Togo/Boris Toble: « nous avons des jours difficiles devant nous parce que notre pays a rendez-vous avec son histoire »

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Le 27è dialogue inter-togolais s’est ouvert ce matin à Lomé. Ces nouveaux pourparlers suscitent de l’espoir chez certains Togolais alors que d’autres n’y croient pas vraiment. C’est le cas de  Boris Toble, actuel porte-parole du Parti des Togolais, qui nous a accordés un entretien exclusif dans lequel il est revenu sur les questions de l’actualité.

Lecture…

 Africa Top Success (ATS) : Bonjour Boris Toble et merci d’avoir accepté répondre à nos questions.

Boris Toble : Bonjour, c’est moi qui vous remercie pour l’opportunité que vous m’offrez.

Pouvez-vous nous dire qui est Boris Toble ?

R : Boris Toble est Togolais et comme beaucoup de ses compatriotes soucieux de l’avenir et du bien-être de son pays. Je suis juriste de formation. J’ai fait mes études de droit à Dakar, bordeaux puis Paris où j’ai obtenu mon examen d’entrée au barreau de Paris. Je suis donc de la promotion Laurent Fabius (rires !). Je suis aussi le vice-président de l’association des élèves-avocats du Barreau de Paris et représentant au conseil d’Administration de l’Ecole de Formation du Barreau. En ce qui concerne la politique je suis le porte-parole du Parti des Togolais depuis Septembre 2017 en succession de Delali ATTIOPOU qui a passé le relais au bout de 3 ans.

Vous vous êtes révélé au grand public, il y a quelques mois avec vos interventions sur les chaînes internationales.  Dites-nous, pourquoi avoir pris la décision de vous engager dans la politique togolaise, alors que vous auriez pu vous concentrer sur votre jeune carrière ? 

Les deux ne sont pas incompatibles. La profession d’avocat de nos jours est souvent décriée. Je fais partie de ceux qui pensent que le rôle premier de l’avocat est d’être la voix des sans voix, le défenseur les libertés individuelles pour que la dignité de toutes et tous soit respectée. Lorsque nous avons l’opportunité comme moi d’exercer là où les libertés individuelles sont respectées, nous nous devons de faire tout notre possible pour que la liberté soit restaurée partout où elle est menacée.

Pour répondre clairement à votre question je dirai que Je me suis engagé en politique parce que j’ai une  vision pour mon pays. Je crois qu’un Togo mieux gouverné peut offrir plus d’opportunités à nos concitoyens. Un Togo dans lequel les libertés individuelles sont garanties permettrait la libération des énergies. Ceci entrainerait la pleine expression du génie créatif des togolais.

Voyez comment la diaspora Togolaise rayonne de manière excellente à l’étranger, c’est parce que les togolais de l’extérieur jouissent d’une pleine liberté dans leur pays d’adoption. D’ailleurs, une autre remarque, on cantonne trop souvent le rôle de la diaspora Togolaise au financement de l’économie. La triste réalité est que nous pourrons tripler les transferts de fonds, tant que le pays sera mal gouverné, rien n’avancera pour nos compatriotes.

La question du bien-être des togolais est au cœur de la vision du Parti que je représente.  Comme la plupart des cadres de ce parti, je crois que nos carrières ou même nos vies ne pourraient être pleinement vécues si nous ne mettons pas nos compétences et nos capacités au service des convictions que nous portons : La dignité pour toutes et tous dans un Togo au service de toutes et tous et non seulement d’une minorité.

Vous avez « PRIS LE PARTI DES TOGOLAIS », pourquoi pas un autre ?

R : Comme je l’ai dit précédemment, j’ai pris le Parti des Togolais en raison de la vision et du mode de gouvernance. La démocratie n’est pas un mot, c’est un comportement. Il en est de même pour le progrès, il faut travailler pour. J’ai observé pendant longtemps la scène politique Togolaise, et il est rare de voir un Parti politique pratiquer en interne ce qu’il prône pour l’alternance. J’ai aimé cette façon dont le Parti à de donner la chance et l’opportunité à toutes et tous. Regardez-moi, je n’ai même pas 30 ans et je suis déjà porte-parole de Parti dans un pays où ceux de mon âge sont relégués à des rôles de responsable de jeunesse.

Le Togo est un pays où plus de 70% de la population à moins de 30 ans.  Le parti des Togolais l’a compris.  Ceux qui ont fondé ce parti sont des « bosseurs » et nous inculquons cette culture de l’amour du travail autour de nous. Tous peuvent arriver au sommet. Tous peuvent potentiellement devenir cadre ou premier responsable. Il suffit de travailler et de vouloir le meilleur pour le Togo. Etre à la hauteur des défis que sont les nôtres. C’est le Togo que nous voulons construire. C’est la vision pour laquelle je souhaite œuvrer.

Quel regard portez-vous sur la situation politique actuelle du pays ? 

R : La crise que traverse mon pays est profonde. C’est la résultante de décennies de privation de liberté, de dignité bafouée et de refus de partager la prospérité du pays. Nous sommes actuellement face à une impasse qui pousse les positions à se durcir. Comment pourrait-il en être autrement au vu de la souffrance de nos compatriotes, de vies perdues, de mineurs lâchement exécutés.

L’Etat a abandonné son rôle de protecteur pour devenir prédateur.  Le Togo est à un carrefour, du même type que celui connu dans les années 50 où il était question de donner à nos concitoyens la possibilité de décider de leur avenir.

Nous n’avons pas d’autre choix pour l’avenir de notre pays de gagner cette lutte, et cela ne pourra être autrement que par l’obtention de l’alternance. Il est très important que cette lutte aboutisse, si nous voulons voir naitre une véritable nation.

Croyez-vous que ce 27ème dialogue qui démarre le 15 février va accoucher quelque       chose de bon pour les Togolais ?

Je n’y crois pas. Nous avons des jours difficiles devant nous parce que notre pays a rendez-vous avec son histoire. Le problème au Togo n’a jamais été dans la possibilité d’organiser des dialogues. Il y en a eu 26 précédemment sans compter les accords. Le problème réside dans l’application des termes des dits dialogues. Nous sommes malheureusement sous un régime dont la mauvaise foi est manifeste. Aujourd’hui le vrai problème du Togo c’est ce régime à la tête duquel nous avons Faure Gnassingbe, qui ne respecte jamais sa parole, et qui fragilise la fonction présidentielle par sa légèreté permanente. Les Togolais veulent y mettre un terme et il le faut au plus vite.

Que proposez-vous pour une sortie de crise ?

Le président d’honneur du parti Alberto Olympio a déjà fait une proposition à laquelle je souscris à 100% « Démission-Transition-Elections ».

Quel message avez-vous à l’endroit de la jeunesse togolaise et africaine ?

Soyons plus audacieux. Osons une nouvelle voie, la nôtre. Traçons nos propres sillons. Le Togo est notre bien le plus précieux. Son avenir, c’est nous qui le construisons, et cela débute maintenant.  A la jeunesse Africaine, j’ai envie de dire que l’Afrique ne se construira pas par opposition aux autres mais par connaissance d’elle-même, de son histoire, de ses faiblesses et forces.

 

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