Nigeria: Buhari mis à mal à un an des élections présidentielles

Au Nigeria, la saison des élections est sur le point de prendre son envol, puisque les prochaines élections auront lieu dans un an, plus précisement le 16 février 2019.

Et d’ores et déjà, le All Progressives Congress (APC), le parti présidentiel,  a commencé à nommer les principaux responsables de la campagne dans certaines parties du pays. Mais alors que le président semble indécis, il fait déjà face à une opposition de haut niveau.

Dans une lettre ouverte de 3500 mots, publiée dans des quotidiens nationaux, Olusegun Obasanjo, président du Nigeria de 1999 à 2007, a demandé instamment à Buhari de ne pas se représenter, arguant de sa faiblesse à « comprendre » l’économie et les affaires étrangères. Une partie de l’opposition à la réélection de Buhari vient d’ailleurs de son parti.

Plus près de chez lui, Aisha Buhari, la première dame, a retweeté des messages qui critiquaient le président et suggérait qu’il ne contrôlait pas son gouvernement.

Boucler la boucle

Trois ans après être devenu président, Buhari semble avoir bouclé la boucle et se retrouve dans la même position que Goodluck Jonathan, son prédécesseur, lors des dernières élections.

Malgré sa bonne volonté lorsqu’il a pris ses fonctions, la popularité de Buhari a considérablement diminué. Muhammadu Buhari devra également faire face à un examen minutieux de sa gestion des crises de sécurité au Nigeria, même si les questions les plus difficiles concerneront sa gestion de l’économie nigériane.

En effet sous sa direction, l’économie a glissé dans sa première récession en près de deux décennies au premier trimestre de 2016 et a subi une année complète de rétrécissement.

Le chômage a également augmenté: entre le troisième trimestre de 2015 et celui de 2017, le taux de chômage officiel a presque doublé. Alors qu’une grande partie de la crise a été déclenchée par la baisse des prix du pétrole, les analystes l’ont aussi partiellement imputé aux politiques de Buhari, comme son refus initial de dévaluer la monnaie naira pour le faire des mois plus tard.

Toutefois, loin de sa performance, il y a aussi la question de la forme physique et de la santé de Buhari. L’année dernière, Buhari a passé plus de 150 jours à Londres en congé de maladie pour recevoir un traitement pour une maladie non divulguée. Depuis son retour, le président a raté quelques réunions du cabinet alors que l’administration reste sourde à propos de sa santé. S’il choisit de se présenter à nouveau, sa façon de faire face à ce qui sera probablement un calendrier de campagne long et chargé sera surveillée de près.

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