Angola: un moratoire de six mois aux « fraudeurs » pour rapatrier leur argent

Le nouveau président de l’Angola, João Lourenço, continue son grand ménage au sein de la haute sphère étatique. Après avoir démis de leurs fonctions respectives, la fille et le fils de l’ancien président Dos Santos, celui que la presse internationale surnomme le « liquidateur implacable », vient encore de frapper.

Depuis son accession au pouvoir en septembre 2017, l’homme veut tordre le cou à la corruption dans son pays. Alors qu’il s’était un temps mis à tracer les milliards de dollars placés hors du pays, il vient d’exiger le rapatriement dans le pays de plusieurs dizaines de milliards de dollars domiciliés illicitement à l’étranger.

Pour cela, il a annoncé, via son gouvernement, un moratoire de six mois pour les citoyens et entreprises locales concernés. Ce « moratoire », comme l’a nommé le gouverneur de la Banque nationale d’Angola, José de Lima Massano, est inédit.

Le rapatriement sera totalement gratuit, à la condition que les capitaux soient investis dans l’économie angolaise. Les propriétaires ne seront ni interrogés sur la provenance de ces fonds, ni poursuivis.

L’initiative est louée par la population. Elle veut faire revenir d’importantes sommes d’argent alors que le pays traverse une période difficile économiquement. Le texte prévoit d’accorder 180 jours de grâce aux citoyens, mais aussi aux entreprises ayant leur siège social en Angola, pour rapatrier les ressources financières domiciliées illicitement à l’étranger.

Le président élu en août 2017 espère ainsi voir plusieurs dizaines de milliards de dollars retrouver le chemin des banques angolaises. « Force est de croire que Lourenço ne le propose pas au hasard. Probablement, sait-il déjà, où est une partie de cet argent détourné, et à qui il appartient », commente un journaliste.

L’instruction donne par ailleurs des instruments complémentaires à l’État pour enquêter et coopérer avec les organismes internationaux pour tracer les fonds détournés. Passé ce délai de 180 jours, « le gouvernement usera de tous les mécanismes mis à sa disposition pour rapatrier les capitaux », selon l’agence de presse officielle angolaise Angop.

João Lourenço, 63 ans, a cloué le bec à tous ceux qui ne voyaient en lui qu’un « ersatz » de dirigeant. Cent jours à peine après son investiture, le nouvel homme fort de Luanda a mis sur la touche les proches de son prédécesseur Jose Eduardo dos Santos, symboles d’un régime corrompu avec lequel il affirme vouloir rompre.

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