Zimbabwe: pas de restitution des terres confisquées aux fermiers blancs

En novembre dernier, le Zimbabwe a vu Emmerson Mnangagwa succéder à Robert Mugabe. Le nouveau président s’était, dès le mois de décembre, engagé à relancer l’économie nationale. Et l’une de ses premières décisions a été, d’ordonner l’évacuation des fermes occupées illégalement et la restitution de terres confisquées à un fermier blanc.

Cette décision a vite donné des lueurs d’espoir à des milliers de fermiers blancs qui furent expulsés de leurs terres au début des années 2000 au profit de fermiers noirs. Mais ils vont vite déchanter. Le verdict ne bénéficiera qu’à un seul d’entre eux. Robert Smart, producteur de tabac et de maïs de la région de Makoni (est du pays).

Si la décision a bel et bien été prise, elle n’aura bénéficié qu’à un fermier. Un cas isolé donc. Que ne fut donc pas leur surprise lorsque Emmerson Mnangagwa se livrera a un discours qui fait l’effet d’une claque.

Samedi dernier, le nouveau chef de l’Etat, a déclaré qu’il exclut de rendre aux fermiers blancs leurs terres confisquées. « Il y a des journalistes qui écrivent que le nouveau régime veut que les fermes soient retournées aux Blancs, cela ne se produira pas », a-t-il annoncé lors d’un discours dans la circonscription de Chirumhanzu-Zibagwe (Centre).

« La réforme agraire est irréversible », a-t-il dit.Ce balbutiement du nouveau patron du Zimbabwe sur ce sujet prête à confusion et a fini par décourager les investisseurs qui s’intéressent au secteur agricole, apprend-on.

Emmerson Mnangagwa a rappelé que sa « priorité numéro un » était de « ressusciter » l’économie. « Notre économie est à la peine. Le chômage est élevé (…), beaucoup de gens ne sont pas en mesure d’acheter des produits de base pour leur famille, et nos infrastructures datent », a-t-il affirmé.

Le 24 novembre 2017, jour de son investiture à Harare (capitale), M. Mnangagwa avait promis d’indemniser les fermiers blancs qui avaient été dépossédés de leurs terres. « Mon gouvernement s’engage à compenser ces fermiers dont les propriétés ont été confisquées », a déclaré M. Mnangagwa dans son premier discours de chef de l’Etat, précisant toutefois que ces réformes étaient « inévitables ».

Des milliers de fermiers blancs ont été expulsés manu militari de leurs terres au début des années 2000 au profit de fermiers noirs sur ordre du gouvernement de Robert Mugabe.

Cette initiative avait pour objectif affiché de corriger les inégalités héritées de la colonisation britannique. Elle s’est soldée par un effondrement brutal de la production du pays, jadis considéré comme le « grenier à blé » de l’Afrique australe.

La réforme agraire a plongé l’économie du pays dans une crise catastrophique dont il ne s’est toujours pas remis. Le taux de chômage au Zimbabwe est de l’ordre de 90 %.

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