Togo: quand Bolloré brasse des milliards de francs dans un pays en crise

Les chiffres sont vertigineux. Le 16 novembre dernier, plusieurs médias ont rapporté que le groupe Bolloré a réalisé un chiffre d’affaires de 5,18 milliards d’euros au Togo soit une augmentation de 115%, notamment dans l’exploitation du Port autonome de Lomé (PAL). Dans ses explications, le géant français attribue ces résultats à l’intégration de Vivendi dans ses comptes, résultats obtenus entre janvier et septembre 2017.

Convertir ce montant en franc CFA, parait un exercice aisé mais ce que l’on obtient comme résultat semble hallucinant et insoutenable dans un pays en proie à une crise sans précédent depuis environ six mois. Visiblement, la situation sociopolitique togolaise, marquée par un tissu social tendu et des manifestions publiques à répétition, ne semble pas avoir impacté le business florissant de groupe Bolloré, qui opère en terre « fertile et conquise ».

Dans la foulée, en dépit de la crise qui s’enlise, le gouvernement continue de brader le Togo comme un pays stable où le climat des affaires se porte bien, alors que le peuple se jette dans la rue depuis plusieurs mois pour réclamer les reformes constitutionnelles et institutionnelles.  L’éducation, la santé et autres secteurs pas des des moindres, sont en ébullition avec pour seul et même mot d’ordre: de meilleures conditions de vie et de travail.

« Vincent Bolloré est un dieu qui fait courir des chefs d’Etat africains, surtout les mal élus en quête de reconnaissance auprès de Paris », dixit un observateur qui ajoute que le Breton usera donc de tous les moyens pour protéger ses intérêt économiques au Togo. Et c’est le cas de l’affaire Canal+.

Egalement patron du groupe Canal+, Bolloré est accusé de manipulation de la ligne éditoriale de la chaîne de télévision. En novembre 2017, deux personnes ont été licenciées de la chaîne cryptée après une diffusion d’un reportage sur la crise politique au Togo, un élément qui donnait la parole à l’opposition togolaise.

Lire également « Togo: Lâche le trône », le documentaire de Canal+ qui fait mal

A noter aussi que le fameux contrat qui lui concède une partie du port de Lomé pour une durée de 35 ans (dont personne ne connait les termes à part lui et ses amis de Lomé) continue de susciter des grincements de dents.

Nous y reviendrons !

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