Richard Laté Lawson-Body: « l’art togolais évolue très timidement »

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L’artiste plasticien togolais Richard Laté Lawson-body évoque avec nous le bilan de ses activités de l’année dernière et parle de ses perspectives pour cette nouvelle année.

ATS : Monsieur Lawson, merci d’avoir accepté répondre à nos questions.

Richard Laté Lawson-body : C’est moi qui vous remercie.

Nos lecteurs ont envie de savoir qui vous êtes et ce que vous faites.

Je suis Richard Laté Lawson-body, artiste plasticien de nationalité togolaise, vivant et travaillant à Lomé au Togo.

Nous sommes en début d’une nouvelle année, pouvez-vous nous dresser un petit bilan de vos activités en 2017 ?

Avant de répondre, permettez-moi de présenter à vos chers lecteurs mes sincères vœux de santé et prospérité. Que l’année nouvelle soit placé sous le signe de la tolérance pour que notre chère nation ne sombre pas. L’année 2017 a été riche en activités culturelles pour moi.

Je vous cite rapidement quelques activités essentielles. J’ai participé à plusieurs expositions sur le plan national et international. Sur le plan national, à l’initiative de l’Association Internationale des Artistes Paix Entre les Peuples, j’ai, en début d’année participé à une exposition-performance collective à l’Institut Français de Lomé, suivit d’une exposition collective à l’institut Goethe de Lomé. J’ai également participé à un projet d’atelier-résidence dénommé Montagn’art organisé par le plasticien émérite Sokey Edorh. Ce projet m’a fait voyagé de Lomé en passant par Agou, jusqu’à Dapaong.  Ce qui m’a permis d’enrichir mon univers créatif et de faire de très belles rencontres surtout à Dapaong. Sur le plan international, j’ai participé dans plusieurs villes de la France, à des expositions collectives et itinérantes.

Une année manifestement riche pour vous.

Tout dépend de comment vous mesurez la réussite. Dans une certaine mesure je pourrais vous dire oui. Mais comparativement aux années antérieures, je dirai non. Permettez-moi d’ouvrir une parenthèse, j’ai été beaucoup surpris et déçu par le degré de paupérisation de nos populations rurales. Je vous disais plus haut que j’ai participé à un projet qui m’a fait faire le tour du pays jusqu’à Dapaong, et partout je lisais une inquiétude, une grande tristesse sur les visages à cause de la misère. Les besoins augmentent mais les moyens ne suivent pas. Des actions d’envergures de la part de nos dirigeants s’imposent.

  En quoi ces expériences, ont-elles impacté votre travail ?

L’impact a été considérable. La plupart de mes créations de l’année écoulé ont été sobre et peu coloré. Ceci pour exprimer mon degré de tristesse face au quotidien de mes compatriotes. J’ai peint des paysages pauvres montagneux, des forêts à la tombée de la nuit par exemple. Ce que je ne peignais pas d’ordinaire.

Quel regard portez-vous pur l’art africain en général et togolais en particulier

L’art africain connait un Boom depuis quelques années. J’ai bien peur que ce boom ne soit qu’objet de mode. De toutes les manières la nouvelle génération de créateurs africains est de plus en plus formée et outillés. On sent un véritable engouement d’excellence dans leurs créations. Ils excellent dans l’art traditionnel (Peinture, sculpture et photographie, ndlr) que dans les nouvelles formes d’expressions de l’art (Performances, installations, animations vidéo etc.). Alors il y’a des raisons d’espérer.

Revenant à l’art togolais, je dirai que les choses évoluent très timidement.  En ceci on peut lire en trame de fond des pesanteurs de la crise sociopolitique et surtout le manque d’une école des Beaux-arts. Il est vrai que l’école ne fait pas l’artiste, mais par rapport à la concurrence internationale et aux exigences du marché des arts, un artiste bien formé s’en sort toujours. Les exemples sont là devant et autours de nous.

  Vos projets à court et moyen termes ?

J’expose déjà à partir du 02 Mars 2018 à la Galerie AF sise à côté du lycée français de Lomé, avec deux autres artistes africains à savoir Patric Aurel Bessan, un artiste plasticien béninois de grand talent et un autre plasticien talentueux du Burkina-Faso du nom de Aimé Césaire Ibouldo ; Je profite de l’occasion pour inviter les amateurs et curieux d’arts à venir soutenir la création contemporaine africaine au cours de cette belle exposition sous l’initiative de La Malle d’Emile, une agence de promotion des arts basée en France. En mai prochain, je participe à Dakar à une exposition internationale en OFF de la biennale internationale d’Art Contemporain (Dak’art).

Votre mot de la fin

Je remercie très sincèrement Africa Top Success pour l’opportunité qui m’est offerte pour parler de mon travail. Je remercie aussi les autorités du pays pour les initiatives diverses prises en faveur des artistes, je pense ici au Fond d’Aide à la Culture, au Statut des artistes qui a été adopté et à l’opérationnalisation du Mutuel des Artistes et des Journalistes(MUAJ). Je les invite à faire davantage pour le rayonnement culturel de notre pays.

 

 

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