensés des obligations civiles et morales telles que le respect de l’autre et des institutions de votre pays », a-t-il rappelé à la jeunesse.

Plusieurs analyses ont reproché au chef de l’Etat de n’avoir évoqué la crise durant son message à la nation. Elles reprochent à Paul Biya une forme de mépris envers les indépendantistes anglophones. « La situation est assez grave pour que le président de la République s’en rende compte », a expliqué un observateur de la scène politique camerounaise. L’expert estime qu’un dialogue entre l’Etat et les leaders anglophones devraient permettre de trouver une solution à la crise qui dure depuis un an. « On s’attendait au fait que le chef de l’Etat tende la main du dialogue à l’autre camp. Il ne l’a pas fait », regrette un membre de l’opposition politique.

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