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1 dollar pour 1 euro : la faute à la « Guerre en Ukraine »?

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L’euro a atteint la parité avec le dollar ce mardi, une première depuis l’année de sa mise en circulation il y a deux décennies. Face au risque d’une coupure des approvisionnements russes en gaz pour l’économie européenne, les investisseurs penchent plus pour le billet vert, un choix très rationnel. Depuis le début de l’année, la valeur financière du dollar a augmenté de 14%.

1 dollar s’est échangé pour 1 euro ce mardi 12 juillet 2022 vers 9 h 50 GMT (11 h 50 à Paris), du jamais vu depuis décembre 2002. Au printemps dernier, la monnaie européenne valait pourtant autour de 1,2 dollar. L’euro a chuté de 13,2% en l’espace d’un an, une dégringolade qui inquiète les marchés financiers et les investisseurs.

Comment l’Euro en est arrivé là ?

Pour Stéphanie Villers, économiste spécialiste de la zone euro, « l’euro est en train de se dégrader face au dollar, pas face à l’ensemble des autres monnaies. Ce n’est pas tant que l’euro plonge, c’est surtout que le dollar se renforce, et que l’économie américaine se montre plus robuste. Par rapport, notamment, aux chocs liés à la guerre en Ukraine ».

« L’inflation a été plus forte aux États-Unis, du fait notamment des politiques budgétaires menées par Joe Biden. Ses plans de relance massifs ont stimulé la hausse des prix de manière plus brutale, ainsi que la hausse des salaires. Donc la Federal Reserve, pour éviter cette inflation galopante, a dû augmenter plus rapidement ses taux d’intérêt », argumente Stéphanie Villers.

Les Etats-Unis pour leur part indiquent qu’ils continueront à les augmenter tant que l’inflation devient trop importante ; une politique qui continuera à donner du poids à la monnaie américaine sur le moyen terme, même si la croissance américaine s’affaiblit cette année, après la perte de pouvoir d’achat des ménages.

L’autre avantage dont les États-Unis ont bénéficié est le fait d’avoir été épargné des conséquences de la guerre en Ukraine ce qui n’a pas été le cas de la zone euro, qui dépend entièrement des importations de gaz et de pétrole.

 Une cause non négligeable de la dépréciation de l’euro est la balance commerciale allemande devenue déficitaire pour la première fois depuis la réunification, ce qui adresse « un signal de faiblesse de la première puissance économique de la zone euro ».

Parité : quelles peuvent en être les conséquences ?

Des importations plus chères et une monnaie plus faible impliquent automatiquement une zone moins attractive pour les investisseurs. « Notre facture énergétique s’est emballée. C’est ce qu’on appelle l’inflation importée, puisque les prix des matières premières, devenus plus élevés, sont facturés en dollars », précise l’économiste Stéphanie Villers.

Cependant, on peut dire que tout n’est pas noir pour l’Euro.

L’économiste Stéphanie Villers relève un point positif pour l’économie européenne : « Il y a un facteur plutôt porteur. La dévaluation arrive pendant une période d’été, donc ça a tendance à stimuler le tourisme en provenance des États-Unis. Les Américains sont incités à venir dépenser davantage, en particulier en France (…) ». Malheureusement, cette petite lueur ne peut sortir la France de l’ornière.




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