Erosion côtière : quand l’aide de la France au Sénégal intéresse le Togo

Présent au Sénégal dans le cadre de la conférence internationale pour le financement de l’éducation, le président français Emmanuel Macron a promis une enveloppe de 15 millions d’euros pour la lutte contre l’érosion côtière suite à sa visite de la ville de Saint-Louis.

Au nord du Sénégal, le littoral de la Grande Côte est menacé par l’avancée de la mer depuis plusieurs années déjà. Les villages subissent encore les conséquences de l’érosion côtière. A Saint-Louis, ville située entre l’océan Atlantique et le fleuve du Sénégal, les signaux sont au rouge. La zone dite la langue de Barbarie composée des quartiers de Goxum mbacc, Santhiaba et Guet Ndar sont victimes d’inondations, d’effondrement d’habitations, du recul conséquent des berges, entre autres conséquences qui hantent encore la conscience des habitants. L’assaut des vagues a déjà obligé des centaines de familles de Saint-Louis à déménager.  Plus de 200 familles de pêcheurs de la langue de Barbarie ont été déplacées à cause de l’érosion côtière.

Face à l’ampleur de la situation, et aux alertes récemment relancées notamment l’ambassadeur de France au Sénégal Christophe Bigot et le ministre français des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, la France s’est engagée aux côtés des autorités sénégalaises pour endiguer le mal.

Ainsi, à sa visite ce samedi où le président sénégalais et son homologue français étaient dans cette ville historique, Emmanuel Macron a annoncé une aide de 15 millions d’euros pour lutter contre l’érosion côtière auxquels s’ajouteront 24 millions d’euros débloqués par la Banque Mondiale.

Si cette mesure réjouit les populations à Dakar et à Saint-Louis, au Togo également, c’est une bonne nouvelle. En effet, presque 40 kilomètres des 50 de façade maritime dont dispose le Togo, sont concernés par le phénomène de dégradation. Depuis au moins 5 ans, la menace est devenue grandissante, et certaines villes, principalement Aneho sont sous la pression de la mer, l’hôtel de ville n’étant qu’à quelques cuvées de l’océan Atlantique. Des digues ont été installées, mais le dispositif est insuffisant. La solution de brise-lames apportée par les autorités togolaises ne semble pas résoudre le problème. Désormais, le Togo compte également sur les partenaires internationaux pour assistance.

Dans ce sens, la Banque mondiale développe un projet, le WACA (Programme de gestion du littoral ouest-africain) qui concerne le Togo, le Bénin et le Ghana.  L’initiative vise à assister les pays ouest-africains à gérer de façon durable leur littoral, de même qu’à faciliter l’accès des pays qui y participent à l’expertise technique et aux ressources financières. Un appui financier devrait permettre de réhabiliter les ouvrages de protection existants, d’en construire de nouveaux, de gérer les sédiments.

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